‹ La Presqu'île du SinaiChapitre 63 sur 151 · Phot, Petrie, Researches, n° 67,68, 69, pp · texte numérisé non relu

Phot, Petrie, Researches, n° 67,68, 69, pp

Nasb et Lahyan nous fournit une image réduite. Mais le plateau du Sarbout, coupé à pic de trois côtés, offrait une trop belle prise à l'attaque par la tranche ! pour que la chape pût se maintenir intacte longtemps ; il n’en reste plus aujourd'hui que des traces, et les couches sous-jacentes, éventrées partout par la régression érosive et la dénudation sèche à l’amont des gorges, offrent d'innombrables points d'attaque aux niveaux du minerai du cuivre et du grès à turquoises.

Il est assez difficile, en ce qui concerne le modelé du plateau, de faire exactement le départ entre les effets de l'érosion et ceux de la déflation. La surface calcaire dénudée était incontestablement une aire de déflation, mais dans l'état actuel, on n'observe point de manière très dessinée la formation de témoins qui caractérise la prédominance de la dénudation sèche, et lorsqu'on examine les gorges, on est frappé de voir combien fidèlement leur profil en long obéit, du moins dans la section amont, aux lois de l'écoulement fluvial. Point de sections de thalwveg horizontales, point d’extrémités d'amont en cirque sans issue; mais un lit de sable ou de roche tendre régulièrement incliné, dans l'étendue du bief que limitent deux chutes verticales en roche dure, une pente moyenne progressivement accentuée dans la direction de l’amont et s’adoucissant en haut de manière à rejoindre le plateau sans secousse. Il importe d'observer, par contre, que les chutes verticales du thalweg ne manifestent aucun symptôme d'atténuation sous l’action de l'érosion, qui n'arrivera probablement jamais à régulariser le lit au passage des couches dures, étant donné que la déflation fait plus de besogne du haut en bas de la paroi que l'écoulement fluvial à la crête, et que la cascade recule verticalement plus vite qu'elle n’est entaillée en haut ; telle est l’explication de la conservation et peut-être de l’accentuation progressive des grandes chutes qui barrent la vallée à l'aval. Elles gardent le souvenir de la première phase du ravinement, lorsque l’indentation du bord du plateau commença à se produire par attaque sèche par la tranche. Les cirques ainsi ébauchés furent aménagés par l'érosion en entonnoirs, sur lesquels des ravins ascendants se branchèrent par régression, et dans chacun de ces ravins

1. Nous avons rappelé plus haut (chap. 11, paragr. I) le mécanisme général de ce mode de démolition d'une montagne, dont les agents principaux sont la désagrégation sèche et la déflation.

d'origine érosive et de profil général fluvial, la déflation imposa en grande partie les détails du modelé, les parois en escarpement et les chutes, semblables à la grande cascade d'aval, dont la crête surplombe fréquemment la cuvette inférieure.

Sur le plateau, bien que contrariées par le dessin d'érosion de l'amont des gorges, les formes de déflation prédominent, témoins grèseux plus ou moins isolés, tables déchirées, abrupts effrayants sur les grandes vallées périphériques !, longues croupes au profil adouci, vastes surfaces pénéplanes qui relèvent du type du désert de pierres ?. Ce plateau est facile à parcourir dans toutes ses parties, à condition de suivre les crêtes et de se résigner aux circuits énormes quil faut décrire à chaque instant pour contourner à l’'amont les gorges ; la moindre tentative de couper au plus court se paie chèrement en fatigue.

Nous avons parlé jusqu'ici du plateau du Sarbout sans nous occuper des régions extérieures, et comme si ce vaste promontoire n'était pas un observatoire géographique des plus remarquables, de par sa situation à la crête d’un escarpement géologique de grande amplitude, dans un pays où l'air est limpide et les roches de l'écorce entièrement à nu. Regardons aux alentours, en nous aidant de notre carte 2 au 1/300.000 et des photographies de Petrie dans Researches. Nous sommes à une altitude voisine de 850 m. De trois côtés, à l’ouest, au sud et à l'est, se dressent de grandes montagnes isolées formées des grès de la série supérieure, gigantesques fémoins de l’époque où le long de la crête au nord, la dénudation n'avait pas encore emporté les assises superposées au carbonifère. Au sud, un important mamelon domine à peu de distance les rameaux extrêmes du 0. Oumm Ajraf: phot. 71, p. 58, prise du flanc nord de la vallée dans la direction du sud ; on peut évaluer l’altitude du sommet à 950 m. Ses pentes tombent, à l’ouest, dans le précipice du Bateh supérieur, de l’autre côté duquel s’élèvent les montagnes beaucoup plus remarquables du G. Oumm Rijlain, « Mère des deux pieds » ; ce sont deux grands cônes jumeaux qui dressent leurs pointes à une altitude voisine de 1.100 m. et commandent,

4. V. la splendide photographie de Petrie, Researches, frontispice, dont il sera question plus loin.

2. Phot. Petrie, Researches, n°° 75, 76, 77, 78, 19, 81, 82, 83, 84, 85,86 el autres, pp. 64-72 et suiv.

avec le ras Suwig qui leur fait face à l’est, toutes les perspectives du plateau. On voit le Oumm Rijlain sur les phot. 70 (p. 58), 71 (p.64), 78 (p. 66), 84 (p. 70). Il porte au sommet unecalotte de basalte qui correspond aux vestiges plus ou moins étendus du grand épanchement basaltique à Magharah, marque le niveau supérieur du grès crétacé et permet, comme on l’a dit plus haut, de vérifier l'amplitude du décrochement géologique entre les deux localités (voir coupe æyzu de la carte 2). Vers le nord, le long du bord occidental du O. Bateh, le massif du Oumm Rijlain s’abaisse vite (phot. 70 précitée) et se prolonge par une région mamelonnée de parcours certainement facile, qu'on peut étudier à distance, par dessus la vallée, du haut de la crête occidentale du plateau du Sarbout. Le regard plonge, de là, dans le fond du O. Bateh, une belle vallée large dont le lit de sable est semé de buissons et d'arbres ; elle s'ouvre de plain-pied, comme nous savons, sur le O. Suwig, par où elle a été souvent visitée au voisinage de l'embouchure.

Tournons-nous maintenant vers l’est, où une large croupe grèseuse, de l’autre côté du O. Sarbout et découpée sur son flanc invisible par le Suwig supérieur et Le col Suwig-Khamileh, dresse à 1.200 m. d'altitude une calotte basaltique semblable à celles du G. Oumm Rijlain : c’est le Ras Suwig, « tête du Suwig», ou simplement Gharabi, noté par tousles voyageurs qui ont franchi sur son flanc oriental le sentier qui monte du O. Suwig. On le voit le mieux sur les phot. 69 et 84 de Petrie, pp. 58,70.

Il faut enfin regarder au nord, du côté où la falaise grèseuse domine, par delà le fossé de base du O. Suwig, le Debbet er Ramleh, et fait face à la falaise calcaire de Tih distante de 10 kilom. Cette direction est celle de l’espace libre et de la lumière, qui font contraste avec les gorges sombres du Sarbout et les hauteurs de la montagne en arrière. Le précipice sur le Debbet est haut d'environ 300 m. Pour admirer comme il convient cet escarpement vertical, il faut s'avancer entre deux gorges jusqu'au bord extrême de l’abime, de préférence dans la rézion au nord du temple, sur le flancest du O. Dhaba, où nous conduira un sentier que nous suivrons tout à l'heure. Sous ses pieds, on voit alors la grande plaine de sable et de rocher dont un haut promontoire, sur la droite, — le soubassement du Ras Suwig, — masque la vue au delà du O. Sarbout : droit devant soi, dans l'éloignement, on

