L^AVOURDB LA PATRIE. — Directrice
M"»«^ Legrand. Voici sa profession de foi :
« En écnvant ce journal spécialement pour les femmes, je ne viens pas la dague au poing, le bonnet phrygien sur la tête, proclamer, comme d'autres Pont fait, les droits libres des femmes ; les engager à faire entendre leurs voix, afin de discuter les lois pour ou contre elles, les actes plus ou moins politiques, et à réviser ceux du gouvernement. Je viens, bien au con^ traire, leur prouver que, nées femmes, elles doivent rester femmes! Bien des volumes sont comprimés dans cette phrase ! J'essayerai de les développer ; toutefois comme je ne suis ni basbleu, ni femme savante, ni bel esprit, qu'on me pardonne si je ne suis pas à la hauteur littéraire actuelle, ce ne sera pas la science, mais mon cœur qui parlera. »
Nous reprochons à ce journal d'être un peu trop rongé des vers. La poésie est une fort belle chose, mais pas trop n'en faut; surtout comme calle-ci:
« Léger comme son aile Gourant de belle en beUe,
L'infidèle Les quitte et lesrepvend,
TqhJouto ei^ Iblàtrant* i
79«-S. Journal DBS FAUBOURGS. — N'ayant pu en avoir un seul numéro, je transcris ce qu'en dit la La PhyHonomie delà Presse :
t Ignorant et envieux. Excitation à la haine contre la société tout entière.
^ — S. Lb consbrvatbur m ^â iépublv QUB. — Ce journal a peu vécu, mais trop. Depuis février, le citoyen Charles Marchai, rédâc< teur en chef, veut se vendre, n'importe à qui ce qu*il s'estime; on ne veut le payer que »
qu'il vaut; de là, un marché impossible. Il \ successivement cherché à se rattacher à Barbes BLanqui, Louis Blanc, Girardin, Baspail» qui sais-je encore, à Ledru-RoUin ; car on disai autrefois le Conservateur delà République soui tenu par ce grand Montagnard. Sons les tyransj comme ils disent, le citoyen Marchai a fait ûi sales romans et d'ignobles pamphlets qu'il n'(^ sait pas avouer lui-même. Voici la professîoi de foi de cette feuille:
« Le titre de ce journal révèle son esprit, GoNSERYER LA r£puqlique daus notTB patrie bien-aimée; travaillera rendre cette République sainte et forte, tels sont nos plus chbrs voeux
a Les rédacteurs du GoNSBl^YATis^a de u REPUBLIQUE ne sont pas les hommes du lende* main; ils étaient républicains sous la q^onarchie, quand il y avait du péril à l'être. Ils veuleni l'organisation radicale et définitive de la fra^ nité. La fraternité organisée, c'est le droit et k devoir traduits en faits; c'est le bonheur. Voilà le but que doit se j[)roposer, pour ne par périr, la France républicaine. •
Avec de pareils hommes nous ^uriops la République 4u ridicule pour fairç suite à la révo' lulion du mépris.
Ce journal promettait à ses lecteurs dés ma* nuscrits inédits dl'ÀHbaud ! qu'on appellera sans doute aussi, quelque jour, l'Ange de Vassetêsinal^
Depuis, le testament politique d'Alibaud a été publié par le citoyen Raymond Brucker qui explique ainsi la publication de ce document:
« Entre les philosophies officielles, que déjà l'on n'étudie plus que fort nonchalamment sur les bancs universitaires, parce qu'elles n'engagent à rien, et les philosophies populaires, qui touchent au sort de tous, comme des leviers prêts à servir aux transformations les plus profondes, il existe le même abîme qu'entre l'atmosphère du bien-être et celle de l'indigence. Théorie d'oisifs d'un côté, théorie de désespoir de l'autre. Ces deux espèces de philosophies s'ignorent réciproquement. L'heure de leur tête-à-tête a sonné. ^
« Le manuscrit d'Alibaud, dont la date, au moins, est authenti({ue, ^ le fond m Test pas,
REVUE DES JOCRNADX.
comme on nous Ta dit assez à la légère, marque pour lui seul une période assez curieuse dans la transformation des idées républicaines. Ces idées sont déjà plus nettes quant au but qu'elles se ; proposent et dont il ne reste plus qu'à trouver les moyens qu'elles n'ont pas. Il ne s'agissait, en 89, que d'un changement au profit de l'étatmajor ; il s'agit désormais d'un équivalent au profit de l'armée. Le ton de martyr et de prédicateur que prend le fier meurtrier fera sans doute songer à l'épigramme de Callisthènes, ripostant à je ne sais quel moraliste de son époque : Eh! mon ami, qui te corrigera de la I fureur de vouloir corriger les autres ? Par malheur, ici-bas, personne ne corrige personne; nul de nous ne saurait être vaincu que par la joie de ses propres satisfactions ; et Dieu seul tient la clef de ce mystère de puissance par lequel il arrive que l'homme se trouve changé du tout au tout, sans que rien soit changé dans sa nature.
• Entre les prophètes et les terroristes, il y a cette différence que les premiers avertissent sans frapper, et que les seconds frappent sans avertir. La nuance est si tranchée, que beaucoup de gens devaient s'obstiner à ne pas la voir. Les prophéties importunent la mollesse. Quand les classes officielles se sont grisées d'opium, elles croient les classes populaires endormies ; et voilà le secret des écroulements dont nous venons d'être témoins ; écroulements qui pourraient bien n'être qu'à leur début. )>
Voici maintenant quelques lignes de ce testament politique qui devait servir de contrat d'alliance entre les socialistes et les républicains.
Cl La France couve d'immenses haines après avoir manqué son but immense. Elle ne vous pardonnera pas.
« Un tronçon d'épée lui reste à la main; il
lui servira de poignard
« Moi je vous crie : il reste un problème à poser. — Quel est-il? — Celui du travail ! — Il faut constituer le travail de telle sorte que l'homme ait du pain, et qu'il ne doute pas de l'avenir quand les bras lui manquent.
« La révolution n'est que cela. — Vous perdiez le temps, j'ai dû vous rappeler à l'ordre.— Quand vous aurez jeté ma tête au peuple, le peuple saura bien vous dire : — Et puis? — Vous ne savez que couper des têtes. — Le bourreau en sait autant que vous ! )> 17 avriL 81. —P. L'ÉGALITÉ.— Même journal, même
rédacteur que la Propriété. Ce qu'en^'dit la Physionomie de la Presse en le supposant fondé par M. Ledru-Rolhn est donc inexact, et pour preuve nous donnerons le passage suivant extrait du premier numéro :
« Les théories de certaines écoles d'utopistes, comme il en a tant surgi depuis six semaines, portent atteinte au droit naturel en s'attaquantà la propriété qu'il importe de défendre au nom de la morale et de la justice.
<f En mesurant les salaires aux besoins (terme fort vague comme unité de mesure), au lieu de les proportionner au travail, eÛes sont attentatoires à tous les devoirs de famille ; elles nous feraient rétrograder vers un état de barbarie plus que sauvage tant il serait absurde.
a Poussé à ses limites logiques, un autre système, très-voisin de celui qui porte le nom d'organisation du travail, ne tend à rien moins qu'à rompre le mariage et tous les liens d'affection ; la femme n'est plus qu'une machine destinée simplement à la reproduction de l'espèce ; l'Etat est le parâtre de tous les enfants qu'il fait élever, endoctriner, casemer, enrégimenter et gouverner selon son grand intérêt. La liberté devient de l'individualisme sous une inflexible loi de servitude ; l'égalité existe moins que jamais, puisque les capacités ou les besoins, les aptitudes ou les passions, tranchent irrévocable ment les positions respectives de ces orphelinsnés qui se débattent dans une société monstrueuse. La fraternité enfin perd son caractère de moralité divine, ou, si l'on aime mieux, de charité chrétienne, pour se transformer en une vérité matérielle et hideuse, que laisse surnager l'égoïsme le plus absolu.
« Sachez dépouiller de leurs enveloppes parfois séduisantes ces théories dites sociales qui, se lançant dans l'inconnu, désorganisent d'abord la société, vous reconnaîtrez qu'elles contiennent toute la négation du droit naturel.
« Et cependant les socialistes ont écrit sur leurs drapeaux la grande devise : liberté, égalité, fraternité; eux aussi proclament la République
et confessent la souveraineté du peuple
« Le droit sacré de l'homme, droit contesté quoique incontestable, est de se posséder luimême, c'est-à-dire d'être libre, et de posséder de même le fruit de son travail manuel ou intellectuel, qni constitue sa propriété. Si cette propriété est légitime, sa liberté ne sera complète qu'à la condition qu'il pourra librement la ven-
BULLETIN DK CENSURE.
dre, Taliéner, la transmetU^e, soit par donation, $bit par testament, et en disposer absolument eomme il fentendra.
« Retranchez le droit de propriété, Thomme cesse d'être libre ; et, en effet, il est de fait comme de principe, que Tesclave n'est pas apte à posséder.
« Le bon sens public proteste contre les doctrines impies ou insensées des écoles qui s'attaquent au droit naturel Au besoin, la population tout entière se lèverait pour pulvériser les iSOpbistéS comme des factieux et des traîtres à la patrie. »,
On le voit, ce journal était peu socialiste ; mais la Phyêimomîê de la Presse a peut-être voulu parler d'une autre Egalité; nous en avons tant
maintenant sur les murs !
20 ÀvnL 82. «^ S. Le DÉMOCRATS ÉGÀttTAitiE, semaine sociale et répubUcîaine. — Rédacteur en chef : Frédéric Gérard. Nous y trouvons sur les ateliers nationaux un article du citoyen Chardon, et plus loin le récit touchant d'une fête populaire qu'il convient de conserver :
« Le club des incorruptibles, composé de démocrates éprouvés, organisa dimanche i avril, sur la proposition du citoyen Delehte, une fête populaire, un banquet auquel il invita tous les patriotes ; la préoccupation des élections empêcha que celte fête de famille ne comptât de plus nombreux convives ; mais, à deux heures, des clubs partis de divers quartiers de Paris et de la banlieue 66 rendirent à cette franche et loyale invitation^ et ce furent même les points extrêmes qui se montrèrent les plus empressés. Les clubs de Menilmontant, Passy, la Société populaire de Montrouge, arrivèrent bannière flottante, au milien des chants patriotiques, et reçurent l'accolade.
a Au centre de la place du Chàtelet, s'étendaient deux longues tables chargées de pain et de viandes froides. La Société populaire de Mont* rouge avait apporté uti énorme gâteau^ dû au ci^ toyen Flotte, frère du démocrate de ce nom, et il fut destiné à la communion républicaine.
« A trois heures» les citoyens Parenllion, Frédéric Gérard, Delente^ toujours pleins de cœur et d'énergie, et les orateurs des autres clubs, prononcèrent des discours empreints dos sentiments les plus fraternels, et le peuple, qui assistait à cette manifestation, fut appelé à preiH dre part au banquet.
« I)os corbeilles pleines de vivres (ureiU dis«
tribuées, ainsi que quelques rafraîchissements, et le gâteau du citoyen Flotte, coupé en petits morceaux, servit de pain béhit dans cette communion démocratique.
« A quatre heures, malgré une pluie assex fortey les clubs réunis se rendirent à la colonne de Juillet dont ils firent le tour, la tête découverte et dans un silence rehgieux. Quelques paroles de regrets et d'adieu furent prononcées par plusieurs orateurs devant l'entrée du monument; tous abjurèrent la vengeance et prêchèrent la pratique constante de la fraternité. On y lut les strophes pleines de poésie du citoyen Gauny, sur la fraternité, et l'on en distribua des exemplaires aux assistants.
« Le retour eut lieu dans le même ordre, et chacun rentra pleitl de la grandeuf de cette fête fraternelle^ qui étouna les spectateurs les plus indifférents, et laissa dans tous les esprits un souvenir vivace. v
Voici comment cette même feuille apprécie la manifestation du 16 avril :
a Si la force brutale a cru l'emporter^ elle se trompe, car la réaction a triomphé dans cette journée, qui, de pacifique qu'elle avait commencé, pouvait se terminer par une lutte sftn<glante.
« Cette démonstration eBt-*elle une preuve de force ou de faiblesse? C'est ce que nous kie pou* vous dire. Il est triste seulement de nous voir, au bout de deux mois, grâce il de saints instigateurs, revenus aux mauvais jours de 183â.
Q Nous voyons avec peine que les ûùmfnHfiisieti dont les intentions honnêtes et pacifiques devraient être bien connues, soient les boucs émissaires du parti réactionnaire. C'est contre eux qu'il lance la population ignorante. Malgré tous ces efforts, l'idée d'une révoliUi&n êùtiùlê, faite dans les limites réalisables» est profbùdément empreinte dans les meilleurs esprilâ^ et rien n'arrêtera sa marche progressive.
<c II serait temps que la garde nationale Com^ prit qu'elle est du peuple, et, en voyant inscrit sur toutes les bannières : ÂboUliondêl'êâ^ploi" talion de t*homm« par rhomme^ ùr§aniêàlion du travail, qu'elle vit bien que nous marchons h une réforme ioeiaU à laquelle elle devrait s'associer, au lieu de chercher à la comprimer en se mettant au service d'une pensée égoïste dont rheure de l'agonie est sur lé t>oint de sonner.
« Nous devons, au deinetirant, dire pour la juaiiduatiott debeaucoup d'eaire eux, qu'ils i^ùo -
REVUE DES JOURNAUX
raient dans quel but on les réunissait; mais ks intentioDsde ceux qui avaiçflt distribué les cartouches ne sont f»as dauteases , ils voulaient une collision. »>
On trouvait au bureau de ee joimial, très^ nul et (rès^^in^gniâant, tous les ouvrages de Pierre Leroux.
83 — S. LE TRAYÀiLLEUR, idée$ poiitiw», induttrie^ emnmerce. — Ce journal voulait substituer le troc au commerce.
84 -* P. La FRANCE EËPUBLICAINE. — Rédacteur en chef: l.-J. Godard.
« Ouvriers, nous sommes tous frères.
a Travailleurs des bras et travailleurs de Tintelligence, unissons -nous, donnons-^ nous la main, marchons ensemble sans faiblesse et sans peur.
a Surtout ne perdons pas de vue notre drapeau : « Liberté, ÉgalUé, Fraternité, Ordre et Force. »
« Libirt£. C'est là notre première conquête»
fécondée par le sang du peuple.
« ÉGALiTft. Parole sublime sur laquelle repose toute Torganisation de la grande famille républicaine. Plus de privilèges, guerre aux abus. Oiï Tégalité règne, la confiance naît et* enfante le bonheur.
« Disoifô4e bien haut, par égalité, nous n'entendons pas spoliation, division des fortunes, partage entre tous ; mais bien nivellement ab^ solu des citoyens sous la loi, sans kveur, sans partialité, sans exclusion. La Ibrtune, comme rinteiligence, a ses variétés, ses degrés infinis. Tous les hommes sont égaux, ils sont frères ; mais ils n'ont pas tous (es mêmes nuances de talent et de savoir*
a Ouvriers d'un même atelier sommes-nous aussi habiles les uns que les autres? Non.
<c Beaucoup d'entre nous ont plus de facilité, plus d'aptitude au travail. Ces dispositions heureuses sont personnelles. Leurs résultats ne sauraient être détruits sam ti^l«c«, et l'amélio* ration du s(Nrt de l'individu déconle de ee principe.
a Voilà ce qui constitue la propriété.
c( Chacun peut l'acquérir par sm mérite, par son travail. U a le droit de la transmettre à ses enfants.
« Ordre bt forge. Privée de ces deu^ appuis, la liberté peut dégénérer ea licence et mourir.
« Sans l'ordre et sans la force, point de gouvernement possible. Soutenons les hommes de
notro choix, et ne noos laissons intimider ni par des msissuvres occultes, ni par de naines clameurs.
« Ondre et force ! Ces deux mois sont logiques et s'enchaînent.
a La manifestation du 16 avril vient de le prouver d'une manière triomphante.
« Deux cent mille hommes, ouvriers et gar^ des nationaux, armés et saiis armes, debout au premier son du tambour, marchant avec fe plus parfait accord vers le même but et dans la même pensée. Quel spectacle ! quel avertisse^ ment solennel aux ennemis de ht République.
<( A la simple annonce d'un danger réel on imaginaire» tout Paris s'est trouvé prêt à dé^ fendre le gouvernement provisdre. »
Nous trouvons à la fin de cette feuille des tercets de M. C. de Nugent centre la dynastie d'Orléans, et un Figarê républicain qui n'est pas notre Figaro de la veille.
85— P. La tribune popuiaire. — Gérant:
A. S. Montferrier.— N'a eu, je crois qu'un numéro. -^ Il devait être l'organe du club central des départements. — C'était une excellente idée, mais d'une réalisation très-difficile. — Les départements, au lieu d'envoyer à Paris des clo-' bistes délégués, ont préféré venir eux-mêmes en masse, quand ils ont vu la marche que pre-.
naient les af£aires. — Bt ils ont eu raison. La révolution de février aura amené cet excellent ré^ sultat, d'intéresser toute la France à ia vie, au mouvement, à l'action de sa capitale. Nous verrons bien à l'avenir si cent ou deux cent mille ouvriers prétendront encore faire la loi à tout le pays! •<- La Tribune populaire se proposait d'ailleurs de suivre une ligne modérée ; on en peut ju^r par l'extrait suivant :
a Au milieu de ces débris dont nous voyons jondbé le sol de la patrie, il reste debout les débris fondamentaux, éléments primitif de toute organisaticm, principes qui survivent à tous les ébranlements, à toutes les grandes transformatiens politiques et sociales : ces principes sont la famille et la propfiété. — Au-dessus, et comme pdur les faire bénir ou les protéger contre toutes les tentatives insensées» plane le sentiment moral et religieux qui se développera , puissant, sous l'influence des principes nouveaux^ car ce double sentiment a besoin d'un ciel démocratique pour s'épanouir dans toute sa oeauie.....
« Hommes libres, voilà le phare qui peut seul éckirer la marche des plus frêles embarcations,
BULLETIN DE OEMSURB.
çfimmB^MeàMvmmmm \m plus loyrds. Sur la rouU difficile qm bous avons à paf ooQrûr, Yoiià la lumière qui guidera nos pas !
« BaogeoiUr-DOQs doue sous eeite bannière !
accrochoQs-nous à cette planche de salut, et ne lançons pas en aveuglas notre vaisseau sur des mers inexplorées, dont nul ne eonnaît ni ks icueils, ni les rivages. »
Directeur : M* L. Menier. Administration :
y. Demain.
86 — S. U. nUNCB UBiB* par Maximilien Marie. Une feuille grand in-4% |Miblication irréguUère. — Quatre Buméros ont paru. *-Ge journal est la doublure de Proudhon et de ses doctrines. Voici le programme que nous trou* Tons en tète du 4* numéro :
« Proscrire toute restauration du irâmê aûn d'avoir iilferti poUtiqiu^ c'esl-à^lire de pouvoir réaliser le progrès à mesure que la science le formule ; secouer le joug du eof^lal afin d'^avoir liàerté induHrieUe^ c'est^ànlire possibilité de vivre en travaillant sans renoncer à Texercioe d'aucune des facultés morales et mentales ; s'a^ franchir de la métaphysique afin d'avoir Uberlé tftsprit^ c'est-à-dire d'une part, indépendance absolue envers toutes solutions préjudicielies des questions que la science ne peuc encore aborder, et de l'autre, disposition à recevoir toute vérité positivement établie, lors même qu'elle choquerait les préjugés les plus en-* racines. »
Talent médiocre, valeur nulle.
Fin ÂvrU,
S7— & Le bAtssl imj pbuplb. — Rédacteur:
Gh. FéUx. Ce joumal insignifiant n'a paru que quelques jours,
88 — La POLOGiin us 1848. — Propriétaire gérant: Gb. de Forsier. -*€et organe de rémigration polonaise a été tué par l'eovalnssBneBt de l'Assemblée natioiiale.
89« «^ BsTOi rATUOTiQOi. — M. Nédarès est un firaoc-maçon, républicain de la veille.
— Il a déjà fait paraîtra plasieurs publications aussi dignes de rester inoemues que celle* cL — Sekm lui , la RépnUiqiie est une bonne cbose, mais les répuÙieaiBs ne valent rien.
— A la beone heure ! voilà de la franchise.
<- C'est ^ans doute pour cela que nous avons an France la BépuMique et st pen de répobli-
90. — Le nouvelliste. — Espèce de Jfontleur parisien qui a reparu en féviier, mars, avril, etc., etc., portant toujours en lèle qna*
toraème année d'existeBce. ^ On s^aperçoic aussi pende son apparition que de sa mort
91. -** La TaaunB bbs bwlotAs. >- FeuiUe éphémère in-4o, se proposant de pardtre tontes les semaines. -* Elle devât être l'organe de (ous les employés qui, sentant venir le vent de la destitution, s'étaient réunis pour protester. — Gérant : Ed. Brun.
92. — Lb MaiHFBSTE uns novincBS. — Mliance de VcmUjinU et de La libenié ; adreeee de$ départemienii « l'AssewMée eofUlUuante.
Cette feuille est upe protestation ooatre une centralisation adonnistrative qu'elle regarde comme la cause de tous les maux. — Nous en extrairons les passages suivants :
« La centralisation politique, cette force morale des nationalistes, ne régirait pas nos institutions, que nous serions les premiers à rédamer sa dictattfve. L'unité politique fut de tout temps le secret de l'initiative des peuples, le génie de leurs progrès, la cause de leor pmsance et de leur gloire. Mais la centralisation administrative n'est autre chose que ta force corruptrice et dissolvante ; et c'est à son action néfaste et liberUcide que nons devons fontes les -calamilés qui, depuis plus d'un demi^siècle, affligent notre patrie.
« Où réside la eanse qui détruit, après chaque cooflMytion sociale, le commerce et l'indostrie, ces soarœs d'oidinaire ai fécondes de la prospérité de notie pays? — Dai» la eeniralieaUiM ad'mimistmwe.
« Comfloent se nomme le génie maifiiisant qui, depnis tant d'années, paralyse celte merveilleuse aetivké de nos provinces, jadis si florissante? — La centralisalion adwnmsfroHve.
« D'où sont paitis leseevps sous lesquels ont succombé la confiance el la bonne foi, ces vertus proverbiales de nos ancêtres ; et d'oik vient l'influence criminelle qui nons vaut le maintien du monopole et de Fagiotage? — De ta centndùalion aâiHMsêraeive.
« Sur quoi devons-nous rejeter et Tinstabiltté des pouvoirs politiques, et des discordes sans nombre qu'engendre eetle instabilité? Sur la ceminâimaiein adminUêr^aiw
« Elus du pays, qm avez nrisaon dVirganiser notre Uberté, jetez les yeux autour de vous : La corruption nous consume, les passions nous dévorent ; la soif de dominer s'empare de tontes les âmes; les mauvais citoyens s'agitent de tons côtés, lesconspiratiens s'owiissent jusque dans votre sdn ; k réantion veâle è tenles les issues
iUEVCE DES JOCBMACIC,
SI
i èe& las, ittkoriaoa poUtique est t <ihu^é àt tompètes, et déjà mènke kl kaàpt jéFfitetioanaîre a éciatë sur vess ; la Soi j^tjqae Jie faut être ravivée ; la possibilité d'an h w i umts muml social mchp* tous les esprits ; la peut gagne de proche en proche ; les émigcalions se muitylient; les inâustnes se perdent ; le eommerce est aux abois ; les ruines s''amaQoeIlfint. Ia fortune publique même est épuisée: etla misère, océan (f angoisses, monte, monte lans cesse, et bat déjà de sa Tague irritée, le faîte de votre palais. Toilà les fruits de la centralisation administraûiip ! Et voilà pourquoi aussi nous ne cesserons de protester contre répouvantable abus qui commet aux mains d'une seule ville les destinées de tout un empire. ce £h quoi i depuis àn^ante-cinq ans, Paris attaque et résiste, oi;gania8 et déserganise, innove et détruit, édifie et renverse, règne etgoûveme! Paris trône en souverain ! nobles viUes provinciales^ c'est vous qui, dans tous les siècles d'oppression, avez été le boulevard de Tindépendance et de la liberté ; c'est vous qui avez vu tomber sous v^s murailies les ennemie de la patrie ; c'est vous qui avez brojé sous vos phalanges de ier la brutale et sauvage barbarie qu'aucun peuple européen n^avait pu repousser; c'est vous qui avez auéauti la puissance féodale ^ et humilié les monarques ; c'est vous qui avez ^ été le berceau de ce peopfe^xn, que les nations reconnaissantes ont nomme le peuple lîbérateor ! Et c'est vous qui tcaînez maintenant les chaSnes de l'esclavage le plus révoltairt ; c'est TOUS qui mamtenant, oublieuses de -votre passé, de TOtre force et de tos droits, couinez hontensement la tête «ms ks «tprices âe la volonté, 8006 les exigeoces du pooroir, sous régoîsmc des iutéràtfi de la mmorfté fa pins mfime! £^ce héen Tonst ô nertAes villes pro^mch^es ! Eh quoi ! Paris a-t-il homoks k France par ks arma, 'Qu'il Jraile kraoB:friaçai6e en peuple oon. qaifi, «t mê «BudeB mmrô ip i s m oak&tô» tbssaiesl 9
«loN'fHM, mmm tifiq m et ^ ^eic.^ elc, «ui«t inBlmctives qu'ammanUg. Publicafemn absraiSe ayant pour épigca^ : JHmrÊÊÊé €m^ m» ^ievi^e.
« Itoia dieu égMÛier 1» auktîève.
Je n'en veux prendre que la fleur.
A la promenade, au Bpectade ramnse et nnstrais tour i tour, s
Le 2e auméro de cette revue contient une lettre de Voltaire à Rousseau , et la réponse de celui-ci, ce qui tf est ni instrucfîf ni amu- * saitt. H y a en outre tme lettre sur la manière d'apprendre à écrire que Tauteur aurait dùlh-e; plus une notice sur les langues du globe, et des strophes sur h polka.
Àasfflt d'aJkr i^Uis loia, noua devemSto poiv iwdre cette Mnendalane des journaux aussi otflBfMfi #»e 909fiâ4e« ranpiir Céraste kh* C1IIIA&. Im feuilles émù, m%m altos parier «ûiû presque toutes sans date, et d'ailleors d'une iob-. portanee fort contestable. Nous dirons ce que nous en aavens ; fort peu de chose. Les collectionneora, et ils sont nombreux, ne doit^ent pas oublier qu'on a fait paraître une multitude dé coAards insignifiants dont on ne connaît m la source ni i'erigine. Quant à nous, nous n'enre* gistrons et nous ne disons que ce que nous avons vu ou lu ; car^ selon nous, il vaut mieux se taire que mentir.
94. — Le travail, journal du travailleur électeur et éligible^ par le citoyen ' Edouard Hoûel, rae du rocher, 6- — Nous avons vu un premi^ numéro de cette feuille lithograpliié portant la date du 24 février. Le second riuraéro était imprimé. Nous soupçonnons fort Pauteur d'avoir antidaté sa publication*
93. — CHA.&ITÉ ET JUSTICE. — Hebdomadaire du 19 mars ; feuille mystique, dit la Physionomie de la Presse^ et qui vient nous affirmer que la République n'est qu'une forme nouvelle du cliristianisme. Ifouvelle^ <f est le mot, car on ne le reconnaît guère dans tout ce que nous voyons.
96. — Là dépêche du 2i mars. — C'est Le Courrier du soir, de M. L. ChambeJlant.
97. — L'ÉCHO DU PEUPLE, par Alplionse Vernet. — Du 9 avril, dit la Physionomie de la Presse^ qui en donne fextrail suivant:
« Courage, Ledru-Rollin ; en un jour voœ avez pris des dimensions colossales ; la chose publique a fait un pas de géant. La nation vous regarde ; les républicains espèrent eu votre patriotisme fervent et éclairé ; ils sauront secouder vos efforts. »
98. — Le FA19AL iLËPUBLiCÀiir, édaireur du peuple souverain, par Jules Mauviel, ouvrier du socialisme et candidat prolétaire, en avril. — C'est une profession <k foi dans laquelle l'anteur veut absolument que le peuple soit souverain. Eh mon Dieu ! nous aussi, nous ne demanderons pas mieux qu'il le fût ou pût fêtre ;
BULLETIN DE CENSURE
car sang doute alors il serait moÎDS ignorant et moins corrompu.
• 99. — Franchbs paroles.^ Sages réflexions adressées aux ouvriers par M. Félix Books, à propos de la diminution des heures de travail et de Faugmentation des salaires. Ce réactionnaire a le malheur de craindre que nous ne puissions plus soutenir la concurrence étrangère» et qu'en voulant travailler deux heures de moins, les ouviiors n'arrivent qu'à ne plus travaiNa- du tout. iOO. — La ûAïïtm kâtiohâub. •» Joumil qui demandait 30,000 firanee de souscription pour paraître. On devine le sort qn Tallendaît. Gérant: Levêque.