Weill, Rec. du Sinaï, p
grèseuses qui reposent sur le plateau de grès dévonien comme sur un soubassement ; nous verrons mieux, du plateau, ces vastes témoins des couches crétacées inférieures.
Creusé en gorge, le O. Sayeh tourne à l’ouest (carte 4), presque au sud-ouest !, et achevant son demi-cercle, lance vers le sud les principales de ses branches extrêmes d’amont, des ravins abrupts coupés à chaque instant de cascades péniblement franchissables ; ils montent vers une haute croupe couronnée de pitons de grande dimension et permettent d'accéder, du côté de l’ouest, à une crête dont le flanc opposé tombe à pie, sur plusieurs centaines de mètres de hauteur, dans le lit du O. Bateh: nous rencontrons en ce point, pour la première fois, l'escarpe infranchissable de la grande Forteresse naturelle. Un coup d'œil sur notre carte au 1/30.000, due sauf quelques détails au levé de Petrie (cf. Researches, map 3, p. 54), montrera la configuration de ce promontoire et la manière dont s’agencent, en plan, les rameaux des gorges des trois versants, Suwig-Sarbout, Bateh et Sayeh. Le versant ouest est celui qui couvre le moins de surface, et sauf les branches de la conque numérotée 9, on ne rencontre aucun ravin de développement notable qui descende au Bateh, longé de près par la crête topographique qui couronne le précipice. Du côté opposé, au contraire, les ravins qui descendent de cette crête en éventail ouvert de l’est au nord, et pour lesquels nous conserverons le numérotage adopté par Petrie, sont développés en longueur et abondamment ramifiés à l’amont ; il semble au premier coup d'œil que chacun d’eux doit constituer un chemin de descente dans le Suwig et dans le O. Sarbout ; mais quel que soit le vallon dans lequel on tente ce passage, 1l arrive invariablement que le long de la descente, les cascades qu'on rencontre à l'intersection du lit et des couches plus résistantes ?, deviennent de plus en plus difficiles et plus hautes, et qu'on est finalement arrêté par une chute à pic de 20 à 30 m. qui barre le ravin sur toute sa largeur entre des murailles verticales. On la rencontre à peu de distance du, bas de la vallée, au contact des premières couches schisteuses sur lesquelles repose le grès dévonien, et
1. Phot. Petrie, Researches, n° 71, p. 58, prise du versant nord dans la
direction du sud. | 2. V. par exemple la vue prise dans le O. Dhaba par Petrie, Researches,
Le Plateau du Sarbout el Khadim.
arte de X50000
comme les assises sont parfaitement horizontales et non bouleversées, la chute se présente dans les mêmes conditions en tous les points du pourtour du plateau, dans les gorges du versant est comme dans celles dépendant de la conque du O. Bateh, En deux points seulement, comme nous verrons, on arrive à mener à bien la descente, par le O. Dhaba souvent décrit, qui porte le numéro 6 de la nomenclature, et par la vallée sans nom du numéro 3, dont le chemin moins connu est peut-être encore plus difficile. Toutes ces gorges sont de tracé sinueux, accidenté en plan et en profil, et se creusent rapidement entre des parois abruptes de plus en plys hautes !, de sorte qu’elles ne sont accessibles du plateau que par l’amont et que les croupes délimitées par ce faisceau de vallées sont isolées les unes des autres sauf à la racine. Sur les flancs des escarpements, les tables horizontales se brisent en corniches, les plus dures en saillie sur les plus tendres. Quant à l'aire supérieure du plateau ainsi découpé, c'est une surface de dénudation des plus remarquables encore, bien que la couche dure dénudée soit mordue de tous côtés par les rameaux supérieurs des ravins et en beaucoup d'endroits déjà découpée en témoins isolés ; cette couche dure n’est autre que celle qui limite en haut le grès dévonien et le sépare du grès crétacé jJaunâtre ; nous avons étudié, au paragraphe IT du précédent chapitre, la mince série carbonifère sinaïtique, de composition variable d’un endroit à l’autre et qui comprend, au Sarbout, le calcaire grisâtre de Nasb, puis un lit d'hématite noire réduit, comme le calcaire, à l’état de lambeaux de faible étendue, puis immédiatement audessous, un lit de grès à minerai de cuivre identique aux lits cuivreux du O0. Khalig, et enfin, à 5 m. au-dessous du calcaire, les lits à turquoises correspondant à ceux de Magharah et dans lesquels étaient pratiquées les exploitations égyptiennes. La chape proprement dite, dont la longue résistance impose à l'aire supérieure du massif sa configuration plane, fut constituée par le calcaire, et il y eut certainement, dans un état de démolition moins avancée, une période où le plateau du Sarbout présentait l'aspect d’une table calcaire intacte, en terrasse sur les grandes vallées périphériques où les ravins en voie de ereusement y découpaient de profondes indentations : situation dont le petit plateau entre