distingue avec une merveilleuse netteté tous les détails de la falaise calcaire, qui se termine en haut à un plan horizontal et qu'échancrent, de distance en distance, des ravines abruptes sans développement en longueur. L'ombre, la lumière changeante, les nuages qui arrivent parfois du nord au ras du plateau calcaire et s'épandent en lourdes volutes dans le creux de Ramleh, les couleurs du soir et du matin sur la falaise blanche, la lune sur les grès du plateau, tout cela fait du séjour au Sarbout une fête continuelle pour les yeux; mais nous n'avons pas le temps d'évoquer des images simplement pittoresques, qui ont en partie trouvé leur place ailleurs !. Bornons-nous à jeter les yeux sur quelquesunes des photographies données par Petrie dans son livre :

1 (frontispice) : la grande falaise du O0. Suwig vue de flane de sa propre crête ; à gauche, au fond, la plaine de Ramleh ;

66 (p. 56): le G. Dhaba {n° 6 de la carte) vu de l'amont, avec la falaise de Tih à l'arrière-plan ; cf. 16, 17, 18 (p. 2#), vues prises dans lemême O. Dhaba, au nord du temple ;

67 (p. 56): vue plongeante, vers l’est, de la partie moyenne de la vallée 2, au sud du temple;

: 68, 69 (p. 58) : vues plongeantes à l’amont de la valiée 3 ; 69, vers l’est, montre au fond le Ras Suwig ;

10 (p. 58): de la crête ouest dans le O. Bateh, vers le sudouest, avec le G. Oumm Rijlain au fond ;

82 (p. 68),87, 88 (p. 70), 91 (p. 74) : vues de directions comprises entre le nord et le nord-est, et montrant dans de bonnes conditions la falaise de Tih à l'arrière-plan.

Nous avons à parler maintenant des travaux humains qui font l'intérêt historique de ce coin sauvage, les mines égyptiennes et les monuments hiéroglyphiques laissés par les expéditions minières. Les mines sont concentrées dans un espace d’environ 1 kilom., dans tous les sens, à l’ouest d'une ligne nord-sud menée par le temple ; elles sont décrites par Petrie, p. 59-62. Un point important d'exploitations se trouve en a-b-c-d-e de la carte, où l’arête culminante entre l'extrême amont de la vallée 3 et le versant de la vallée 2 a été largement attaquée de chaque côté, à l’affleurement de la couche à turquoises, puis percée, lelong de la couche, par un tunnel de 65 m. de longueur décoré d'inscriptions à

1. Weill, dans Bull. de la Soc. normande de Géographie, 1906, P+ 116- 4118. (Le désert sinaïtique et ses colonies égyptiennes d'époque pharaonique.)

chaque extrémité ; au centre, le tunnel est aéré et éclairé par un grand puits carré descendu à 3 m. et portant également une inscription. Tout ce travail remonte au Moyen Empire (XII° dynastie), mais les mineurs de la XVIII dynastie y sont retournés.

En f, un peu plus au nord sur le flanc gauche de la vallée 3 (cf. phot. 68 précitée), long alignement de travaux sans inscriptions ; en g, excavations en partie effondrées regardant la vallée 2 ; en À, exploitation entaillant la face nord du monticule, avec traces d'une inscription détruite. C’est tout pour la région des vallées 2 et 3. Plus à l’ouest on trouve, maintenant, en 7, à l'extrême amont du O. Dhaba, une ancienne mine dévastée par des travaux modernes, et en k, sur le prolongement de la ligne de la crête entre Dhaba et le versant du O. Bateh, une exploitation entaillant la pente vers le nord-est ; toutes deux sans inseriptions. Il faut ensuite tourner à droite, contourner le O. Dhaba et s'engager sur la croupe qui le sépare de la vallée 8 au nordouest ; on trouve là, ouvertes à l’est sur l’extrémité amont du ravin quidescend à l'embouchure du O. Dhaba, les grandes exploitations / et m, dont les phot. 72 et 73, p. 60, donnent des vues. La mine /, taillée en galeries rectangulaires à différents niveaux, traverse en tunnel l’arête rocheuse et s'ouvre à l’ouest, sur le versant de la vallée 8; trois puits carrés y descendent de la plateforme supérieure. On remarque l’analogie de ce dispositif avec celui dela grande mine a-d, entre vallées 2 et 3, que datent ses inscriptions de la XIT° dynastie. La mine m» comprend une vaste salle dans laquelle s'ouvrent de tous côtés des galeries. Revenant en arrière, nous rencontrerons enfin en n, à un niveau inférieur sur le flanc gauche du O. Dhaba, une exploitation de grande surface taillée dans la face sud du saillant et très visible de la ligne de crête en face, de j en k.

En ce qui concerne les monuments inscrits, nous noterons d'abord qu'ils sont de trois sortes. La première est celle des inscriptions sur paroi rocheuse qui décorent l'entrée ou les abords d'une mine; nous venons d'en voir plusieurs exemples. La seconde est constituée par les ruines du temple, qui s'étendent sur 200 m. de longueur, sur la croupe au nord de la vallée 3, et fournissent en constructions debout, constructions ruinées, excavations, pierres simplement déposées dans l'édifice, un des plus forgidables amoncellements d'inscriptions rencontrés jusqu’à

ce Jour dans un site d'époque pharaonique. Voir les phot. de Petrie, n° 85 à 125, qui dispensent de se reporter aux anciennes photographies du Survey de 1879. Ce qui frappe tout d’abord, à l'approche des ruines, c’est l’extraordinaire abondance des stèles de pierre debout, massives, hautes de 2 m. ou plus, rassemblées dans les petites cours intérieures et annexes du temple, serrées dans tous les coins, dressées en sentinelles aux abords, qui ont donné à croire en premier lieu aux voyageurs que le Sarbout était un cimetière. Depuis longtemps le véritable caractère de l'édifice est élucidé, et l’on a eu à sa disposition un assez grand nombre des téxtes de ces stèles épaisses, gravées sur les quatre faces, pour se rendre compte que chacun de ces monuments porte simplement une formule d'invocation religieuse, introduisant le compte rendu d’une expédition minière sous la forme essentielle d'un état nominatif plus ou moins détaillé des personnes au bénéfice de qui la formule était prononcée. Ces stèles constituent la troisième catégorie des monuments inscrits que nous distinguons sur le plateau, et se différencient nettement des ruines d’édifices qui les environnent par le fait que des stèles analogues et semblablement inscrites, en grand nombre, se dressent en dehors du temple, sur les points culminants du plateau, jusqu’à une distance de 400 m. Petrie a montré (Researches, p. 63 suiv.) que ces pierres inscrites sur les quatre faces sont d’un autre type que la stèle plate usitée en Égypte, et se rapportent à une espèce de monument toute différente, le bethel, la pierre levée des cultes sémitiques. Au Sarbout même, la pierre levée brute se dresse sur le plateau à chaque pas, à l'aplomb des mines, à la crête des précipices, en tout point remarquable du terrain, et il est manifeste que les Égyptiens ont adapté à leurs formules religieuses, avec l’aide d’une technique seulpturale développée, des monuments de signification essentielle et de type tout à fait étrangers à l'Égypte.

Le plus grand nombre des bethels égyptiens se trouvent dans l'intérieur du temple ou à proximité immédiate des murailles. Ceux qui s’en éloignent sont dispersés, dans une étendue de 400 m. à l’ouest et au sud-ouest, sur la croupe qui sépare la vallée des mines /f (vallée 3) du O. Dhaba ; la plus éloignée de ces pierres, très visible des alentours, est celle de la phot. 77 de Petrie (p. 64). Il importe, avant d’aller plus loin, de faire la topogra-

phie archéologique du plateau comme nous avons fait, au paragraphe précédent, celle du val de Magharah, en signalant les monuments à la place qu'ils occupent ; nous nous ne arrêterons qu'au seuil du temple, où les monuments sont trop nombreux pour qu'une description utile en puisse être donnée ici.

