Phot. Petrie, Researches, n° 44, p
2, Nous avons longuement expliqué, ailleurs (Weill, Rec. du Sinaï, p. 23 suiv.) la nature du mafkal égyptien, substance minérale employée comme
R. Wa. — La presqu'ile du Sinai. 10
età minerai de cuivre, qui broyaient la pierre pour en extraire la substance colorante verte et brûlaient sur place, pour faire du cuivre, les parties les plus riches en minerai métallique !, avaient leur village fortifié sur la plate-forme du mamelon de 60 m. de hauteur qui fait face aux mines, et dont la ligne périphérique de huttes en pierre grossièrement bâties, accolées en groupes de cellules et formant enceinte, a été bien des fois décrite. L'accès de la plate-forme était du côté du nord, dans l’échancrure qui sépare la colline du petit mamelon dans le prolongement ; un sentier, dès l'antiquité, avait été tracé sur la pente abrupte et traversait, près d'arriver en haut, une poterne ménagée dans un mur de elôture en pierres sèches qui barrait la vallée d’un flanc à l’autre, le long de la ligne marquée 2 sur la carte * ; au pied du flanc occidental, immédiatement contre le mur et du côté de l'intérieur, se trouvait un groupe de maisons en pierre mieux construites et mieux closes que celles du mamelon, probablement destinées aux chefs d'expédition (3 de la carte), et sur le flanc opposé, au pied du mamelon, se rencontrait encore (4 de la carte) un groupe de maisons de même apparence. La plate-forme où elles étaient construites, surélevée d’une dizaine de mètres au-dessus du fond de la vallée, a été choisie de tout temps comme lieu de campement par les voyageurs de passage à Magharah ; c'est là que nous plantâmes nos tentes pour plusieurs semaines, à côté des ruines des maisons en charpente et tôle ondulée abandonnées par les mineurs européens de 1901.
Les installations permanentes constituées par le village fortifié, le mur d'arrêt etles maisons du fond de la vallée, ne doivent pas nous induire à croire que les Égyptiens avaient dans la localité un lieu d'occupation stable et ininterrompue. Ils ne se rendaient jamais dans la péninsule que pour une expédition de durée limitée, dans la saison d'hiver, ce dont on se douterait déjà d’après certaines expressions des inseriptions de l'Ancien Empire, si cela ne ressortait clairement des textes de la XIIe
colorant vert et formée du mélange de turquoise broyée et des différents sels de fer et de cuivre que fournissent les assises grèseuses avoisinantes. 1. Vestiges, à Magharah, de quelques petits fourneaux de réduction, creusels avec culot métallique adhérent, lingots de métal fondu et plus ou moins débarrassé d'oxyde, etc. Les acacias des vallées du voisinage fournissaient le combustible.
2. Phot. Petrie, Researches, n° #1, p. 38 (flanc occidental).
dynastie, tant au Sarbout qu'à Magharah !. Lorsque les mineurs quittaient leurs abris, à la fin d’une campagne, ils emportaient avec eux tout ce qui avait une valeur et dont les Bédouins n'auraient pas manqué de s'emparer, mais laissaient sur place leur vaisselle, de grands vases de terre cuite de tous modèles et de toutes dimensions ; ils les enterraient dans le sable, au centre des huttes de pierre, où les travailleurs de l'année suivante allaient les reprendre. Ce procédé de conservation s’est montré assez efficace pour qu'en 1905, nous ayions trouvé plusieurs de ces dépôts d'ustensiles domestiques dans leurs cachettes.
