JOURNAUX
eu juin ! ce citoyen ^ Yillen^essant iren fpja jamais d'autres 1
48 Juin.
C'est un dimanche, le dernier dimancl^ avant l'insurrection; aussi allons-nous avoir ample n^oissou. pix-buit ou vingt journfius pour un jour, n'est-ce pas bien heau? pt l'on vient djie que l'insurrection était spontanée! qu'il n'y avait ni plan, ni complot, ni conspiration, rien d'organisé, rien de préparé! Est-ce possible? est-ce croyable? Le dimanclie 4 et le dimanche il juin, vous ave?; eu siai: ou sept journaux tout au plus; aujourd'hui 18, en voici venir trois fois autant. N'y a*t-U pas dans ce seul fait un<^ révélation cerlauie, une preuve irrécusable de la complicité des clubs, des sociétés secrètes, 40 certains pouvoirs même, qui laissaient f^ire, autorisaient, et peut-être encourageaient ce débordement de la presse? Encore une fois, les so^r pialistps, en se faisant républicains, se sQn( iq-? troduits de tous côtés dans Tadministrationt et c'est dans les mains ie ces hommes que, d'un jour h l'autre, la France peut être abandonnée. Citoyens, vous qui ne partagez pas les illusions des socialistes ignorants, mais de bonne foi; vous qui n'approuve? pas les projets coupables, absurdes, criminels des révolutionnaires, atteu* tion! veillez autour de vous, soyez sur vos gardes, car, je vous le répète, la société française est profondément minée. D'une part, plus de croyances, plus de principes, plus de foi; et de l'autre, des hommes habdes, avides et çorroinpus, qui se glissent et s^insinuent dans toutes les fonctions publiaues pour frapper la société dans les organes mêmes de sa vie, dans sa force, dans sa prospérité et dans s^ grandeur.
Si l'on a lu attentivement ce travail» on ne pourra plus douter que les journées de juin n'aient été te lutte déclarée du socialisme confre la civilisation, b première gr^de bataille entre les barbares et les civilisés, Nous prions ceux oui conserveraient encore queloues doutes à cet égard de remarquer les titres des joum^u]^ que nous allons enregistrer. Nous aurions voulu pouvoir donner ici non-seulement des fragments de journaux paraissant pour la première fois, mais aussi des extraits de feuilles déjà existantes, telles que le Pire Duchéne , t Aimable Faulfourien journal de la eanaUla^ le HepréicnlaiU tfu Peuple^ le YraiPèr^ Puehéne^ I0 U(mne$ rougf^ la République rouge^ le Tribunal révolutionnaire^ l'A^^^fU^r VHMic, la GuiHotin^. etc., on j^urait vu k W^Ues çs^çitoMpus çrifflP^Ues
BULLETIN DE CENSURE
le peuple avait cédé en se soulevant. Il aurait alors inspii*é plus de pitié que de colère, car il est encore plus ignorant que corrompu. Mais ceux qui n'inspirent aucune pitié sont ces hommes dépravés qui ont pris à la civilisation ses vices et à la barbarie ses instincts sauvages et destructeurs, qui n'ont étudié les sciences que pour les tourner contre les hommes et contre Dieu, qui se sont faits puissants pour mieux détruire et renverser ; ajoutons encore cette nombreuse milice d'enfants perdus du sociaUsme, ces milliers d'ignorants corrompus, rongés par le vice et par l'ambition, poussés par l'orgueil et par l'instinct du mal ; tous ces jeunes gens qui n'ont jamais rien appris, parce qu'ils ne peuvent rien apprendre, qui n'ont jamais rien fait, parce qu'ils ne savent rien faire, qui vivent de débauche honteuse et grouillent comme des vers dans les bas-fonds de la société ; tous ces petits socialistes qui veulent améliorer la société et refaire le monde, qui lèvent les épaules avec pitié quand on leur parle de Dieu et qui sourient dédaigneusement si l'on veut défendre la religion, la morale, la propriété, la famille; tous ces grands réformateurs de vingt ans qui se croient bien profonds et bien savants parce qu'ils parlent de thèse, antithèse et synthèse, d'antinomie et d'autonomie, et qu'ils se disent panthéistes ; tous ces inconnus d'hier, grands génies de demain, qui portent plume et salissent les journaux de leurs déjections fétides, tous ceux-là, citoyens, sont les vrais coupables, les seuls coupables ; et si le journalisme, comme l'hydre, n'avait pas toujours cent tètes de trop, sans cesse renaissantes, je demanderais que la déportation fût prononcée, sans exception et sans jugement, contre tous ceux qui ont travaillé aux journaux révolutionnaires du mois de juin ; si l'on n'atteignait pas tous les coupables, on serait sûr, du moins, de ne point frapper des innocents.
