‹ La presse de 1848Chapitre 36 sur 118 · La eedingote grise, — Spéculation · texte numérisé non relu

La eedingote grise, — Spéculation

BULLETIN DE CENSURE

sans videur. Son auteur^ M. Simon Jude, veut une république démocratique, une et indivisible. Nous ne demandons pas mieux, si c'est possible.

253 — P. L^niPÀHTUL, journal politique^ littéraire H des vrais inléréls du pays, — Feuille n'ofirant aucune espèce d'intérêt. H est vrai qu^elle a peu vécu, puisque son premier numéro est du 20 juin. Mais pourquoi aurait-elle vécu?

S54. — DioGÈiiB SAN8-€CLOTtB9. Ayant pour épigraphe:

Ai-Je TE des faquins,

Des coquins et des sots, des sots et des coquins!

Nous allons extraire de ce journal tout ce qui vaut la peine d'être lu; le lecteur jugera luimême:

c La Iribune^ les journaux qui hurlent à chaque instant, avec leur cent mille voix : c Je suis républicain! un vrai républicain! prenez ma répubhque ! »

< Par Jupiter ! Si on ne les connaissait, on serait fort embarrassé dans le choix ; quels petits saints ils font tous !

c Tout beau ! mes mignons , paix ! paix ! N'agacez pas le chien ; il a encore des dents pour mordre et des crocs pour déchirer !

— « Nous sommes répubhcains !

— «Vous le voulez? Eh bien, soit ! Approchez ! Tai la vue Êdble , je vais vous mettre ma lanterne sous le nez :

« Ah! Tu es un répubUcain, toi, qui lèves la tête si haut? Youdrais-tu par haaurd, comme Hercule avec ses épaules, supporter le ciel sur

ton nez Baisse ta tête altière, ô, grand équv-

libriêle , lUon de Grotone était plus arrogant que toi!

« Passez, passez, vous autres, nuUités écloses sous le soleil de Timpudence !

« Quels sont ces Démosthènes? Ils sont nombreux.... Oh! les drôles de figures! Ça, des républicains? C'est une nuée de corbeaux élus par des niais, des badauds dont il est facile d'obtenir les suffrages quand on sait s'y prendre

Quand on a le gosier bon.

« De refironterie , des grimaces et des poumons, voilà le secret Allez, allez, messieurs, croasser plus loin, votre asthme patriotique étendrait ma lanterne.

« Voici un général, bien galonné, ma foi! qui

s'avance à la tète de ses légions Je vais

peut-être voir un républicain Gomme il lait

caracoler son cheval avec grâce ! Quelle belle bête que ce cheval !

« Mais j'entends la voix des journaux

Moins haut, crieurs ! Vos larynx épuisés ne suffiraient pas à nous débiter toutes ces sottises écrites!

«La Presse! la Prusel du citoyen

Girardin ; un républicain, ni de la veille, ni du jour, ni du lendemain ! La Presse! la Pressel,.. Je ne suis ni pour la régence^ ni pour Henri Y ni pour les Bonaparte! La Presse! Cinq centimes, un sou ! A bas les communistes, les

socialistes, les anarchistes et les réactionnaires! A quoi sert une conslUulion ? Vive là Presse! Vive Girardin ! Vive moi !!!

« Le Père Duehéne! Demandez le Père Durchêne! il est en colère le Père Duehéne! — Parce que son journal ne va pas; — Parce que ses acheteurs diminuent, et que les petits sous ne font plus des gros sous....

c Le Père Duehéne^ c'est un gaillard qui a compris bien vite que si les riches n'ont plus d'or, le peuple a toujours un sou... pour le lui faire cracher; il s'agit de tourner son habita l'envers et de se dire Tavocat de la sainte ca-naille! Pauvre canaille! La pohce l'assomme, les riches la mangent, et les avocats lui rongent les os!... Pauvre canaille!....

« Que veux-tu, toi, espèce de moribond?....

Ah ! je te reconnais... Tu es le journal des dihàdes\ va, mon vieux, troquer tes vêtements blancs contre des verts , puis contre des rouges et des tricolores... Ton heure a sonné ; va ! va !

« Quel est donc ce paysan endimanché? Ce laquais perdu dans les habits du maître? Cet esclave insoumis, coiffé d'un vieux bonnet rouge qu'il s'efforce de cacher sous un chapeau à plumes, et vêtu d'une carmagnole qu'il voudrait

dérober sous les plis d'un manteau royal! U

n'est pas seul, un autre l'accompagne... Oh! les deux infâmes ! Passez , passez au large ! Vous

sentez le vin, ivrognes! Gomme il a fallu

que leurs deux estomacs fussent creux pour se

repaitre ainsi! Décidément un républicain

est un être introuvable !

