P. L'esprit national. Gérant : V
Rondy. — Ce journal veut des institutions démocratiques, l'ordre, la liberté et l'égalité. Il a peu vécu. On le disait monarchique dévoué à la maison d'Orléans.
149. —S. L'avant-garde. Gérants : Lévêque et V. Berger ; rédacteur en chef: M. L'Herminier (du Portefeuille). — La politique de ce journal révolutionnaire et sociaUste, contrastait étrangement avec le reste de la rédaction. Ainsi, dans le premier numéro on lit :
« La révolution du 24 février n'est pas seulement politique^ c'est la réaction qui le dit, elle est sociale. Voilà sa force, et c'est en quoi elle se rapproche plutôt de la première révolution de 1789 que de 1850. Ce n'est donc plus, et il n'y faut pas penser, l'avènement d'une classe privilégiée, c'est l'avènement de toutes les classes, la vraie, la grande démocratie, »
Et plus loin :
LA RÉPUBLIQUE ET LES RÉPUBLICAmS.
« Citoyens gouvernants, représentants, gens de finances, de plume, de robe et d'épée, à notre tour maintenant, deux mots, s'il vous plaît.
« Nous vous connaissons de vieille date: les grands mots et les grimaces tricolores ne nous en imposent guère.
« Vous grimacez mal les vertus que vous ne connaissez que de nom.
a Prenez donc garde ! votre masque se déchire; on voit déjà votre orgueil et votre rapacité.
a Criez bien fort : Vive la république! ceinturez-vous d'écharpes tricolores à crépines d'or.
BUU4ETÏN m CENSWR,
«Endossez, pour la circonstance, vos bottes les mieux vernies, vos gilets les plus blancs, vos ft'acs les plus noirs.
c( Bondissez votre prunelle bordée de rouge^ ombragez-vous la face de vos sourcils, relevçz le menton h l{i hauteur du front.
« Très-bien.
a Campez-vous sous l'Arc-de-Triomphe, sur un trône d'ppéra; distribuez des drapeaux, et faites déûler quatre cent mille hommes d^y^Pt vos majestés provisoires.
« Les sots voua appljiudiront à tout rompre, Ge sera fort divertissant.
tt Làcbez vos petits discours k jets contiqus ; si les hommes se laissent conduire par le nez n'oubliez pas qu'ils se prçnpent par les orçilles,
a Prêchez Tégalité et la fraternité; mais quft cela ne vous empôcjie pas de vous goberger dans les palais ministériels, de vous voiturer dans les carpsses de la cour et dç vous accouder sur les loges royales.
« Les ateliers .sont fermés, les magasins déserts, les fonds cachés, les ouvriers chôment; quHmporte cela ! En chasse, messieurs du provisoire ; allons, avec les citoyens Gamier-Pagès et Pagnerre, courre le cerf à Chaniilly. f es chiens sont ardents, âprps à la gueule ; la bête est grasse, la curée sera plantureuse*, en chasse, messieurs !
a Faites grand bruit, vivez au large; insultez à la misère du haut do votre vertu nourrie à quatre services. Vou§ aimez le peuple? ce bon peuple, si facile et si JDête, toujours prêt à crier vive n'importe qui ! à bas n'importe quoi! Vous avez le ventre déjà, c'es^t quelque chose, la fête et les bras viendront plus tard,
<c Changez les mots, la révolution est là tout entière. Au lieu de monarchie, mpttez république ; liberté, égalité, fraternité, au lieu de liberté, ordre public ; et ce qui était il y a trois mois un scandale, gaspillage et corruption deviendra patriotismeet dévouement.
« Je vois bien une république affichée sur les murs, trônant à THÔtel-de-Ville ; où sont les républicains? >>
Bans le deuxième numéro nous trouvons, l'un à la suite de l'autre, ces deux articles:
LES ÉLECTip^^, .
(c Les journaux légitiniistes, dynastiques, les républicains classiques, les réactionnaires crient : victoire! sur toute la ligne; les élections sont excellentes, Içs çrpds prtaçipçs d'ordre et dft
conservfttiou professés p^r {# ^atitmi^ trionH
phent par toute 1« Friince,
« Aux Ai^VB^Î oriept les Boei^lietes, noui sontmes trahis ; la réaction triompha, pendant que M. Lamartine, enivré do Bon éloquancA, cache son front poétique dans les nuages deç pé* riodes harmonieuses de ses discours tricolores ; \^ révolution e$t esc^n^otée en Franœ» v^iupue en Italie, refoulée en Angletçrro, ^cra»4e m Auf triche et en Pologne.
