‹ La presse de 1848Chapitre 9 sur 118 · S. Le RBPRiSflNTANT DU PEUPLE · texte numérisé non relu

S. Le RBPRiSflNTANT DU PEUPLE

Journal des citoyens Proudhon, Jules Viard, Charles Fauvety, ayant pour but la destruction de l'ordre social et civilisé. — Le prospectus de cette feuille parut le 44 octobre 1847 ; comme il est devenu très-rare nous en extrairons plusieurs passages qui démontreront, une fois de plus, que les socialistes ne sont républicains ni de la veille ni 4lu lendemain, et qu'ils n'attachent aucune importance à la forme politique du gouvernement:

« Depuis 17 ans, le peuple De peut que protester à l'écart, s'instruire loin des affaires publiques, et attendre le jour de la science sociale;

— il est PATIENT eneore ; mais, disops-le h sa louange, il n'est pas |ii^iQN$L*i

(s Ceux qui voulaient, malgré tout, se confier de nouveau aux flots révolutionnaires, seins fivoir une conscience nette du but; sans autre çeience politique qu'un mot, sans ^\\\xe bagagç économique qu'un uiot, saps autre buussole qu'un mot, magnifique, il est vrai, mais indéfini; ^i^ ;»UBLiQu«, ont-ils été plus prçilique^ et ipoins coupables^

a Non, et cela uous laisse encore quelque secret espoir de conciliation possible et prochaine en tfe la bourgeoisie et le peuple. -r-Ceux qui souffrent de la forme sociai^ ocfiieUf , ne peuvent légitimem^U et rolsonn^Iepent s'en

ftËVtlË i)ES JÔtllNÀtJX.

prendre plus pattlculièretnetit à (|ui que ce soit de leurs souffrances, parce queqtii que ce soit, jusqu'à présent, n'avait particulièrétnent le. pouvoir de les guérir; — elles sont nées fatalement du passé; — elles sont l'hérirage historique de tout le passé de Thumanlté

« Qui oserait soutenir que, malgré quelques exceptions, le peuple ne soit pas généralement imbli des mêmes préjugés sociaux et économiques de la bourgeoisie?

a Nul d*entre tious, en effet, n'avait trouvé Jusqu'à nos jours que des aspirations plus ou hioins vastes, pluà ou moins lucides, vers un avenir meilleur ; mais de grattdeâ paroles otlt été dites depuis quelques années ; des pl*opositiôns fécondes et inexpugnables oht été posées sur le sol. — Les principes de Tégalité des conditions grandissent ; — la science de Téconomie s'élabore à présent d'après les poses certaines et mathématiques; — seule, lious dites-vous, la côNcÈMloK GfiNtRALE îl'est pas encorc coN- CLUAiTTÈ ; — elle lé sérd bientôt !

et II sent bien qu'alors, mais seulement alorSj il sera universellement invincible et triomphant comme la vérité, comme le droit, cotiime la force, et que toutes lés aristocraties dU passé et du présent, petites ou grandes, spédeuses au ridicules, seront balayées pour jamais devant lui comme la paille emportée par le veut. »

NOTRE IroRMULE GÉNÉRALE.

«( Quelques socialistes, dont nous estimons beaucQjUp les excellentes intentions, ont (b^^iulé à peu près ainsi, leur pensée sur la question sociale :

TOtT HOMiftË A DROIT À1I TRAVAIL.

«Sans méconnaître tout ce que dès à présetlt, ûin^ tin momeiit où tant d'hommes n'ont pas même uil travail abject, pétlible et répugnant pour gagner leur pain de chaque joUr, — une pareille loi pourrait apporter iUimédiatement d^amélioration ihàtériôlle au sort de la classe pauvre, nous croyons que les vœux et les droits du peuple d'abord, puis l'idéal de ceux qui se disent ses amis, doivent aller bien aU-d6là de cette fbrmUle peu digne, insuffisante, aristocratique et dangereuse.

« Ce serait peut-être du pain pour tous les valides, mais ça ne serait pas la justk^r sociale,

le DROIT DE TOUS.

« En effet cette formule est peu digne :

— « Parce qu'elle est plutôt insoletnment ironi(tue à l'égard de la société actuelle, et humiliante pôvtt le travailleur, que soieniieile,maJes'-

tueUëè et fôtte comtne doit ètîre Pttpresôion d'un priticipe génél-al ; dÉlle est insuffisante :

— d Parce qu'elle n'est pas universelle ; ** qu'elle est essentiellement temporaire et provisoire;

«Aristocratique:

^— « Parce qn'elle accepte irrévocablcrtierit. comme un fait accompli, l^inégalté sociale et l'exploitation dû producteur pai» l'Improductif;

