‹ La presse de 1848Chapitre 34 sur 118 · AU PEUPLE · texte numérisé non relu

AU PEUPLE

« Souviens-toi que tu es le seul souverain et que tes représentants sont tes cowntw. Ils ont violé le mandat que tU leur as dontié^ en te forgeant de nouvelles chaînes en prolongeait ta misère pour te faire maudire ta répuljlique de février. Ces mnrehands tiennent dans leur arriète^boutique des prétendants hotiieuè, des mannequins au moyen desquels ils veulent te l'escamoter. Mol, qui t'aime et qui veux à tout prix ton bonheur et ta dignité, je t'appelle à signer une ptotestaiion solennelle contre cette loi Uberticide qui t'usurpe le DROIT DE RÉU- NION, conquis sur tes barricades de février. Je f en avertis, cette nouvelle loi contre lés clubs tn t^teitt air» ou f^milbni des «toy^tiè pauvre

fWS S60Rnw9 I^^^H^Rh wil^6nl]^MMPnCt),

BbrfMB^ en porfKtiiibs les wftffifis lok de tep- (embra 1935^ teventées par i^boRonèta M.

Thiers, ton ildiivea« ^Êmmis. »

On voit que les autetirs de cet Ignoblô pam^ phlet Ibnt parler Napoléon ltii»BièifaO) vasà séraitHÎl bien étonné de s'entende dintit ;

« Déjà la liberté de la pmssB a ffiifak votre contact; hier, vous ivet atteint le âroit d^assoeimim\ aujourd'hui, voua vieleile DRCMT D£ RÉUNION. Domain^ que ferev«vou8? Yotis.;...

relôveret réchalknd ! MaHteureiix ! ne vous aouvient-il plus du VINGT-QUATRE FÉVRIBR?

Le peuple, votre mettre, vous ehassera, comme il a chassé la corruption, votre idole. Et toi, peuple, lorsque U$ cêmmiB vident le mandat que tu leur as donné, souviens-toi du drmpeau rmiya du Ghamp-^e^Mars etdUeourage de tes pères en 4798. >»

SS8 — S. Lb BOtifBt BouGBi drapeem des sans-culoUmi rue des Boucheriee^Saint^ermain, 52.

(( San8H3Ulottes! Savez-vous ce quo signifie ce nom*là? Il eitprime le patriotisme et le cou^ rage dans la misère et avec la faim, le civisme sous les haillons. Ce nom fût d'abord une injure que les aristocrates de 91 jetèrent dédaigneusement par dessus l'épaule de nos pères déguenillés. Mais oeux^à mêmes qu*on voulait insulter surent biontdt ennoblir le mot qui devait servir à l'insulte, et s'en fiaire un tith» glorieux; lis avaient déjà pris la Bastille et a'étairat déclarés les champions de la liberté naissante.

tt Enfin, les sans-culottes prirent un jour les Tuileries comme ils avaient pris la Bastille, et eurent ainsi l'honneur de porter le coup décisif au vieux monde des nobles et des rois^ ear ce jour-là ils s'assirent eux«mômes sur le trône Vermoulu des Capet, et ce lût comme l'installation grotesque et solennelle de la souveraineté populaire , dans la France désormais républicaine. Alors le nom dé sans-culottes ne fdt plus Une injure, mais un éloge, et souvent vousmêmes, si les aristocrates d'aujourd'hui vous disent encore votre nom révolutionnaire avec l'intention d'une injure, répondez aux fkquins qu'il vaut mieux avoir un noble cœur sons une blouse en lambeaux, que des habits tout neufs et bien entiers, et rien dessous;. «. ou pas grand chose ! «

239 — P. Jacques bonhomme, journal honnête, modéré et bien féU «^Gérant : J^ Lobet. »Ën voici un extrait:

RllVtJÉ toÈâ IOt3RîfA«X.