Un coup d'œil sur notre carte au 1/30.000 montre que les monuments du plateau du Sarbout, inscriptions et mines, sont répartis sur un demi-cerele qui couronne les crêtes tout autour del’amont du O. Dhaba ; seul s'éloigne de cette ligne, vers le sud, le groupe des mines avec inscriptions abcde et des mines anépigraphes get h, entre vallées 2 et 3. Nous avons décrit leur situation plus haut. En ce qui concerne les dates, précisons que a est l’emplacement des mines et inscriptions du règne d'Amenemhat II (XII° dynastie), années 17 et 24; que b fut pratiquée en l'an #4 d’Amenemhat IT par un certain Sobk-

, grande cavité ouverte dans le plafond du tunnel de 65 m., herhabi que nous retrouverons, que c est une inscription de l’an 45, et d'un tableau d’une année inconnue du même règne, Un peu à droite, en e, agrandissements et inscriptions de l'an # de Thoutmès IV, postérieurs donc de quatre siècles.

Transportons-nous maintenant à l'extrême nord du périmètre des mines, à l'ouest du O. Dhaba, pour suivre le demi-cerele de ses crêtes d'amont. Les grandes exploitations /{ et m, anépigraphes, présentent avec le groupe a-d des analogies que nous avons signalées plus haut, et doivent être attribuées à la XII° dynastie ; n, mines anépigraphes ; en p, à l'extrême ouest du cercle, mine et inscription de Sobkhotep, an 6 d’Amenemhat IV : k, mines anépigraphes, de même qu'en 7, plus à l’est: g, enfin, est une petite chapelle creusée dans le roc, où se trouvait une stèle avec inscriptions détériorées, datant certainement du Nouvel Empire. Ce dernier monument et l'inscription de Thoutmès [IT quifigure non loin de là dans le groupe du sud {e), sont les seuls postérieurs à la XII° dynastie qu'on rencontre en dehors du temple.

De la chapelle 7, la ligne des monuments se continue dans deux directions, de part et d'autre de l’amont de la vallée 3. Au sud-est, c'est le groupe abede et les mines g et À dont il est parlé plus haut; entre vallée 3 et O. Dhaba, d’autre part, se prolonge le cercle d'enveloppe de cette dernière vallée. Les

monuments, au voisinage du temple, deviennent si nombreux sur la crête qu'il a paru nécessaire de prendre de cette approche une carte spéciale à plus grande échelle (carte 5). C’est à 200 m. au delà du petit speos ç que commence ce qu’on peut appeler la plate-forme des bethels. Elle se dessine, d’abord, en un petit plateau surélevé de forme circulaire, dont le point culminant (1) porte l'une des stèles que plantèrent sur le plateau les officiers de Sanousrit I, le deuxième roi de la XII° dynastie : c'est celle de la phot. 77 de Petrie. Le bord nord-ouest est tout garni des ruines de petits édifices en pierres sèches, parmi lesquelles on trouve, entières ou én morceaux, quatre stèles(2, 3, 4, ÿ)avec inscripüons en grande partie détruites et impossibles à dater. Chaque stèle avait en avant d’elle un espace rectangulaire enclos d'une murette en maçonnerie, et un grand nombre d'enceintes du même type, mais sans stèle inscrite, se rencontrent sur le plateau, où notre carte les note de la lettre æ. Petrie les a soigneusement étudiées ; la mieux construite, æ à proximité du point 7, est celle de sa phot. 84, p. 70.

