Aboulfeda, trad. Reinaud, IT, p
5, Macrizi, Hist, des Coptes, trad, Wäüstenfeld, loc. cit., p. 113.
« près d’Aila »,« en Syrie », « en Madian près de l'Égypte 1», qui supposent une acception très large de la notion de voisinage; elles contrastent avec la précision relative du renseignement d'Aboulfeda et de Kalkaschandi (voir un peu plus haut), définissant la distance qui sépare le Tour Sina du Tour de la côte de la mer Rouge.
On voit, en résumé, que pour tous les écrivains arabes sans exception, le Tour Sina est la montagne sacrée des moines de . Sainte-Catherine ?. Dans la même situation que les Arabes étaient, à ce point de vue, les pèlerins occidentaux, dont les relations se multiplient à partir du xiv° siècle et prennent quelque intérêt géographique et historique à la fin du xv° ; ces pieux voyageurs étaient hors d'état de critiquer quoi que ce fût de la tradition monastique locale. De même des premiers voyageurs géographes dont l’œuvre commence à se manifester à côté de celle des pèlerins, Juan de Castro au xvi° siècle, Neitzschitz, Thévenot, Monconys, Pietro della Valle au xviif, qui annoncent les explorations des Shaw, des Pococke et des Niebuhr au xvui® et préparent de loin les grands travaux de Seetzen, de Rüppell, de Burckhardt et de toute la pléiade géographique du début du xix*. Burckhardt est le premier qui ait songé à mettre en discussion la localisation consacrée du Sinai au G. Mousa de Sainte-Catherine ; dans les limites de la péninsule, se demandet-il, est-ce toujours au G. Mousa que la montagne sacrée fut placée ? Modeste et pénétrante tentative qui marque le début de la longue gestation scientifique du xix° siècle, le premier pas de la méthode critique dans la difficile histoire du Sinai et de l'Exode à travers les textes et les siècles ©.
1. Yakout sait fort bien, d’ailleurs (éd. Wüstenfeld, IV, p. 451), que Madian est à l'est du golfe d'Akaba, à plusieurs journées de marche au sud d’Aila.
2. C'est donc une grande erreur que commet v. Gall lorsqu'il veut (Allisr. Kulist., p. 12-14) placer le Sina des Arabes sur la rive orientale du golfe d’Akaba. Cela résulte d'ailleurs de cette vue erronée, que nous avons critiquée plus haut et dans laquelle se tiennent encore v. Gall et Ed. Meyer, et qui place à l'est du golfe d’Akaba le Midian biblique et, avec lui, le Sinai primitif.
3. Nous ne nous engagerons pas dans l'histoire de la question du Sinai au xix*t siècle, qui sera racontée ailleurs comme introduction naturelle à l'histoire des progrès de la critique biblique en ce qui concerne l'Exode. Bornons-nous, ici, au résumé qui a été donné ci-dessus (même chap., paragraphe TT) de l'état actuel de la question et des dernières études,