fi

« Mm^s /Mhff ^ Je mameim par Sit^»

pottr |^T«thr Mt» é^ivoqtfe^ qtlé Mg^êi fnPrê, s^ikp^l^éM âUx éhoses hmiiièted, TÈtàt étant fflâtittté {M^séh)«tit poitf emliêGhe^ lëls choses dëëbdti&êtes<i

« Qéiû po&é, et ^ant attx: choyés iiitk)oe»fc«6 par elles-mêmes, comme le travail^ réehàiige^ reaMtUtiëineDl, FiissdelAtioil, la banque, èHci, il faut pobHittlt opter, Il font que TEtftt /«^im /HCIHI on «mfi0ilA# de f&ift.

« 8MI MM fafN, hous serons iibres 0t éeo* nomiqtfomc^t adminteirés, rien né eo€ttântttioin^ qu6delMè«^/btf^^.

« 8'H émpéékê éé fêiti^i tnalhnor à notre liberté 01 à notr« bottr^e, cfil- pour mpéelm U faut ûéÈ igentSj et pour iitoir de» agents il fmt de rargënt.

« A ceiiii les sooialtstes disent : taisèes fUirë! Mais c'est une horiieUr. — St pourquoi s'il tous pliât? -^ Ptkfté que quand on les laisse fairof les hommes font mal et agissent contre leurs intérêts. Il est boii que FEtal les dirigé. i»

Voilà qui est platsftnt! Quoi! tous avez une telle fbl dans la sagaeité humaine que tous tou^ lez le iUffM^e univérêi^l et le gouvernement de loUà par tMè»i et puis, ces mêmes hommes que vous jugoz aptes à gouverner les autres, vous les proolamet Inéptës à se gouverner euxmêmes!

i3 Juin.

340* -^ L« NAPoiÉO]«»N. --^ Gérant : J.-^Ë. Bérart; — - Journal insignifiant et nul qui espérait sans doute devenir Torgane du parti napoléonieUi

44 Juin.

i41 ^ P. La toAivcB. -« Le spécimen est du 2 juin, nous y lisons :

a Le peuple est souverain, et déjà il a les inconvénients de ce titre en attendant qu'il en ait, sll le peut^ les avantages. Les flatteurs qui vi?entaUx dépens de ceux qui les écoutent, après avoir donné le dernier coup de pied aux rois tombés, se sont tournés du côté des forts.

a Qr✠à cette tactique, il n'est plus qu'un mot émouvant et sonore, c'est celui de piitplb. Tout homme qui s'adresse au public, s'institue mandataire du peuple, son commis, son valet.

On se fait plus humble que les humbles, plus petit que les petits. Les journaux^ en grande partie du moins, sont des encensoirs quibrC^lent au nex du peuple un parfum qui n'est pas toujours pur, mais qui enivre les cerveaux faibles. Orateurs, philosophes^ éoriviinSi de Tantiquilé,

ô tous qui osléii^ âtfas l*ln(ém de vOs dliloijftlès et dé la véHtéi ihfligêr lo blftme imk dëfâtits nombreux de notre J)aiivre hUïttaîlitéi que dl^ riez-vous d'ehtendrô lOUer saris festrietiottis toute Une classe d'hoînfnes et lit plus noinbreuset La Fontaino^ redisions ta fable i

« Toqi leg geqs quervU^ors, jusqa'aax »iinple« màtiai, ••. Aa dire de chaoûa, éuient de petiU tainls. »

a Tehant beaucoup à éviter ee travere^ nmis avons, jusque dans le titre de dotre journal, répoussé toute espèce dé préférenoe poui^ une classe de la société, une fraction du payé ; ce qu'il nous faut^ partout et toujours^ e^est une indépendance entière.

a Gomment peut^n être juste et vrai quand on s'intitule : L'ami du peuple^ U Reptéêemani du peuplB^ VEÈprii du pattple, Is Bùn 9inà du p0ttp/e, Ib Pnpuiairf, etc., etc.?