((C'e^t vrai; mais le mal une fpi^ poqstatë, laissons les jérépaiades et \^ laipeiita^ÎQns B\n faibles, Lft vérité n'est poiç^t d£|i)$ c^^ féçrim'h nations.
« La majorité ministérielle, dr^ps^e pt (i^çonuée à toiUes les roueries pftriPïnentairçs Uu régime cgnstilutionnel, cept mille sol^at§, quatrevingt mille gardes nationaux, |e prestjgie do k royauté, la corruption puisant à pleipei main dans les çûfTrcs de l'Etat ^'pnt pas ref^rcl^ |a révolution,
« Que feront donc neuf cents députéi^ inconnus les uns aux autres, pour la plupart é(rangprs à la pplilique, brusquement arrachés i h torpeur départementale et jetés au milieu de notf^, atn^ospbôre révolutionnaire? »
LKCITOYIÇN ï-ÇPftU, POUBQyOI HO¥<f<|N?
« La généalogie de M. Ledru-Rollin est as^^s^z connue, Pieu merci, et son origine a do quoi satiîijfaire les exigeppes (es plus plébéiepne».
a I] a eu le bonbeurde ne poipt descendre d^ ces vils l^ourgeojs enrichis à vendre dp |a limo" nade, du paiu d'épice et des gijpts de (Iqnelle. Son père, le citoyen Ledru, pas Rollin, s'est illustré sons le nom de Cornus. Les têtes couronnées devant lesquelles il a été appelé à tr^vaillep lui ont laissé, pour gage de leur admiration royale, plusieurs tabalières enrichies de portrait^ et de çliamants que le cjtoyen ministre a conser-» vées avec un som qui fait le plus grand hpppeuF à sa piété filia}e,
((L'illustre Bosco et aujourd'hui l'étonnant Robert Houdin, ne parlent qu'avec une touchante admiration des succès de l'immortel Comus. I^es artistes dramatiques, chantpurs, danseurs , prestidigitateurs , etc. , généralement connus sous la dénomination générale et pittoresque de saltimbanques, sont donc assqré^ de trouver dans le citoyen ministre de l'intérieur plus qu'un protecteur: un père.
« Seulement, nous le disons franchement, una chose embarasse singulièrement les amjs du citoyen ministre de l'intérieur,
REVUE DES JOURNAUX
c( Pourquoi a-t-il ajouté à sou nom Ledra la lermiDaison Rollio ?
— «RoIUq est le nom de sa mère, je suppose«
— «Nullement, Mi^LedrajOU Cornus, était, si je ne me trompe, une demoiselle Reverchon, morte en 1835,. portière, rue du Petit-Mouton,
— a Alors, pourquoi le citoyen Ledru s'appeile-t-il Rollin ?
— « Franchement, je ne. saurais vous le dire ; mais, après tout, qu'importe au salut de la République?»
Voici encore quelques fragments du 5*^ et dernier numéro :
A Aujourd'hui, c'est triste à dire, mais la démocratie n'est ni dans nos mœurs, ni dans nos iiabitudes ; l'aristocratie est partout.
« Exemple :
« Les portiers veulent être concierges ;
tt Les huissiers, oHQciers ministériels ;
« Les comédiens, artistes dramatiques ;
« Les épiciers sont entreposilairea de denrées coloniales ; .
« Les marchands de vin font le commerce des vins :
a Les cafetiers sont glaciers ou limonadiers ;
« Les journalistes, écrivains et gens de lettres sont publicistes ;
« Les perruquiers s'intitulent coiffeurs.
a Les juifs sont banquiers ;
ft Les apothicaires sont devenus pharmaciens.
« Si le mépris est devenu une des bases fondamentales de la société, c'est que le mépris est justifié ; car enfin, quand tout le monde a tort, tout le monde a raison, disait Mirabeau
« Après tout , l'aristocratie de l'argent est peut-être la seule juste et la seule raisonnable, ù condition qu'elle représentera le travail capitalisé ! »
Ce journal s'était amusé à dresser le bilan de l'administration du gouvernement provisoire.