250. — S. Le spàrtàcus, libérateur du peuple. N'a eu qu'un seul numéro. —Tous ces journaux socialistes se copiant sans cesse et sans esprit, nous redirons, pour la millième fois, nul et insignlQant. C'est toujours le peuple souverain qui doit détruire les privilèges, renverser les aristocraties; et lesquelles, bon Dieu? qui demande l'organisation du travail et la jouissance intégrale des produits. A ce mot, on reconnaît un disciple de Proudhon. Passons, passons donc; à un autre.
251 — S. Le salut social, Moniteur du commerce véridique^ journal des droiu de
Vhommej rédigé par les opprimée, — Cette feuille est imprimée sur papier rouge; c'est la couleur de ses opinions.
<K Veux-tu, dit le Vieux de la Montagne, qui en est le rédacteur en chef, veux-tu une révolution qui ait l'air de quelque chose, qui culbute dans le fossé cette société vermoulue, pourrie, gangrenée, qui pue la corruption et tombe en lambeaux? Ah! pour peu que le cœur t'en dise, je te conduirai par un chemin qui n'a pas de pierres; nous irons droit au but, droit comme la balle qui frappe un ennemi en pleine poitrine.
« Car, vois-tu, en fait de révolution, je sais ce que personne ne sait; je suis LE GRAND REVOLUTIONNAIRE, LE RÉVOLUTION- NAIRE PAR EXCELLENCE, le seul révolutionnaire sérieux qui ait apparu dans le monde depuis le Christ, que ce peuple ingrat laissa crucifier par les jésuites et les réacteurs de Jérusalem. Le Christ est venu sur la terre pour préparer mon arrivée ; les nations m'attendent depuis dix-huit siècles ; rien de bon ne peut être fait en dehors de la marche que je veux te dicter.
a Laisse de côté les barbouilleurs de papier, tu perds ton temps à les lire; moque-toi de tous les faiseurs de constitutions prétendues éternelles, et dont tu as changé plus souvent que de chemises; car, avec ta fausse liberté, tu n'as pas toujours de chemises à mettre sur ton dos ; méfie-toi de la politique, qui a des yeux, des oreilles et point d'entrailles; éloigne- toi des loups ravisseurs couverts de la peau des brebis, viens à moi, et faisons ensemble la RÉ- VOLUTION SOCIALE ; son heure est arrivée, et malheur à qui laisse passer l'occasion ! d
Pauvre vieux! grand révolutionnaire! retourne à ta montagne; vas soigner tes vaches et boire le vin du crû. Ne vois-tu pas que tu es absurde et ridicule avec ta constitution de t épicerie véridique, rue Neuve-Saint-Martin, 32.
Et toi, pauvre Arthur de Bonnard, ancien épicier véridique qui a dévoilé les fraudes de l'épicerie véridique, ne vois-tu pas que la société est bien malade et qu'elle mourra bien sans toi ! Qu'a-t-elle besoin de vos projets socialistes phalanstériens pour l'organisation du commerce véridique? Qu'a-t-elle besoin de vous, en un mot? Ne voyez-vous pas que c'est vous qui êtes sa maladie, sa peste, sa lèpre et son chancre? Arrière ! lépreux de la civilisation, pestiférés de la société moderne, épileptiques du progrès ! arrière î