« Parce qu'elle ne serait qix'nn pis aller ^btxi les conservateurs forcés de faire quelque chose, eux qui veulent se borriér à déclarer chaque jour qu'il y à quelque chose à faire ; — è[UâUd îl y a tott a tAiRE ; -*

« Enfin dangereuse :

« t*arce qU'aU fond elle favoHse encore p^lus l'intérêt bien entendu dés capitalistes, des {)roi priétaires, des agioteurs, des conservateurs privilégiés, en du mot, pour lesquels elle téoioiène d'une touchante sollicitude, qUè celui dU pauvre qui travaillet-a pour eux ;

— aParce que lès côhservateUrs habiles pdiirraient prendre aU mot le peuple qUi ne demahdrait que ce DROiT-là ;

« — Parce qu'alors elle retarderait, pstt Une générosité spécieuse et facile, par Une concession furtive et surprise, le jour de la justice universelle ;

« — Parce qu'elle priverait âiiisi les réformateurs sociaux de la force et de l'appui que doit apporter à la cause sainte, à La cause de lous^ un mécontentement légilifhb, hérêâîtaire éï longtemps dévoré dans le^ larrtiës ;

« Non, répétoiis-Ie hautement, le PttODlJC- TÈÙR h'a pas de démi^drolt ; point de juste milieu entre le juste et l'injuste!

« Il n'a pas droit à un humiliant tniHimum * -il a DROIT à TOUT son produit, â Vintégrité de son droit, ou il n'a droit à rIën.

« Tant qu'Un homme, soifs qUelqUe prétexte que ce soit : gouverfiemenl, propriété, capitdt, commerce ou talent^ pourra s'arroger un dbit quelconque, un bénéfice, surlfe tt-avail d*Un autre homme, il y aura un riche et Un pauvre dans la société, et le travail ne sera pas Ott^ GANisÉ, les fonctions étant âiÉRARCHisÊE^ et

non COORDONNÉES.

« Nous prenons donc pour notre formule :

« TOUT HOMME A LE DEVOIR DU TkAVAtt, Al'm QUt TOUS AIENT DROIT AUX I>RODUITé DU TRAVAIL. «

Plus h)ln, iiUus trouvons èhcore ;

BULLETIN DE CENSURE

M Le parti légilimisle et le parti catholique sont deux grands partis ; mais ils ont le malheur d'arriver trop lard; parce qu'il faut maintenant pour le progrès humain, qu'ils arrivent trop tard.

« Ils ne font qu'entrer en pleines voiles dans le libéralisme et le sans-culolisme ; — les malicieux ! parce qu'il veulent faire diversion par les questions politiques aux questions économie ques^ et déjà la France des travailleurs ne veut plus du libéralisme bourgeois et du sans-culotisrae sans idée ; quant aux socialisme et à V égalité des conditions, le parti légitimiste et le parti catholique auraient trop à perdre àr leur règne pour qu'ils les prêchent ; — même hypocritement.

« Pour eux, il y aura toujours des pauvres parmi noiu; ils l'ont répété après le christ, disent-ils.

« Si le Christ l'a dit, comme il le soutiennent, tant pis pour le Christ! nous en appelons des paroles du Christ à l'esprit du Christ !

« Nous ne voulons plus de pauvres parmi nous ; mais des travailleurs libres, égaux, res- I pensables et ayant droit à toutes les richesses l que nous produisons !

c Vivre en travaillant oumourir en combattant.

« Le problème est posé.

« Ou EST VOTRE ŒDIPE?

Cl Mais surtout, prolétaires, sachons bien dans l'avenir : — pourquoi, pour qui, contre qui nous devons combattre; — à V intérieur et à Vextérieur, si nous devons combattre.

« Ne gaspillons plus notre sang pour des mensonges; réservons-le, s'il le faut, pour des réalités.

« Vienne le jour d'une lutte sérieuse et nécessaire, la France égalilaire enfantera des millions de soldats !

« Que les amis et les ennemis de l'égalité devant le travail se le tiennent pour dit ! »

Voici un mot à l'adresse des économistes :

« C'est la société qu'il faut refondre de la base au faîte, dans le monde de la radieuse £ga.litê, devant et dans le travail.

« Une partie de la société, l'improductive, vit, vivrait encore et toujours du travail de l'esclavage et des privations de l'autre, l'active, avec vos replâtrages économiques !

Cl Vous vous débattez dans le vide de vos contradictions ;

« Et la misère avec vous serait éternelle !

a DONNE-MOI DB CE QUE TU AS PRODUIT, JE TE DONNERAI DE CE QUE j'AI PRODUl .

« Voilà la science économique de l'avenir, réduite à sa plus enfantine, à sa plus heureuse, à sa plus fraternelle expression.

a II faut donc commencer par la réalisation de l'égalité et par l'organisation du travail dans l'humanité pour avoir vraiment la LIBERTÉ, et lion pas la concurrence civile, la concurrence de nation à nation, — l'anarchie de la production, le désordre du commerce universel.