« Les hommes I les hommes! Quels animaux ils font! Depuis le haut de l'échelle jusqu^au bas, tous.... Trompeurs ou trompés !... Fourbes ou niais !

« Puisque je suis à Paris, je ne veux pas pai^ tir sans les avoir tous vus; je ne les changerai pas, mais je les démasquerai. Les changer... Ah bien oui!

^vh'^n^ Wi PKwçïjRy.

^ Ce s^nùt foli/d qu0 4'y pop^r.

« Alors, si c'est folie do penser à les ch^^Mger, ce doit ètjre ^e$se de songer à les mordre !

9 Qare le chieo !.<* IjLe voilà cojEpme jadis sui* la place d'At^èoeç

« Républicains de toutes couleurs.....

ff Itoyalistes de tpus les partis.....

a Socialistes de tous \^ ragoûts

a journalistes, p,ublicistes à tous yeots.....

f G^fe le chien !..• Le cyii^q^e n'est p^s mort, i 1 $*est f?ût »an<rci^o(/f •' »

BSntT BBS ieUBKAGX.

Lb siècle*

Î.B ViàiPOJfkJ,.

^^m^xm^

^ l^^ÇSSJÇ.

L4 PÉHOCJJIATIB ^'\T

La GÀZBrrî de

Là V]|^1£ b^u^.^t * QUE. '^

politique : ^es fonds §er crets.

Conscie^c^ '• h secret des fonds.

jPoiitiqv^ç : honneteriç.

C^ojnsc^çnce : w tiers.

Politique : un portefeuil^,

Co^scieii^çe : gî^uc^ç.

Toius les rédacteurs 4ç ce journal, «r^ds etp.err tlts étant U^ çuréç:

Leur politique n'est pjl^i^ qu'iinç ça^choire; feur consciçE^e : u;;i estomac.

IJèçae position qi^ç >ç Nationàl, avec ur^ç niâçhoire p^us petitç el pi;i plgs çra,nd estornac*

Politique : débit ^l^ç exeiçpl^irçs.

Conscience : puff.

politique : un rhupio (^ç

çerveay.

Conscience : ijne pri^

de tabac

politique : le pot au fc.i^.

Gftnsciei^cç : Tap^è d^ij panier.

Politique : ^anche.

Consc^en^ce : noire.

Le panier « mannequin.

Conscience : Chaj^.

Politique : e^ Ivinettes.

Conscience : s'étend.

La liberté.

Assemblée n^le.

Cpu^i^UGQ : gorge ik

sang.

Politique : romantique. Conscience : 5 centinies.

KATIO-

Lf FÈB^ DUCP$NÇ.

Politique : Qeur^ de lis.

Conscience : coloquinte.

Politique : $5 francs de capital.

Conscience : ^,500 francs d'intérêts.

La voix des femmes. Politique : une culotte.

Conscience : cou-cou.

Lb FfAPOLBONiBK. Politique : moHie au loDg.

Con^ience : invalide

LÇS AtTBEÇ ^0i}^-

Politique : concurrence.

Çonsciençç. ; des gros

sous^

NAUX.

Politique : tarée.

Çnfin,

DiOGÈNE SANS -culottes. jPoUtique : qonscienpe î Voici niain^enant tr^ caupiçt? de ç^^npon

qu'on lira peut-être avec plaisir; p'^( un peu

40 v^ri^^é an niilieu desi ç^ttj^s et d^ décia-

ip,tion^ §qciajiistes :

J'étais du fameiuc banquet , Où mon venir« patrioîe, Ayec du veau pd^otealMt»

Contre un minisire dç^pûte; Si je n'ai pu m'y montrer, C'est qu'un eatôm^ mtdade A peur de n^al digérer, Au desse^ k lu^ade..**.

rapplaudissais le premier Quaiid tombait un ministère ; Et l'on m'entendit crier Sur la royauté par terre...

Puis, pour célébrer le soir Kos réformes immortelles, Tous les p$u»ants ont pu voir A mon balcon deux oliandelles.

A mon h^it, j'ai porté Ruban rouge.... et triçol^ore; Puis j'ai crié : liberté !....

Fraternité ! mêipe encore.

De l'ordre tout citoyen, Dans cette cause çubliquç , Doit se montrer le soutien^.,..

Et je garde.... ma boutique....