a Dieu nous garde de tomber dans une telle partialité! Notre journal s'appelle la Franoe, il n'est pas plus l'anli du peuple que des bourgeois; le représentant de l'aristocratie^ que Oelui de la démocratie. La patHe ne renie aucun de ses enfants ; les uns ont fait sa gloire, les autres sa puissance. La diversité d'aptitudes et de foncitions est une loi de la nature, u

Vers le mois d'août, ce journal s'appela la France du dist^nBUvième siècte; sa Couleur était très^pâlc; je dirai presque blanche*

S4S ^ P. Lb bonapartiste républicain^ journal très«vague, dévoué à Un homme plutôt qu'à une idée. *^ Il vèbt la république honinête et modérée. ^ Gérant : A. Taquet.

245 — ' P. Le petit-fils su pèrb BUC&Êi!tB, ta patw non Miê filius, ^ Journal bien fait, bien pensé et bien écrit. En voici un extrait :

tf YoUs m'appelez votre maiire, messieurs, dirait le père Ducliène; eh bien! dans mon temps, je n'aurais pas voulu de vous pour décrotter les sabots de ma servante, que j'ai épousée à la face du soleil, ayant pour prêtre l'humanité et le gazon pour autel ! Moi, j'étais terrible par moi-même et par les autres; je traînais à ma suite un peuple nouvellement réveillé par tous les crimes de la parole, du sophisme, du meurtre ; un peuple avide de nouveauté, et rendu féroce par cette nouveauté même ; j'étais comme lui un brutal, un barbare, un furieux; nous portions les mêmes sentiments obscènes dans la même vengeance ; la l'Ile était notre domaine, nous aimions à m\ii v«utrer déni eette Ifinge sangUuite^ enfiint# du

BULLETIN D£ CENSURE

sang et de la fange; nos femelles partageaient nos instincts ; nos petits se mêlaient à nos fo^ renrs ; nous avions tant de choses à souiller, à détruire, à abattre, depuis le berceau de Tenfaut jusqu'au tombeau du vieillard ; depuis le velours du trône en lambeaux jusqu'aux sommets des tours de Notre-Dame. C'était le bon qnart-d^henre de Forgie politique, c'était le bon moment de Ik curée, le vrai jour du vrai Père Ëhtehénê; nous avions la sagacité du chien, la faim du loup ; et moi, j'étais le limier qui menait toute la bande en hurlant.

« Mais vous, qui ètes-vous, pour toucher à mon arsenal d'invectives? de quel droit osezvous m'empninter mes folies furieuses? et nonseulement de qnel droit, mais en qnel moment? où sont les seigneurs à renverser? ad se cache la fédoalité? quels châteaux-forts, quelle bastille, quelle race royale, quels propriétaires à dépouiller au dedans? quels ennemis à arrêter au dehors? J^ai beau chercher! parmi les bonnes gens qui écrivent le Père Buehêne de iS48, je ne vois que des enfants qui se font peur à eux-mêmes, des fats en bonnets rouges brodés par les mains de leur maman, et qui se cachent de papa, pour écrire le Père Duekéne avec de l'encre de la Petite-Vertu.

« J'ai beau chercher les choses et les hommes destinés au renversement de 1848, je ne trouve rien qui puisse exciter nos colères. Quand "du pense que vous n'avez pas d'autres aristocrates qne M. Ledru-Rollin ou M. Crémieux, on est tenté d'éclater de rire ! Quand on voit que votre royauté repose sur la tête fortunée de M. et M"" Flocon, on est tenté de se demander pourquoi vous publiez le Père Duehéne^ sinon jiour rire. Je cherche en vain des comtes, des marquis, des vicomtes; je ne vois que le duc Pasquier et le comte de Salvandy ! Est-ce qu'au fait le Père Duehéne peut empêcher M. de Salvandy d'être un comte, si ça l'amuse? Est-ce qu'au fait le Père Duchénê peut forcer M. Pasquier de s'appeler Pasquier tout court, comme son père et son grand-père, s'il remonte jusque-là?... Vous nous la donnez belle avec vos réformes; mais cette société que vous voulez réformer, elle est réformée depuis cinquante ans, et du haut en bas ! Je ne vois que des bourgeois, des ouvriers, des travailleurs» et à la place de ce clergé tout-puissaut, de ces moines, de ces princes, de ces grands propriétaires qui fatiguaient la France du poids de leur oisiveté, que vois-je, sacrebleu! que vois-je? une répu-