Voici ce qu'il dit pour M. le ministre de l'intérieur ;
« Ledru-RoUin. — Révocation de tous les fonctionnaires administratifs, proclamations, circulaires, bulletins ministériels, airsoption en deux mois :
1<3 d'un premier crédit de 900,000 fr.
2» Pour fonds secrets :
D'un crédit de. ... 500,000 fr.
1, 400,000 fr.
« Envoi dans les provinces de ces commis*
saires que tout le monde connatt, et dont on sait les heureux résultats. »
Enfin, terminons en extrayant de ce journal la fin du manifeste de la Société républicaine centrale sur les événemens d3 Rouen ; ce document doit être rare maintenant, il convient de le conserver:
« Justice, justice des assassins !...
« Nous demandons :
« i° La dissolution et le désarmement de la garde bourgeoise de Rouen ;
« ^ L'arrestation et la mise en jugement des généraux et des officiers de la garde bourgeoise et de la troupe de ligne, qui ont ordonné et dirigé le massacre ;
(( S*" L'arrestation et la mise en jugement des soi-disant membres de la cour d'appel séides nommés par Louis-Philippe, qui, agissant au nom et pour le compte 4^ la faction royaliste victorieuse, ont emprisonné les magistrats légitimes de la oité, et rempli les cachots de républicains ;
« 4<' L'éloignement immédiat de Paris des troupes de ligne, qu'en ce moment même les réacteurs dressent, dans des banquets fratricides, à une Saint-Barthélémy des ouvriers parisiens.
« Pour la Sodélé républicaine eeniraU^ Us membres du bureau :
« L. Auguste Blanqui, président;
a C. Lacambrb,D. M. P..., vice-président ; ^
«Flotte, trésorier;
« Pierre Béràud, Laboué, G. Robert, secrétaire;
« Lachàhbeàudie, Groussb, Pojol, Javelot, jeune, Brucker,. Fomibrteaux, membres du bureau. »
L Avant - Garde n'était point boqa^riiste comme le dit la Physionomie de la Presse; niais de l'école de la fantaisie politique.
150. — P. L'opuvion publique.— Rédacteur en chef: M. Alfred Nettement, pour la politique, et M. A. de Pontmartin, pour la littérature.— Jourtial franchement légitimiste, nmiaqui franchement aussi voulait laisser iaira L'expérience de la République. —Nous empnmteitHiB au premier numéro, devenu rare, les peaiages suivants :
« Dans ce qui se passe en France, rien q[ue de logique et de naturel. En juillet 1930, deux combinaisons, on s'en souvient, étaient en présence : le Palais-Bourbon uni au Palais-Royal et THôtel-de-Ville ; la combinaison du Palais-
Bourbon et du Palais-Royal, c'est-à-dire celle d'une royauté bâtarde, fondée surFadultère de la moq^rcliie avec le principe de rinsurrection, et appuyée sur la petite aristocratie de la médiocrité, a passé la première. Elle a vécu ce qu'elle avait à vivre, en faisant chèrement payer à notre honneur et à nos intérêts les plus chers son existence malfaisante et son règne égoïste. Qu'elle n'accuse personne de sa mort, que personne ne se vante de l'avoir tuée ; ce n'est point par un meurtre qu'elle a Uni, c'est par un suicide. L'égoïsme l'avait isolée au milieu de la nation, la corruption avait pourri sa base : au premier choc de la colère populaire, elle est tombée. Sortie des barricades, elle a fini par les barricades. Le principe de l'insurrection qu'elle portait dans son sein, comme un volcan assoupi porte la lave dans ses profondeurs, s'est levé contre elle au jour préparé par la marche des événements et marqué par le doigt de Dieu, et justice a été faite. La phase du Palais- Royal uni au PalaisJJourbon étant ainsi terminée', nous avons vu commencer la phase de l'Hôtel-de- Ville, pendant dix-huit ans suspendue. C'est le progrès naturel de la situation, et. la seconde épreuve venant après la première. Cette épreuve vient de traverser sa période dictatoriale, dans ces deux mois de gouvernement provisoire , singulier mélange de services réels, de fautes de tous genres, de bons sentiments, de mauvaises passions, d'actes de Modération, d'actes d'arbitraires; elle entre par l'avènement de l'Assemblée nationale, dans sa période légale et réguhère. La quasirroyauté du Palais-Royal, moins redoutée par les intérêts, a passé d'abord, et l'épreuve a été contre elle ; le tour de la République de l'HÔtel-de-Ville est venu. Nous sommes dans un de ces moments solennels oii une nouvelte idée vient d'être placée dans le creuset de k'Iiigtdre j h France attentive et recueillie se penche, surveille le travail des principes et attend.
« Nous sommes, au dehors, avec l'esprit de progrès et de liberté, contre la politique de l'immobilité et du statu quo. Nous sommes pour la caiwe du droit national, contre le fait de la conquôtftet de l'oppression. Nous sommes avec les priaelpea de l'ordre social, contre la passion de l'ordre révolutionnaire, semblable à Samson, lorgqute, aveugle et furieux, il ébranle les colonnes du temple jusqu'à ce qu'il le renverse, sauf a demeurer enseveli lui-même sous les ruines avec ses ennemis.
BULLETIN DE CENSURE
a Nous demandons, au dedans, que l'épreuve de la République, soit faite, non pa:? tant parce que nous ne pouvons l'empêcher, que parce que nous croyons qu'il est utile, qu'il est nécessaire que la France aille au fond de ce mot. Mais nous demandons qu'on sorte des réminiscences des temps qui ne sont plus, qu'au lieu d'innover avec des souvenirs, de ressusciter avec une superstition puérile les noms et les choses du passé, on présente des idées nouvelles, et qu'on nous donne en 1848 une République qui ne ressembla en rien à celle de 1793.
« Nous pensons que les bomraes de la droite doivent apporter loyalement leur concours pendant celte épreuve, qu'ils doivent approuver tout ce qui est bien, combattre sans ménagements timides tout ce qui est mal, appuyer et réclamer toutes les institutions politiques nécessaires ou utiles à la liberté ; appuyer, revendiquer toutes les institutions qui peuvent faire descendre le sublime principe de la fraternité chrétienne dans la vie sociale. Nous -pensons qu'ils peuvent et doivent agir ainsi sans abdiquer en rien leur foi politique, sans cacher leurs profonds et inaltérables attachements, sans renier leurs principes, en dissipant tous les mensonges, en répondant à toutes les calomnies.
Nous croyons qu'ils doivent démasquer les comédiens,) faire connaître au peuple ses véritables amis, défendre l'indépendance des provinces avec leur noble et courageuse presse contre l'abus de l'influence parisienne, tout en maintenant soigneusement l'unité politique de ce grand pays. Point d'apostasie, point de concessions timides, point d'émigrations à l'intérieur, point d'opposition partiale et passionnée, point de silence complaisant ou de connivence coupable : la vérité à tous, sur tout, l'intérêt de la France avant tout. Voilà le programme de l'opinion publique. »
Comme ce journal n'a pas cessé de paraître, nous pouvons nous dispenser de toute appréciation. Les lecteurs seront toujours plus contents de leur jugement que du nôtre.
5 Mai.
151. — Le FLANEUR. — Ce journal, qui n'a eu qu'un numéro, contient quatre articles signés J. M. Il est lui-même paraphé J. Montaigne. Ce n'est point un canard, comme le dit la Physionomie de la Presse ^ et pour preuve nous donnerons l'extrait suivant:
« Sous le pouvoir détruit, nous étions de ceux qui s'étonnaient de le voir se consolider, en ap«
parence, non pas dans le ccear, mats dans Tesprit français. N§us nous demandions s'il en était fait de notre honneur, dfe notre susceptibilité nationale, et si, enfin, ce régime, après] nous avoir abreuvés de toutes les misères^ de]
REVUE DES JOURNAUX. 48
journal. C'est peu sans doute mais les canards ne donnent même pas cela.
4 Mai.
132 — P. Le couRKiER de paris, dss rfrf-
nous avoir abreuvés de toutes les misères, oei ^^^^^^^ ^^ ^^ l'étranger. ^Tué par la loi toutes les hontes, devait se cimenter par notre K^^ j^^ cautionnements. Journal modéré qui
s'imprimait le matin et qui donnait à onze heu
lâcheté et notre inertie. Nous nous demandions si désormais les maîtres de notre patrie allaient être l'or, l'injustice et le charlatanisme.