6 et 7 sont desstèles inscrites, tombées; 6 ne porte plus rien de lisible, mais 7 est une jolie stèle établie par Sisopdou, an 4 d'Amenemhat IV. Sur la crête opposée du petit plateau, dominant les pentes de la vallée 3, se dressait une haute stèle inscrite dont les débris illisibles parsèment le sol au point 8.

Passé ce cercle de monuments, le terrain s’abaisse un peu; on rencontre un certain nombre d'enceintes sans stèle, puis on arrive, au delà de la petite ravine que coupe le sentier moderne, à un nouveau groupe de stèles inscrites entourées d’enceintes. En 9 se trouve une stèle de Sobkherhabi !, celui qui creusa le puits b, datée de la même année 44 d'Amenembhat III. De l'autre côté du chemin s'élève une éminence visible de très loin par suite de la couleur noire de l’hématite dont elle est formée ; son sommet portait une gigantesque stèle au nom de Sanousrit I, qui gîten morceaux (10) sur legravier noirâtre. À proximité de la stèle 9 de Sobkherhabi est brisée à terre, en 11, une stèle de l'an 4 d'un roi inconnu, probablement un Sanousrit, et aux points 12 et

1. Reprendre les phot. de Petrie, Researches, n°5 78, 79, p. 66. Sur la première on voit se profiler sur l'horizon la stèle 1, debout sur son monticule, et à gauche, à flanc de coteau, le sentier tracé en 1905. Le terrain descend, à gauche, dans la conque d’amont de la vallée 3.

13 on rencontre les fragments illisibles de deux stèles analogues. A 100 m. de là dans la direction du nord, en 14, était une stèle très haute, aujourd'hui tombée ettrop détériorée pour pouvoir être datée.

On traverse ensuite, en allant vers letemple, un nouvelle zone de terrain sans monuments. À droite des ruines, presque au sommet de la colline, la haute stèle debout de Seti I (16) attire le regard de très loin. Avant d'arriver là on trouve à droite du chemin, à flanc de coteau, l'entrée de mine en tranchée (15) avec inscriptions dans le roc dont la principale est de l'an 38 d'Amenembhat III. En 17, juste devant l’entrée du temple, est couchée à terre une grande stèle de Nakhtousit, le prédécesseur de Ramsès III. Entre ces deux stèles 16 et17 du Nouvel Empire, on rencontre aux alentours des points 18 et 19, de nombreux débris de stèles et d'édifices avec inscriptions.

A part l'inscription de mine de Thoutmès IV, au point e, la petite chapelle rupestre en q et les grandes stèles de Séti I et de Nakhtousit dons nous venons de parler (16 et 17), nous n'avons rencontré sur le plateau que des monuments de la XII° dynastie : ceux du Nouvel Empire, postérieurs de quatre ou cinq siècles, sont groupés en totalité dans l'enceinte occupée par les ruines du temple. Ce n’est pas à dire que ce temple soit une création du Nouvel Empire, caril renferme également un très grand nombre de monuments de la XII dynastie, stèles-bethels et fragments architecturaux, et il est certain que le sanctuaire existait déjà à cette époque ancienne. Mais les envoyés des rois de la XVIII à la XX° dynastie agrandirent considérablement les édifices très modestes qui existaient auparavant à l'extrémité orientale des ruines. Pour se représenter l’aspect du site à l'époque de l'interruption des expéditions minières, à la fin de la XIT° dynastie, 1l faut fixer son attention sur le plan du temple, tel que nous le reproduisons d'après FI. Petrie (carte 6), et supposer enlevée toute la masse des édifices en avant du mamelon terminal de l'est où est creusé le petit speos. Le chemin d'accès, venu par la crête entre Q. Dhaba et vallée 3, et jalonné par l'inscription p et la petite chapelle excavée g (carte ), était bordé, plus loin, par les principales des stèles-bethels notées sur notre carte 5 ; on peut le tracer, à peu près, par les points 1, 9 et 12 de cette carte. En approchant de la chapelle

25847 0be

Fa uaG

‘moques

np

Page 1