Enfin savçz-voi^ P9W%*^i ^ l9>^?W]!i ?'W*

pelle Diogèpô t ^ C'est qu'il ctecUç^ uahoHdpe et cet homme il Fa trouvé; c'est le priflce Loui^NaRoléftii Bopsypîffte. io^r ime foi^ que le peuple de ÏParis et celui des ç^injp(9g^es. sont d'accord , ne nous montrons pas difTiciles^ attendons ; par ce temps de suffrage unjversel on n'a pas toujours çç. qu'où veuj ; \\ fa\ït yquloir ce qu'on ^.

Ç^est du sociAlisDpe çoiodéré , p^çifiquQ «t sagç., mais c'est ewcpre du spçiaJismpl To^^auv^ foT" ganisalion dy^ tfavflil^ ^aêSQqiatdon, Ulk conr currçnçey la création d^hôifil^ 2Qur les, pwn^clides civils, etc.; you§i çoqpaisge,^ içainteftçWit aussi bien que moi le vocabulaire barbare des journaux seeiaHstes; nous n^avons à discuter ni leurs doctrines, ni leurs systèmes, ni leurs projets ; ih se ressemblent tous; qu'ils s^eji ajUent donc bien vile»

Où va la feiétte de rose, Et la fieoîHe de papier ?

256 — S. Le wj^ ç^q^t. iwtml éfi 'ghilo- Sophie posilme «i d» iB9||ffiM kfomiàa^e^. Gérant et rédacteur en ohefi ^ Rag>ne(, combattant de 1830, de i952; pn9omiMF ée 1*894, con- (]s^W)é ^ i#44 ; ccwbsMswi^ d» 1818. L& preuuûF quUe- ^ fô^ier profMMa,. aux Tiiiieriei, de brûler le trône à la fiastille awit 4ue la lépublique ne. fût proclamée i ei^-çonroissaire dç la république ai\ dépavtemeot de l'Avejroiib, réçls^teiu: e^i dnef diJ\ Bv^ W^r soeidliate de^ puis t^. ^ Ouf; j'esp^que^n^Mlài des titiies de recQiBai^ndftUoià à l'estima des vrais fiatrio tes , des ré^licaiiis ée la veille el de» secfBlistes do l'avant-veille !

Yoici la profession de foi (|ue nous trouvons en tête die ce joumaï :

« La loi des précédents a établi l'usage, que, dès qtt'nn journal paraH, il doit à seis premiers lecteurs une profession de foi.

tt Nous leur donnerons donc la nôtre : eDe sera brève, complète, et îrrévpcçibleraent siiivjy^.

<c Nous somiQea républicaip^ i^çif^lisLea, u^ taires et égalitaicçts.

«t Nous vouIqh» a^ lu républùiiie aiscMiir pttsae tout ce qu'elle doil d'om^iomrtfofi d'a^ bord, el de dfeii^^« ensuite, aui b'avaiileurs qui ont été desbérités de toute sollicitude.

« La propagande I la propa^ndq ! Voilà ce qui noué a %ib républïcdins, voîHi ce qui sauvera rhumanité, voi% potr^ tdçl^^ \ tqus; à l'œuvre donc!

I^fiWE 9£S JOUfVNAlJX. 88

If, ûémoatrer l'iffipérieufle aéeessité de l'asfuociation^ con^os^e étîkat 1» mode transitoife le plus convenable c^n^e la ^ieiUe société qui iiiiil et U nQttvelle ^i eoom^oce.

i^Qrgi^i9§r l'eçs^ d'un ^tème complet d'associotioft wtei^e sossW titre d» SOCIÉTÉ AG:^CQLB Si I2WUSÏRIËLLB fiB LA* GRANDI» F AMlLtK»

A ^ snH« dfi ciette preCesyipii de fei^ nous trouvons un projet d'ac^ ^'aesooialiati eotie (( tsuJifis pe7fo»n«« i^jet^e^^^ 4«&4eiw leo^ex, de toutes nal,iom et so^ %v^^i/me diHùinfiiim «(f v^gian^ ^«n etc.^ 1^ loi^ dé^ilH d^Umm^ tureUe^ de Içk nature hmmaine.y^G&tlm p4U^ relier de I9. «ati^e bMaiai<i|e so^^ ^xpeâée» somr mairement ^ la fin du ipuvnal-. Q>sA ^ uiMérialisiqe absi^r^B ^ grossier 4^ 4ix-|||âtiè|»^ siècle. £xei3(i|kle ;

if, L'bonMç^e i^'est x^\ bea 91 rnuysi^^ d eflt perfectible.

« Toutçs les flPtipn^ dyi \jm Qtr 4^ ^^ ^"i arri^vent ps^r le^ seq^.

