‹ La Presqu'île du SinaiChapitre 51 sur 151 · Localité également rencontrée par Rüppell : Tamat · texte numérisé non relu

Localité également rencontrée par Rüppell : Tamat

2. On pourrait supposer, aussi, qu'il y a deux localités du nom de Koreis; la carte de Burckhardt mentionne un Koreyk, au fond du g. d’Akaba, qui ne peut guère être le même que celui du désert intérieur.

trouvera comme stations indiquées que Phara, qui est le Hafar d'emplacement inconnu des Arabes, et Medeia, que marquent les ruines du O. Medileh moderne et qu’ignorent tous les itinéraires postérieurs; on est tenté d'identifier, avec ce O. Medileh, le O. Tih de Shaw, Pococke et Burckhardt, ainsi que le O. Kubab dont les ruines furent notées par Rüppell.

Notre tableau met en évidence, en outre, qu'au milieu du xviure siècle le nom d’Aïla est tombé en oubli, remplacé par celui de Kalaat el Akaba seul connu aujourd'hui dans le voisinage, Nous savons par Aboulfeda et Macrizi qu'au xiv° siècle et peutêtre au xv°, la ville était encore florissante ; c'est donc dans l'intervalle que sa décadence s’est produite. Aujourd’hui, Kalaat el Akaba, le « Fort de la Côte », qui tire son nom de la grande montée de l’escarpement occidental de l'Arabah, l’ancien À kaba Aila, est un village infime auprès duquel un poste de soldats tures garde la frontière turco-égyplienne, et d’Aiïla il ne reste rien, que peut-être des substructions de murs de quai qu'on aperçoit sous l'eau transparente !.

Il nous faut dire encore un mot, en ce qui concerne le désert de Tfh, d'un autre système de routes traditionnelles qui le traversent du nord au sud, à angle droit avec la route de Suez à Akaba que nous venons d'étudier, aboutissent en des points divers, au sud, à la crête de la falaise calcaire et mettent en communication le plateau du nord avec les régions de la péninsule proprement dite. De tout temps, les communications de terre des centres habités de la péninsule, Tôr, Pharan de l’oasis intérieure, Sainte-Catherine et les autres localités chrétiennes de la montagne, ont eu lieu principalement avec Suez et l'Égypte, mais aussi avec la Syrie, où l'on accède par la route du golfe d’'Akaba et de l'Arabie, et avec les régions de la côte méditerranéenne au nord-ouest et de la Palestine intérieure, qu'on ne

1. Bénédite, dans Guide-Joanne Syrie-Palestine, 1891, p. 736 ter. — La submersion de ces fondations s'explique par le phénomène de l'enfoncement du continent, sur lequel nous avons attiré l'attention plus haut, à propos de l'histoire ancienne du canal du Nil à la mer Rouge. Mais alors que du côté de Suez, la mer n'a jamais cessé de perdre du terrain, malgré l'élévation du niveau, par suite du comblement par les sables, on croit reconnaitre que du côté d’Akaba, au contraire, la ligne du rivage est toujours restée stationnaire; les apports éoliens sont sans doute, dans cette région, en quantité minime.

peut atteindre qu’en traversant le désert de Tih par son centre. Les principaux des chemins sud-nord qui servent à cette traversée convergent à Kalaal en Nakhl, où ils rencontrent la route est-ouest; Kalaat en Nakhl, le « Fort du Palmier », a ainsi une certaine importance comme centre des routes de ce désert, importance bien diminuée d’ailleurs depuis l'abandon de la route de terre par le plus grand nombre des pèlerins occidentaux. Quant aux chemins qui se dirigent, de là, vers le sud, ils descendent la grande falaise de 300 mètres par des gorges diffiailes et abruptes, le nagb El Mrêchi au saillant méridional du grand bastion de Tih, le nagb Er Rakineh à une certaine distance à l’ouest, et viennent rejoindre, à la base, le réseau des chemins de la zone grèseuse que nous étudierons au chapitre suivant.

Ces passages étaient pratiqués de toute antiquité. À l’époque byzantine et au Moyen Age, lorsqu'il devint d'usage pour les plus fervents des pèlerins de comprendre dans leur voyage, outre Jérusalem et ses places, le Sinai de Sainte-Catherine, beaucoup d'entre eux organisaient leur itinéraire de manière à gagner le sud de la péninsule par l'Égypte et la route littorale de la mer Rouge; mais d'autres, comme fit Antonin Martyr, arrivaient à Sainte-Catherine par les routes du O. Arabah, et d’autres encore, partant de Jerusalem, gagnaient la région de Gaza et d'Hébron d'où ils piquaient droit, par le désert de Tih, sur la montagne méridionale : de Sainte-Catherine, ils s'en retournaient ensuite en Égypte par la route ordinaire de la côte. Nous verrons en détail, au chap. vi ci-après, comment ces itinéraires sont pratiqués aux différentes époques.

Nous ne dirons rien de plus de la vaste surface calcaire qui se brise à la ligne de la falaise de Tih. Ce qui la caractérise, rappelons-le encore, est l'extrême rareté des points d'eau, — Kalaat en Nakhl, Bir Korêsh, Bir Eth Themed le long de la route de Suez à Akaba, — en dehors desquels la végétation est nulle, et par suite, l'élève des troupeaux et le séjour des groupements humains, même à l’état nomade, impossible. C'est pourquoi la géographie humaine du plateau se réduit au dessin d’un réseau de routes : on le traverse, on n’y reste point. Ce n'est, qu’au sud de la falaise calcaire, dans la zone grèseuse où nous allons nous engager un peu plus loin, que la porosité moindre du sol, jointe au relief accidenté de sa surface, permet l'apparition de

sources plus nombreuses et l'entretien des fonds et des aires horizontales dans un état d'humidité suffisant pour permettre la vie d’une végétation tenace et sobre, adaptée aux conditions du désert, et des herbivores adaptés au genre de nourriture que cette végétation peut fournir.

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