DE SUEZ AU GRAND MASSIF DU SUD : GÉOGRAPHIE ET ROUTES
Lorsqu'on a passé, de Suez, sur la rive orientale du canal maritime et quon ne se propose ni l'exploration spéciale de la falaise calcaire de Tih, ni la traversée directe du désert, vers Akaba, par la route que nous venons de décrire, 1l ne reste d'autre direction à choisir que celle du sentier de la côte. Laissant les hauteurs sur la gauche, on s'avance le long d’une vaste plaine d'alluvion au sol de cailloux et de gravier, très légèrement inclinée du bord de la mer à la base des hauteurs calcaires. Sur cette surface, les pas des hommes et des bêtes de somme ont foulé et régularisé un sentier de l'aspect caractéristique des chemins qui traversent les plaines désertiques : il est formé non d’une piste unique, mais d'un faisceau plus ou moins nombreux, — huit, dix ou davantage, — de pistes parallèles qui se bifurquent ou se confondent à la commande des moindres accidents du terrain et dont l’écartement moyen correspond aux conditions voulues par deux hommes qui cheminent côte à côte, assez éloignés pour ne point se gêner, assez proches pour converser commodément. Un chemin de ce genre est de formation essentiellement spontanée. Petrie, cependant, croit reconnaitre ! les traces d’un travail réoulier à l'enlèvement des cailloux sur toute la largeur d'une piste régulière de près de 8 mètres; cette route, à l’époque romaine, aurait été faite pour joindre à Arsinoë la localité actuelle d'Aïn Mousa, où se trouvait un poste fortifié, et n'allait pas plus loin.