Au point” de vue physique, quelques photographies de Petrie dans Researches permettent de se rendre compte d’une manière remarquable de l’aspect des vallées qui encadrent la forteresse. N° 32, p. 34, est pris de l'étage des mines, aux environs du point marqué 12 sur le flanc occidental du Genaieh ; on y voit se profiler, au premier plan, le saillant qui portait le mur d’arrêt 2 de la carte, et au pied, le lit de la vallée qui le contourne ; en face, la petite colline au nord du mamelon fortifié, l’échancrure intermédiaire et l'extrémité nord du mamelon fortifié lui-même ; exacte nent en arrière de la petite colline, la grande montagne noire, dominée même en perspective, à l'arrière-plan, par la crête de granite rouge du Tartir. N° 34, p. 34, et 35, p. 36, enfilent le O. Geneh dans sa longueur, avec la crête granitique à l'arrière-plan ; en avant, à gauche, le saillant méridional de la forteresse. N° 36, p. 36, est pris du sommet du piton terminal de la forteresse dans la direction du sud ; enfile le O. Magharah aval jusqu'au O. Sidreh avec, à gauche, les pentes du G. Zafarani. N° 40, p. 38, est pris du bas du O. Magharah, vers le nord ; au centre, le mamelon fortifié, qui se projette en pointe et dont l’aire supérieure plane ne se devine pas, avec, de part et d'autre, les amorces du Genaieh et du Geneh ; à gauche, au premier plan, le bloc couvert d'inscriptions hiéroglyphiques noté 16 sur la carte. N° 39, enfin, est pris du camp (4 de la carte) et donne une vue de l'escarpement occidental, avec l'étage des mines et la grande ravine qui court de bas en haut non loin des points marqués 8 — 9.
Si nous faisons maintenant le tour de la forteresse à la base,
4. Voir, pour ce qui concerne cette question, Weill, Rec. du Sinaï, p. 52.
148 CHAPITRE iV
nous serons particulièrement intéressés par le pied de la face orientale, le long de la faille qui met en contact le grès rouge sombre en tables horizontales déchiquetées, complètement désagrégées à la surface, et le grès jaunâtre plus compact de la zone abaissée, plongeant au nord-est. Le basalte en couche épaisse qui couvre le grès, de ce côté du O. Geneh, a été enlevé par dénudation jusqu'a 300 ou 400 m. de la faille, et il en résulte, entre la mamelon fortifié et la montagne noire, une sorte de large fossé de grès jaunâtre de surface irrégulière et difficile à parcourir à cause des saillies en retrait successif des dalles plongeantes, brisées à leur surrection et marquées, au pied, par des sillons parallèles. Les plus profonds de ces sillons sont ceux de la faille elle-même et du pied de la montagne noire. Dans la faille, à l'extrémité sud de la forteresse, s'est évasée une sorte de conque abritée dont une importante surface est couverte par les ruines de l'habitation que se construisit Major Macdonald , qui l'occupa de longues années et dont nous avons, ælleurs ?, raconté l'histoire ; Macdonald, qui voulait remettre en exploitation les mines de Magharah, avait rassemblé autour de sa maison une véritable colonie bédouine, et c'est à son initiative qu'il convient de rapporter l'établissement de plusieurs des groupements sédentaires actuellement encore existants dans la région du Geneh, notamment du petit hameau d’aspect troglodytique qu'on trouve blotti à la pointe sud-est de la forteresse, tout près des ruines. Les travaux miniers de Macdonald sont aujourd'hui détruits ou méconnaissables, mais il n’en est pas de même des curieux travaux de viabilité auxquels il se livra, avec ses Bédouns, dans les limites du district et assez loin en dehors. On lui doit, sur la route d'El Markha au O. Sidreh, les lacets en terrassements perreyés qui facilitent l'accès du col de Bouderah sur le versant de Shellal et que nous avons signalés plus haut ; à Magharah même, il construisit tout un réseau de sentiers dont sa maison est le centre, obtenus en dégageant d'obstacles une piste de largeur uniforme, dont les cailloux rangés sur les deux bords en ligne continue fixent le tracé d'une manière presque ineffaçable. Nous suivrons, un peu plus loin, le grand sentier du O. Geneh qu'il aménagea ainsi, sur 2 ou 3 kilom., jusqu'à