blique divisée «i coït traite-deux miUiûns de petits morceaux de terre, sept miUions cinq cent mille foyers, ayant chacun sa fiunille, son jardin, son champ de blé ! Ne sont-ce pas là des aristocrates bien dangereux, et cela vdait-il la peine de tirer le vieux Père Dwbéne de son tombeau? i»

Voici maintenant comment ii s^exprime à propos du fiunenx banquet à 35 centimes.

a Un dernier mot : Est-il bien adroit, bien politique dans ce banquet de vous séparer des autres classes? Vous demandez l'égaiûé, et je vous vois sans cesse proclamer l'exclnsioa ; c'est mal, c'est vouloir la désunion, c'est provoquer la lutte, c'est appeler la guerre civile. Elle ne vient qne trop sans qu'on l'appelle, vous le savez aussi bien qne moi. Il n'y a pas que des ouvriers sur la terre et dans la société ; il y a aussi des savants, des artistes, des poètes, des philosophes et même des bourgeois^ ce que vous n^êtes pas Saches de devenir, et vous avez raison, dès que vous pouvez allonger vos vestes. Voue m'invitez à mal dîner sur l'herbe ; moi, je voudrais pouvoir voua inviter tous au Calé de Paris. Allez, messieurs les commissaires, la réserve, les bonnes manières, la tenue, le silence, l'ordre, la commodité, les plafonds dorés, les sièges élastiques, le filet au madère, le vin vieux, valent bien les coups de soleil ou la pluie. Désirez le mieux, et vous y arriverez en passant par le bien, anquel vous avez dioit, comme tout le monde. Pour cela, il faut, pardonnez-moi l'expression, renoncer à votre hypocrisie, ne plus i vanter sans cesse le médiocre et le bas, lorsque, comme toute créature humaine, vous ayez dans l'âme le sentiment du beau et du grand. Tout est en vous, la pensée et l'action, les grandes vertus et les nobles dévouements, la force et la justice. Vous êtes la mine inépuisable d'où l'on tire sans cesse les grands hommes et les grandes choses^ Pourquoi ne vouloir dans cette mine que la boue et jamais l'or? Pourquoi écoutezvous ces empoisonneurs de morale qui vous rendent fous et furieux, en chatouillant en vous les mauvais instincts et les passsions mauvaises, espèces de marquis de Sade de la politique et de la raison? Votre avenir est en vous, votre amélioration est eu vous, votre bonheur est en vous. Prenez le temps pour auxiliaire. Vous êtes fatigués d'attendre, dites-vous? Est-ce que nous n'attendons pas tous? Si la bourgeoisie vous fait ombrage» croiriez-vous, par hasard, lui être un voisin fort agréable? Cependant vous ne

REVUE DES JOURNAUX

pourrez jamais vivre Fun sans Fautre. Aimezvous donc» non pas de cette fraternité peinte en noir sur les murs par le grand M. Gaussidière, ce Franklin du pétard, ce Washington du lampion, mais de cette fraternité chrétienne, universelle, invisible, mais réelle, que n'ont pas inventée les rédacteurs du National, lesquels n^ont pas encore pris la place de Dieu, la seule place qu'ils aient respectée, parce qu'elle est sans appointements.

a Votre banquet a donc tout Fair, à votre insu, d'une vengeance du fromage sur le rôti, avec vos ouvriers, vos prolétaires, votre égalité et votre, fraternité. Mes amis, on ne refait pas le passé, si toutefois Fon peut dans une certaine mesure préparer et améliorer l'avenir.

Voyez ! on a essayé du drapeau rouge, où est le drapeau rouge? du bonnet phrygien, où est le bonnet phrygien? de l'ignoble tutoiement, où est le tutoiement? ces vieilles et laides choses sont mortes, bien mortes, très-mortes. Guerre à leur cendre ! Vous vous moquez de la perruque, de la canne à bec de corbin, des culottes courtes, de la poudre et des mouches ; mais ce n'est pas plus suranné que vos banquets civiques et vos arbres de la liberté ; autres perruques. La liberté est comme la santé, dès qu'on s'en occupe, on n'en jouit plus. Ne soyez pas les hypocondres de la liberté.»

Nous aurions voulu pouvoir reproduire tout entier ce journal plein de vérités utiles, de bons sentiments et de sincère amour pour les classes pauvres.

ibjuin.

244 — S. Le volcan, par la citoyenne sans pfur, mais non sans reproches. — Chaque article de ce journal s'appelle lave, c'est bave qu'il faut lire; en voici un échantillon :

a Le citoyen Louis Blanc, aidé du citoyen Albert et d'une foule de citoyens dévoués, ont tenté une régénération profonde de la société. Les temps n'étaient pas mûrs, à ce qu'il parait. Dès le premier coup de marteau frappé contre le vieil édifice, les animaux immondes de tous genres qui y menaient joyeuse vie se sont émus et ont assourdi les airs de leurs clameurs. La difficulté de la situation consistait dans Fimpossibilité de faire table rase et de réédilier à neuf. Un seul n'y pouvait suffire, et peut-être même le citoyen Louis Blanc n'avait-il ni l'expérience ni la fermeté nécessaires pour mener à fin une aussi formidable entreprise. Gloire à lui, du moins, d'y avoir épuisé ses efforts ! U y a gagné la haine

de la haute et grasse bourgeoisie, et une demande en autorisation de powsuites, permise par la commission executive, autorisée par le ministre de la justice, accordée par la commission de FAssemblée, et refusée, non sans incertitude, par cette Assemblée ; mais on ne prescrit pas contre la justice. La misère s'accroît de jour en jour; le sentiment en devient plus vif, le remède se découvre de plus en plus, et le temps n'est pas éloigné où Fon sera forcé de convenir qu'à y a quelque chose à faire. Ce n'est pas au citoyen Bûchez ni à sa mystique école que nous aurons alors recours. Notre confiance pour une secte dont le premier principe est la répudiation de la raison humaine en philosophie, le pouvoir du droit divin en politique, Fultramontanisme en religion, ne sera jamais entière. Nous arborerons le drapeau d'une large et franche démocratie. Ce n'est pas le passé, c'est Favenir qui nous servira la manne dont nous alimenterons nos âmes. P. Leroux, L. Blanc, Vaulabelle, P. Véry, G. Sand, Proudhon, tels seront nos apôtres. »

Le citoyen Bassignac, rédacteur de cette feuille, nous paraît bien nul, mais aussi bien coupable. U est de la race de ceux qui veulent le désordre pour le désordre et le mal pour le mal.

245 — P. Lb petit caporal, journal modéré, mais insignifiant ; nous n'y trouvons rien qui mérite d'être lu, si ce n'est peut-être cette appréciation de la commission executive :

« Ledru-Rollin est (a basse du gouvernement;

• ArajgOy la crécelle ;

aMariCy la flûte;

« Garnier-PagèSy le piston ;

« Lamartine, la vielle organisée ;

« Pagnerre, la guimbarde.

a Est-ce un concert? est-ce un charivaii ? »>

246. — Le pavillon, revue de la flotte. Nous n'avons rien à en dire. — Le rédacteur de ce journal s'élève avec raison et avec courage contre le décret d'émancipation du citoyen Schœlcher, qui, par sa brusque promulgation, porta, il est vrai, la liberté et la fraternité chez les noirs, mais en revanche, la ruine, le pillage, Fincendie et la mort chez les blancs.