<C L'ÉGALITÉ et l'organisation du TRAVAIL

HUMANITAIRE impliquent nécessairement la liberté commerciale ou le libre échange !

(( Mais la liberté commerciale des free-traders ne contient nullement l'organisation du TRAVAIL. Donc au diable les free-traders de la haute bourgeoisie ! i

« Jacques Bonhomme n'était pas avec eux, car ce qu'il veut, encore une fois, c'est l'organisation DU TRAVAIL ET l'ÉG ALITÉ. »

Ainsi, le Représentant du peuple ne nous a pas pris en traître ; ce qu'il a tenu après la révolution, il le promettait depuis longtemps, — Le N^ 15 contient une lettre de Pierre Leroux, adressée à Cabet dans laquelle nous lisons: a J'ai trouvé dans Trélat un ennemi aveugle, intraitable. Oh ! que l'avenir est menaçant, puisquHl y a, dès aujourd'hui, deux républiques enpré^ sence ! »

Voici un entre-filet probablement de M. Viard qui est un homme d'esprit, ancien rédacteur du Corsaire :

a Le Constitutionnel se demande avec sa bonhomie habituelle :

a Les membres du gouvernement provisoire devenus professeurs, vont-ils instruire et gouverner la France en même temps ?

a Nous disons, quant à nous :

tt Ah ! s'ils pouvaient nous instruire et ne plus nous gouverner !

a Ah ! s'ils pouvaient nous gouverner et ne pas nous instruire ! d

Nous ne pouvons résumer ici les doctrines sauvages de ce journal ; il faut aller les étudier aux sources mêmes, dans les livres de l'auteur. Faisons donc des citations. 25 avril :

a Les ouvriers sont allés à l'Hôlel-de-Ville ,

«Et ils ont dit à M. de Lamartine : a Que devons-nous crier? »

« Criez : Vive la République ! « a répondu l'il- I lustre poëte. a £t,a-t-il ajouté avec une naïveté

REVUE DES JOURINUUX.

charmante, en criant : Vive la République ! yous criez: Vive la propiiélé ! m

a Les ouvriers se sont donc retirés aux cris de: Vive la République! Vivelapropriélé! Vive Lamartine! Et les bourgeois propriétaires ont été édifiés des paroles de M. de Lamartine, et des cris des ouvriers. N'est-ce pas le cas de dire : Ah ! le bon billet qu'a La Châtre ?...

« Depuis deux mois, il n'est pas sorti de THôtel-de-Ville un seul mot qui n'ait été une erreur ou un mensonge

«Je ne viens point ici, avec une sotte et lâche impertinence, commenter la formule trop connue et trop peu comprise, la propriété c'est le vol ! Cela se dit une fois ; cela ne se répète pas. Laissons celle machine de guerre, bonne pour Finsurrection, mais qui ne peut plus servir aujourd'hui qu'à contrister les pauvres gens.

« La royauté, la propriété, le numéraire, voilà la trinité monarchique que nous avons à démolir ; Yoilà la triple négation dans laquelle se résume, pour nous, tout entière, l'œuvre révolutionnaire commencée en février.

« Car, ainsi que nous aurons lieu de le démontrer par la suite, toute négation, c'est-àdire toute réforme dans la religion, la philosophie, le droit, la littérature. Fart, se ramène à la négation de l'idée purement subjective, à la négation de la propriété. Et la propriété abolie, on verra, pour employer le langage vulgaire, ce que nous entendons mettre à la place de la propriété, à la place de l'autorité, à la pl^ce de Dieu »

Le 31 mai, le citoyen Proudhon Ot une profession de foi aux électeurs de la Seine, dans laquelle ses amis ne furent pas peu surpris de lire ces mots :

« Mon principe, cela va voud paraître éton- Bant, citoyens, mon principe, c'est le vôtre, c'est la propriété elle-même.

« Je n'ai pas d'autre symbole, pas d'autre principe que ceux de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen : La liberté y Végalité, h sûreté f h propriété,

« Comme la déclaration des droits je déGnis la liberté, le droit de faire tout ce qui ne nuit posa autrui.

« Comme la déclaration des droits encore, je définis, provisoirement, la propriété le droit de disposer Librement de ses revenus, des fruits de son traivaU et de son industrie.

« Voilà tout mon système ; Liberté de consmskce^ liberté de la presse, liberté du travail»

liberté du commerce; liberté de l'enseignement,, libre concurrence, libre disposition des fruits de son travail et de son industrie liberté à l'infini, liberté absolue, la liberté partout et toujours !

(c C'est le système de 89 et 93 ; le système de Quesnay, de Turgot, de J.-B. