Burekhardt, Travels in Syria, p
3. Tischendorf, Reise in den Orient, 1846, p. 240 suiv. i. Pococke, Descr, of'the East, 1743, I, p. 268 suiv.
impériaux, de centaines d'esclaves chrétiens, d'ouvriers et d'architectes ; à quoi les religieux ajoutaient que l'empereur avait fait don au nouveau couvent, par pièces en règle, du territoire entier de la péninsule !. Tischendorf ? trouva dans les manuscrits grecs du couvent une « Bulle d'or, donnée par l'illustre empereur Justinien à l'abbé du couvent et de la sainte montagne Sinai », qui est peut-être une copie de la charte prétendue ; Burckhardt, auparavant, s'était entendu affirmer par les moines qu'ils avaient la possession de toutes les vallées productrices de palmiers et de tous autres endroits fertiles sur le golfe d'Akaba, mais il ne put se faire montrer le titre *. Des pièces existent, cependant, moins anciennes que la HSE ton de Justinien mais plus authentiques, émanant des souverains temporels ou spirituels par qui les moines eurent l’occasion, au cours des âges, de faire sanctionner leurs vastes prétentions ; à cette catégorie de documents appartient la bulle de Grégoire IX (1227- 1241), plusieurs fois citée plus haut, dans laquelle le couvent fit dire par le pape qu'il possédait Raithou, Faran et toutes les oasis les meilleures. L'authenticité de la bulle ne paraît pas douteuse ; rien ne pouvait sembler plus naturel au Souverain Pontife que de reconnaître à Sainte-Catherine, dans la plus large mesure, la propriété du lointain désert où elle était située. Quant à la thèse générale des religieux en ce qui concerne les droits des indigènes, elle consiste à dire que tenus par la donation de Justinien, en leur qualité de propriétaires, d'assurer la sécurité sur la section sinaïtique de la route du pèlerinage d'Égypte en Arabie, c'est-à-dire de Suez à Akaba, ils avaient dû inviter plusieurs tribus bédouines à venir occuper les vallées fertiles du sud, à charge de faire la police des routes en échange de cette concession de résidence. On voit clairement, ici, l'application du système qui consiste à dénier aux nomades la propriété de leur sol, de manière à pouvoir toujours prendre vis-à-vis d'eux l'attitude d’un concessionnaire et d'un suzerain.
Jusqu'à quel pointles Bédouins étaient dupes de cette paperasserie à la fois insinuante et arrogante, il est difficile de le dire Il est probable que dans la plupart des cas, et suffisamment loin
Burckhardt, loc. cil., p.546.
Tischendorf, loc. cit., p. 242.
Burckhardt, loc. cit., p. 548.
des murs du couvent, ils en ignoraient tout, et se préoccupaient aussi peu de ses prétentions de propriété, que les Bédouins qui aujourd’hui, à Magharah, exploitent la turquoise. Tout cet étalage de papiers tendait seulement, en pratique, à faciliter dans chaque cas la conclusion des ententes et des marchés avec: les tribus, qui ne demandaient pas mieux que de vendre leurs services, mais dont la pauvreté était égalée par les exigences. Les contrats étaient relatifs au respect des personnes et des biens, à la fourniture des bêtes de somme et au convoi des caravanes dans le désert, de Tôr à Sainte-Catherine pour l’approvisionnement et les relations avec le monde civilisé, de Sainte-Catherine aux autres points de la montagne lorsqu'il y avait lieu, ainsi qu’à l’escorte des personnages de marque qui avaient à se déplacer en dehors du monastère. Burckhardt (loc. cit., p. 547) a trouvé au couvent l'original d’un de ces contrats, passé avec les Bédouins en 1397, sous le règne du sultan Dhaher Bibars : on y trouve, paraît-il, — car Burckhardt n'en donne pas le texte, — qu'il existait à cette époque dans le désert, outre le grand couvent, six petits couvents et un grand nombre de chapelles et d’ermitages !. D'autres documents, également relevés par Buürckhardt, démontrent qu'en 1643 les petits couvents étaient déjà abandonnés. Le dernier occupé d'entre eux aurait été le Deir Antoûs du O. Slé, dont il est encore question dans des pièces du xv° siècle (Burckhardt, loc. cit., p. 590); mais cela n'est pas complètement d'accord avec les témoignages de Thévenot, qui trouve encore occupé, en 1658, le Deir Arbaïn?, et de Morrison, qui assiste en 1697 à l'évacuation de ce dernier couvent *. Il faut se borner à dire, en combinant ces renseignements divers, qu'à la fin du xiv° siècle (1397) il y avait encore dans la montagne de nombreux couvents secondaires occupés, qu'au xv°, le Deir Antoëûs est encore florissant, mais qu’au xvir, on procède à l'évacuation des dernières petites maisons, dont le Deir Arbain, abandonné en 1697, la plupart des autres déjà abandonnées à la date de 1643. A la fin du xvu° siècle est done achevé
1. On se rappelle que Frescobaldi, en 1384, parle des maisons de la montagne aux environs de Sainte-Catherine, et particulièrement de Sainte-Marie de la plaine de Melga,
2, Thévenot, Relation d'un voyage fait au Levant etc.