247. — Bulletin de la socité de saïntviNCBNT-DE-PAUL, chez Baillv, rue Garaiicière, 8. — Le premier numéro n'est sorti que le l^"' juillet, probablement à cause des journées de juin«

17 juin.

§48 -t- P. Mavbuic. — Voici sa profession de foi:

€ PieîA de sèle, d'audace et de fermeté, libre de tout engagement personnel, je poursuivrai la création et la garantie des institutions que notre émancipation politique et sociale nous a conféré le droit d'espérer, d'exiger ; je ne laisserai paix ni tràve aux cumulards, aux intrigants , aux traîtres, à ceux qui veulent rester en arrière des grandes journées de février, ou en pervertir la portée par des excès coupables. »

Décidément, je ne sais pas où ta Physionomie 4ê la Presse a pris ses renseignements re« lativement aux journaux. J'ai sons les yeux un numéro de ce petit journal qu'elle déclare mal Mi et contrefait et j'y trouve beaucoup d'esprit, des articles bien écrits et d'excellentes choses.

En voici la preuve :

làfBCX A L^ÀSSBMBLËE NATIONALE (46 julu).

« Ail ! chers frères en Jésus-Christ et en ré-* volutioH, si vous saviez ce que c'est qu'une As* semblée nationale, surtout l'Assemblée natio^ nale qui fonctionne en ce moment!

« Il est vrai que les avocats et les médecins y ^ont en grand nombre. Dieu vous garde des uns et des autres !

« Invariablement, la séance commence une heure et demie après l'heure indiquée.

ta Lorsqu'elle est ouverte, on se pousse autour du président pour lui foire la cour, à la tribune pour y déposer des pétitions, aux bancs des directeurs et des ministres pour leur remettre des recommandations particulières.

a Président d'agiter longtemps sa sonnette, et huissiers de crier à perdre haleine : En place ! en place ! silence ! silence !

« Chacun cause tout haut avec son voisin.

L'up court au devant de la tribune affichant ainsi l'intontion de mieux entendre la lecture interminable du procès-verbal, que personne n'écoute, ou la parole d'un orateur; l'autre y monte et dit quelques mots insignifiants ; mais son nom sera au Moniteur.

A Ves propositions se croisent, excitent le rire ou provoquent Je bruit ; elles sont appuyées ou rejetées au tumulte des yoix et des couteaux.

« On se promène derrière la chaise du président, dans le couloir du centre, danâ le pourtour: élevé des banquettes; on se visite^ on écrit aa Gorrçspp^dgpce* op va se |*alra!cbir«

« Le dernier venu donne des nouvelii^i 49

95 C§NSUAE.

dehors et s'informe, avec une quasi-in4ifféreuce, de ce qui s'est d^j^ passé dans la séance.

a C'est une goguette, c'est presque un cabaret de la Courtille.

a On se préoccupe de ses intérêts d>niourpropre ou de ceux dif parti auquel on appaitient.

« Quant à la législation qui en sort, quant aux graves rp^ures que nécessite ]a situation de la république, tout cela est d'une pauvreté sans pareille. »

LIS COMMIS BT LES SOOVBtAOfB.

« Puisque nous avons été nommés par la majorité des électeurs, c'est-à-dire dps citoyens du pays, pour constituer un gouvernement nouveau et une société nouvelle, nous sonupes les souverains de la nation.

« Voilà ce que disent chaque jour les représentants du peuple à rAssem|)lée nationale.

« Dans une démocratie, le véritable, l'unique souverain, c'est le peuple, qui a des commis^ sous le titre de représentants, pour s'occuper de ses affoires, et quMI peut renvoyer quand il lui plaît. En se disant inviolable, souveraine, une Assemblée nationale viole donc la souveraineté du peuple.