« A ceux qui semblaient ne point voir de raisons suffisantes pour motiver un de ces orages qui ébranlent les nations et enseignent le monde, nous disions : Insensés ! Regardez 1 la crainte est sur tous les fronts, la souffrance est dans tous les cœurs, la malédiction est dans toutes les bouches. Honte à ceux qui sanctionnent, par leur indifférence, un pouvoir qui ne vit qu'en nous dépouillant de notre conscience et de notre diênilé ! Ah I si le sol français peut féconder la bassesse... tremblons!... Mais ne croyons jamais qu'il c'est pas de raison pour arrêter les ravages des misérables qui traliquent de nos biens les plus sacrés, à la face de tous, à la face du eiel.
a Voilà ce que nous pensions, voilà ce que nous disions sous le régime de turpitudes politiques, morales et religieuses.
<t Cela dit, et voyant à l'horizon des choses qui, malgré nous, attirent notre regard et semblent dire à tous: Debout et à l'œuvre! Nous demandons, nous cherchons, comme tout fils d'une noble mère, une place sous le soleil de France, une place sur le sol natal, où nous puissions déverser notre amour pour tout ce qui est grand et beau, où nous puissions flétrir tout ce qui est bas, impie ou insensé.
« Fils du peuple, fils de France, fils d'hommes libres, nous parlerons à nos frères après avoir pris pour devise : Esprit d'amour, de con cihation et de patriotisme. Nous leur dirons comment nous comprenons nos devoirs ; nous les initierons à nos pensées, à nos désirs.
« Pauvres et sans autre ambition que celle d'aimer et de servir notre patrie, nous failUrons devant aucune personnalité politique. C'est fiers et jaloux de notre libre arbitre, que nous émettrons nos louanges et nos censures, persuadés et convaincus que les tenfps sont venus où il faut parler haut et ferme, sans autres égards que ceux exigés par l'ordre, la justice et la vérité. )i Voilà tout ce que nous avons trouvé dans ce
res les nouvelles apportées par les malles-postes. Rédacteur : W. Duckett; administrateur : Ernest de Vincens.
153.— P. Là séance. Rédacteurs : Auguste Lireux, Louis Lurine. — Petite feuille qui devait donner chaque soir la séance de l'Assemblée nationale, rien de plus. Nous trouvons te passage suivant dans le premier et unique numéro :
<i Au premier pas, au premier moi de l'Assemblée nationale, la révolution finit dans le gouvernement : la République commence dans l'État.
a Dans toute* les dictatures, même dans la dictature de la liberté, il y a quelque chose qui ne veut pas que la discussion soit toujours libre : on la tolère bien plus qu'on ne L'autorise.
« Aujourd'hui, voici l'assemblée nationale; la corde est brisée! la discussion reprend toute sa puissance ; les citoyens s'appuient sur les représentants du peuple, et la presse s'étaye de la tribune.
« Désormais, les écrivains qui n'oseront point penser tout haut la main sur la conscience, seront des niais dMiabitude, des républicains de métier ou des trembleurs de naissance ; les derniers nous paraissent les plus nombreux : ce sont les épileptiques de la liberté.
« Nous ne faisons point le commerce du journalisme ; nous ne tremblons guère, nous croyons à notre intelligence, et nous n'appartenons pas à une famille que le passé a léguée au présent pour se venger : nous voulons parler de la famille des rongeurs. »
1S4— S. Bulletin du club de l'égalité. — Journal-affiche qui n'a eu que trois ou quatre numéros.
5 Mai,
188 — S. Là prbsse du peuple. — Journal de lew, mais principalement d'un ambitieux sans talent, sans capacité, ancien rédacteur du Bon sens.— 'li dit et il prouve par lui-même que la bourgeoisie-est ignorante, ingrate et corrompue. — Gérant : Pourrat-Alof.
BULL£Tm DE CENSUM.
156.— La Faulli.— Revue oioisueile de^ venue ou plutôt qui voulait devenir quotidienne.
— Rédacteur : M. Lamartinière , c'est un dirainutif de Lamartine.