Le bonheur public et OÉNiRAL, ou
les Confessions d^un Montagnard. — Renvoyons le citoyen Bejat à sa Montagne et à son épigraphe : Dans les petits pots les bons onguents.
9 Avril.
70 — S. La cause du peuple. — On connaît le fameux 16" BuUetin de la Répuldique, les doctrines de la Vraie République, toutes les divagations passées, présentes et futures des socialistes en faveur de l'idée sociale, on connaît par conséquent cette pubUcation nouvûlle de George Sand. — Elle n'a point vécu. — Nous nous rappelons y avoir vu un article trèsnul de M. P. Rochery.
71 — P. Le canard. — Rédacteur en chef:
Xavier de Montépm. — Rédacteur ordinaire:
M. Paul Féval. — Beaucoup d'esprit et de bon sens formaient la rédaction habituelle de ce petit journal satirique.
72 — S. L'organisation du travail. — Rédacteur gérant : LeteUier. -^ Journal hebdomadaire et communiste qui devait pubUer en féuilieton, l'otopib de Thomas Morus. — Cette
REVUE DES JOURNAUX
phrase sur Loui&Blanc, à qui il était tout dévoué, fera connaître ses doctrines :
a II demande Téducation commune et le développement intellectuel de tous. Je proclame bien haut cette formule qui est la nôtre depuis longtemps: Que chacun doit Iravailler selon 8on aptitude et ses forces^ et que chacun doit consommer selon ses besoins. Mais il semble se contenter d'indiquer cette formule dont il n'ose invoquer Fapplicalion. C'est que, en effet, cette formule qui, pour nous, produit l'ordre et l'harmonie, qui est le dernier mot de la civilisation pour ceux qui l'ont adoptée depuis longues années, devient une puissance qui épouvante ceux qui s'en servent pour la première fois, et qui ont pris à tâche de concilier des intérêts presque inconciliables, d
Cette feuille annonce ensuite :
a Qu'il s'est formé à Paris sous le titre de Société universelle, une vaste association dont les membres doivent se compter par cent mille dans quelque temps. Cette société est commerciale, industrielle et agricole ; elle a pour objet l'organisation du travail dans toutes les spécialités. »
L'Organisation du travail devait être le moteur de cette vaste association.
73 — S. Le père duchênr. — Gazette de la révolution ( c'est-à-dire très-révolutionnaire et très-rouge). Ce journal parut d'abord deux fois et ensuite trois fois par semaine; — Sa collection estde 33 numéros ; — Gérant: Thuillier.
— Rédacteur ordinaire : Colfavru. — Les ouvriers qui ont une horreur si grande pour les avocats se sont laissé prendre à celui-là à cause de son langage ultra-démagogique. — Voici sur les rédacteurs de cette feuille l'opinion de la Mère Duchène, qui fut leur parente et leur alliée et qui par conséquent doit les connaître :
« L'un est un sieur Thuillier, ancien ci, ou ancien ça, mais que je sais avoir passé en cour d'assises pour banqueroute frauduleuse, puis en police correctionnelle, pour une autre disgrâce.
— Son collaborateur, associé ou compUce, est un sieur Colfavru, espèce d'avocat sans cause, qui a pour ressources pécuniaires une femme..»
Voici maintenant quelques extraits de cette feuille :
(10 avril ) : « Devons-nous oublier la secte répablico-moqarcbique, les girondins du jour, ces démocrates phthisiques qui voudraient mettre le peuple à leur régime, ne le nqurrir que de I
lait d'ànesse quand il lui faut pour aliment de la moelle de lion ? »
(16 avril) : « Il y a des gens qui prétendent que, quel que soit l'esprit de l'Assemblée constituante, on doit la maintenir et la respecter, attendu qu'elle sera, disent-ils, en raison du vote universel, l'expression la plus fidèle du vœu de la nation.
« Cette opinion a cela de fâcheux, pour ceux qui l'émettent, qu'elle exprime, ou une grande niaiserie, ou une pensée réactionnaire, car on ne peut plus mettre en doute, aujourd'hui, que les véritables amis du peuple ne soient les républicains démocrates et socialistes. Donc si l'esprit du peuple, dans les élections, est bien dirigé, l'Assemblée constituante sera toute démocratique ; dans le cas contraire, le peuple aurait été trompé, et alors il devrait user du pouvoir de sa souveraineté pour dissoudre l'Assemblée et provoquer de nouvelles élections . Contester ce droit du peuple, c'est qier sa souveraineté. Gautieb,
d Délégué des ouvriers du Luxembourg. »
« Oui, citoyens, contester ce droit du peuple c'est nier sa souveraineté, et j'ajoute, c'^est allumer la guerre civile, c'est marcher à la mort. »
(18 mai): ails se sont transportés au domicile de Sobrier ; ils l'ont violé ; ils l'ont violé, entendez- vous, citoyens ? ils ont brûlé et brisé tout ce qui se trouvait sous leurs mains. Sobrier n'était pas là ; heureusement pour lui et pour eux, car sans nul doute il l'auraient tué, assassiné lâchement. Ces horribles scènes ont eu lieu également chez Cabet. Pourquoi? pourquoi? répondez, hommes aveugles, fous furieux! vous, préposés au maintien de l'ordre ! vous, chargés de faire respecter les lois ! Mais d'abord, apprenez donc à les respecter vous-mêmes ! Qu'eussiez vous dit, si, dans un moment d'effervescence, le peuple était entré dans vos boutiques à l'effet de piller, briser et brûler ? »
(SS mail • << Du calme donc ! attends l'heure... Ne répands ni ton sang ni celui de tes frères aveugles, que lorsque les nécessités cruelles l'auront voulu.
a Mensonge ! Assemblée nationcUe, Constitutionnel, Débals, Union, Liberté, et tutti quanti le bonnet rouge ne vous va pas ; c'est Loyola qui est votre père. »
(4 juin) : a Ça ira ! ça ira ! vive la République démocratique et sociale ! ! ! — Ami Louis Blanc, réjouis-toi ! il manquait à ta couronne la branche d'épines qui déchira le front du Christ.
BULLEtiM DK GËNSUI».
im(mi8-toif mortel aimé de Dieti, ta jeunesse brille de Téclat de toutes les gloires. L'amour de tes frères grandit avec ta douleur, mineurs infatigables, ils trat ailleront sans relâche à ta déiivranoe. »
Dans ce même numéro, le citoyen Gautier se met & apprécier les doctrines de ProudhoD qui à ses yeux est un affreux réactionnaire ; Toici ses paroles :
« Dans sa circulaire aux électeurs de la Seine le citoyen Proiidhon dit :
« Je suis rhomme qui a écrit ces paroles : La a propriété, c'est le toI, et je persiste à recon- « naître cette définition brûlante comme la plus «grande vérité du siède. Je ne pose pas un prin- « eipe par ces paroles, je ne fais qu'exprimer une a conclusion ; mon principe, c'est la ffxipriiii
ft Ainsi, tout en reconnaissant que la |»n>ffUié e'êst iê voly le citoyen Proudhon déclare que son principe c'est la propriété ett^-m^me, basée comme elle est aujourd'hui sur le principe d'hérédité, la fiiculté de donation et de testament.
« Je le demande, pourquoi alors foire tant de brnit ayec les fameuses paroles cent fois répétées : la ftfjprUîéy é*€$êl$vol^ pour arrirer à déclarer qu'on est partisan de ce toI et qu'on fn^a cause commune avec les défenseurs de ce ▼ot permanent ?
«Gomme c'est joli! et comme celle eoaclusicm est admkabie ! ! !
« N'esMl pas affligeant de Toir une haul» inteUigence descendre à de si misérables so-
(li juin) : « N'esl-ce ^nc mû que le décret contre le droit derétHiion? LacoBtre-révohition, on le voit l»en, ne sera satisfiiite que par le rapport du décret qui a proclamé la République !
• C'est là que je vous attends» mes commis !
rappelez-vous la dédaratioB des droits de l'homme et du citoyen, de Robespierre. Je la sais par cœur depuis longtemps, et je n'ai pas oublié que je suis souverain avant vous et que vous ne l'êtes qu'après moi et par moi ! »
Nous retrouvons encore le citoyen Gautier et ses doctrines: voici deux phrases charnumtes:
« Dons le numéro du fére ^uehéne de mardi dernier, je crois avoir suflBu$anmient prouvé que fhériêage est fti plu» gnmdê miqitiM Am-
aMCIMC....... B
tf Biais vous, qui, peur devenir propriétaires» vous êtes demie seuàemeal k pei^ §$ naéêtê^
votre droit assurément est moins respoetaMe...* (15 août) : « Nous l'avons dit, c'est la loi nu HASAtil) qui régit la société, c'est là lOi du HASARD qui distribue les richesses et les fbnc^ Hons sociales, c'est la loi du ha^a^d qui est la cause de la plaie profonde qui dévore les travail^ leurs ; ceci est une vérité si gnmde que nul n'a osé le contester ; et cependint cette kn inique a ses partisans et ses défenseurs parmi les hommes qui se disent les amis de l'humahité ! Econtesles, ces hommes, ce sont ceux qui, aujourd'hui, crient le plus fort et sur tous les tons: nas- PBCT A LA paoFartTt t ansMrr a la pamillb !
« Certes, messieurs les privUégiéB, tous ne manquer pas d'adresse, mais heareusemeat nous sommes à une époque où la ruse ne saurait longtemps prévaloir contre la vérité ; LS hispbct que vous réclames, c'nTPOua tob PaiviLÉGES, et non pour autre chose ; quant à la propriété et à la famille, nous savons ce que vous en avec fait, et nous avons déjà eu l'occasion de Bias que
vos PliTILi6l£S ONT SIUL8 COHPaOXIS l'SUS- TKICI DlLASOafiTt BT JITÉ LA MVISIOR ST LA HAWE DANS LIS FAWLLn. »
Ce journal, qui se vendait dans Paris à 60 ou 80 nuUe exemplaires, fut un des agents les plus actifs de l'insurrection de juin. Il était fait sans aucune espèce de talent, mais rempli d'insinuations, de mensonges et de calomnies. Sa rédaction soumoiêe poussait à la révolte en prêdiant le cahne et la patience. C'est maintenant la tactique de tous les révolutionnaires qui disent ne vouloir d'autres armes que celles de la presse et du suffrage universel, mais qui sont toujours prêts à méconnaître les éhis du pays, comme au 15 mai, ou à faire appel k la force, comme pendant les journées de juin.
75 — Li soia, bulletin de k. journée. — Rédacteur : Lefloch.
i^AvrU.
74 — - S. Le MBSSAGBa ds la iApoblique.
—«Journal du soir, dédoublement de te Mépwbliqite. \ojet plutôt quelle naïveté :
« Ce n'est pas notre fiamCe si nous revenons â la clfkrge, si, malgré nos déciarations successives et malgré nos constanis avertissements, nous reproduisons itérativement cette assertion: que l'Assemblée nationale doit Ôtre composée d'hommM notmeanÊX
« Une fois peur loirtse, nous le répétons :
l'Assemblée natiooale^ pour accomplir le mandat sacré que lui aura confié la nation, ne peut ètie irréeedie suv le grand prtneifD d» no>>
tfe o<imptètQ|tég4i|éFation sociale et politiqtie..» « Il y a dj^q g^ns» le nombre en est grand malbaureupement, qui s'in^aginent que 1^ révolution de février n'est qu'une simple substitution de pouvoirs, un cbangernent de ministère, et qu'en un mot il n'y stqu'un roi de moins en France. Dans l^ur funeste aveuglement, ils ne voient qu'une question de personnes là où toute la société es( en cause. Ils ne comprennent pas qu'il ne s'agit plus aujourd'hui de satisfaire t^lle ambition privée , de machiner chez uu conservateur ijnelppnquo uue petite manœuvre parlementaire ou quelque chose d'approchant. Dormeurs éveillés, ils n'entendent pas k leur phevet la grande voix des classes opprimées qui réclament à cette heure leur place usurpée, leur droit au travail, au bien-être, leur part de soleil. Aussi ne proférez pas devant eux le mot sociqlûme ; vpus hs verriez tomber en pâmoison. Toutes les tendances à l'amélioration des races humaines, les éloquents appels des publipistes, les nobles efforts des penseurs pour arriver à l^ solution des problèmes sociaux, les aspirations généreuses des principaux organes de la presse, sont rangés par eux dans un centre commun de réprobation; ils ne se donnent pas même letemps de lire, d'étudier, de discuter de bunne foi les théories, les discours, les écrits. Ils ont mi critérium plus certain que leur égoîsme leur suggère,
a Economistes de toutes les classes, saintsimQQÎens, pbalanstériens, toutes ces doctrines si diverses se résument pour eux en un seul mot : c€mnmnisme. Que si vous tentez de développer votre pensée, d'exposer vos plans, on vous ferme la bouche avec cette épithète : communiste ! Vous vpul^z les chemins de fer par l'Etat, communiste! Vous ne désirez pas la guerre ijui, suivant ces braves philanthropes, nous délivrerait du trop plein, de notre popution communiste I Vous proposez de rétablir le crédit sur des bases nouvelles en réorganisant les ba^nques sur un pied plus libéral, vous prêchez le culte de l'agriculture, communiste, communiste, (rois fp^s communiste, vous dis-je. « Holière ! comme la tarU à la crème est distancée !
m Toutefois, songez-y bien, partisans du HatM qm social, l'avenir e^t un sphinx qui vous dévorera sims miséricorde si vous ne vous bâtez de résoudre ces terribles problèmes. »
IS 4vril.