« Voilà ce que publient chaque jour les journaux du parti démocratique extrèpie, au nom des hommes qui les poussent ou qui les suivent,

« Si les souverains de l'Assemblée nationale continuent à s'envelopper de leur propre souveraineté, et si les exaltés persévèrent dans leurs prétentions à la république rouge, qui est la souveraineté de tout le mondey on doit s'attendre à nn conflit constant d'autorité, de nature à compromettre la sécurité de la république.

« Mayeux n'a qu'un conseil à donner : battezvous, embrassez-vous, et que ça finisse ! v

CASUS PBLLI.

tt jadis, lifayeux a beaucoup connu Flocon*

(( C'était une paire d'amis comme on on reucontie peu.

(( Us se voyaient souvent chez Lliérilier (de l'Ain), dans la maison de celui-ci, sise entre le quai Pelletier et la rue Plauche-MÛjray, au troisième»

ft Ueve-Weimars, Cmion-Nisas, Rabbe, Achille Bodie, Saint-É^IUQ, BorgiAet, Monglqive, et d'autres littérateurs encore inconnus y allaient aussi.

a llayeu^ éiajt W\ 4i|c vous la voyez ^uiouiv d'hui.

« Flocon était un gros garçon JQiifflu, ^i, \hhi vivant vêtu d'un^ blouse bleue qui tirait au blanc, la ^sque^te sur roreilk, et es^cellant si bieo h culotter les pipes, qu'il eût pu s'en faire aisémcwit vm sp^ialité productive.

« Il y a longtemps de pelai

a Un joqrt flopoi» ^'eauMya d'être seul, et il s'adjoienit une çoRipjigne, joufflue» ro^deIâtte et ie»n$ enfant eomme lui.

a Q(i0 les temps sont changés!

ii\h fav^ur de la république de février, Flocon eat devenu pii^istre de ('agriculture et du comiiusrcf , dew soéoialités qf|i lui sont, disent les méeliant^s langues, pipins familières que le çulo4(Pge des pipes,

« }i 9^yi^ im botel aristocratique dafis la rq^ de Ver^nnes, fj^ibourg ^Jnt-QeriYiaiu, au milieu d^ Noailles, des Moutfnoreuoy, des Luxemboui^ et des Luynes,

« {1 a des courtisais, des flatteurs, des buis<sm% et des valets.

« {1 a de jolis chevauK et uua belle calècbe.

a U^' Flocpn ji mou\^ avec sou illustre épou^* Itlle traoolie de la duchesse,

a G)le était furieuse, luardi, dp ne point trouver de place pour elle daus les trib^uies de l'Assemblée natioiude.

« Es^iCQ que l'Assemblée natiopale i|e devrait pas avoir toujours une tribuue toute prête au serviœ de ti^»^ F|ocoa? 9

tB8 ÇrrOTBNS LEBEII-^OLLIN ÇT ftOCQN,

« Avaot-biar» U, entre dix et onxe heures du soir, VM. ^ru-Qolliu et Flpcon étaient d'une g^etd charmante, bras d^us et bras desr sous et è pied; ils revenaient de Bercy, où i)s étaient allés diner et oublier leurs tribulations quotjdienpes»

«lUebantaientpattt^tre un peu trop bniyaui^ joent, quoique d'une voii^ enrouée t

Vive le vip, rameur et le t^bac l lorsquMlç furent arrêtés et menacés d'être conduits au poste, ce qui aurait infoilKblement eu lieu 8*ils n'avalent eu af&ire à une patrouille grise. »

Cette petite feuille comme oq le voit était rédigée par un homme de ta|ent et d^espHt.

2^9, rr- L» ttONjTBua PBS THRATWîs, -r- Journal dont nous n'avons pas à parler. Publier un programme des spectacles fum b républiquo, et

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