^ Il n'e.st pas responsable à^ $a n^^tui^f^ morrale, puisque Içs ^otions vr^ ou CsLuase^ lui sont inspirées peqdaut Sci jeuQçss^.

q I^ a drqiî^ au dëlveloppeme^t coHX{tlet ifi. a^ facultés.

<( Donc il a droit au bien-être. »

y^k toute la philosophie de ces ipessienrs, nou» favons exposée une fois pour toutes, parce que nous en trèuvions l'occasion à propos de ce journal, qui recommande h ses lecteurs €ampa^ nella et Robert Owen ; comme système politique, e'est Le eomnoiiMSQtt'; en: philoâopfaiev e-est le DdUiralisme. Décidément ces gMUHlâ n^ont ritn appris. Ëst-œ pansa qu'ils ne savent pa» ou parce qu'ik ne veulent pas lise t

367*- S. LacolImui h'ur vaux HtpiïMi«- GAIR. conire inm^ le tmmàe, avec ees deux éghgraphes : Un aivaiU ! JMareAom donc i Cette feuille comaienoe ainsi :

(( Peuple l Ecoute doue un vieux qui te parle; il en a vu, eeluk*là ! Tu ttees. k» mmftaas du feul Tu. te binUesy et^ pcmdaBtr que Im souffles dans te» daigis» le 99M singe mange à son aise. $e ^is^u pas que tpua œux qui te ilatteiit veulent arriver aux i^ces; qu'ils s'y crampoiinenty qu'ils y empochait; qu'ils s-arracheot les p^Sy le» fau^utts, lea carpesses, les dievaux, les écus, et qu'ils boivent à ta santé. Mille eor l^res } Jle i'ea dlr^ IM^ssm^ j^ t'i^p diraL;i'en ai p9r-d^U» ^ épaule»!

« Pquple ! }f^is fais^ à^^ t^ ^bire» l vsm

BULLETIN DE CENSURE

fais donc que tes commis s'en occupent ; je ne te dis pas de leur mettre le fusil dans la bouche ou la baïonnette sur la poitrine; mais, enfin, échauffe Fair de ton souffle embrasé ; ébranle la terre de tes cris, pousse le diar de tes mains vigoureuses, et peut-être que nos représentants s'échaufferont enfin, qu'ils marcheront devant toi, et qu'ils concevront sous Tinfluence de la nation ébranlée, comme dans un jour d'orage, la constitution du pays.

« Au lieu de cela que fai»4u? Tu dors dans les chantiers, tu bois dans les tavernes, tu écoutes des blagueurs qui t'en content, tu rêves des fohes; tu t'agites au moindre prétexte, et à chaque fois tu ruines le pays qui te craint et tu retombes plus malheureux encore. Mais sois donc toirmême ! Mais qu'as-tu peur? Qui peut te donner des fers si tu n'en veux pas? Pourquoi donc te diviser; te diviser! Mille colères! Est-ce la république? »

Ce journal termine en recommandant à ses lecteurs un projet de constitution du père Paul Chantôme, rue Sainte-Hyacinthe-Saint-Michel, n° 8. Il serait difficile de dire quelle est sa couleiu'; il est révolutionnaire, voilà tout; il approuve également Lamennais, Ohnde-Rodrigue, Bûchez, Barbes, Blanqui, Sobrier.

258 — S. Les lunettes du père ducbêne, journal chantant, rédigé par L. G., auteur de la chanson : Du pain ! cri du peuple, — Ce journal chantant nous paraît être plutôt un organe de chantage.

259-* S. Là politique des femmes, par une iodéii d'ouvrièrei. — Mauvaises ouvrières, mauvais ouvrage! M"*« Gray, rue Neuve-des- Petits-Ghamps, 89, a eu là une singulière idée. Nous pensions que M*"" Niboyet avait seule la spécialité de ces sortes d'entreprises. Mais, mesdames, n'avez-vous donc ni mari ni enfants , ni famille à aimer? n'avez-vous plus de chausses à raccommoder, de ménage à surveiller? Etes-vous assez jolies pour n'avoir plus besoin d'esprit ? Ne voyez-vous pas que vous manquez complètement de goût, d'inteUigence et de bon sens, et que votre journal Gay est souverainement ridicule. A quoi bon réclamer la communauté des biens et la communauté dans le mariage? N'êtes-vous donc pas déjà assez communes?

260. — Le pilori, à la librairie répubticaine de Gustave Havard , rue des Mathurins-Saint- JttCqueSy 24. Rédacteurs : R. Barré et J. Vau-

malé. — Sale spéculation de scandale et de calomnie.

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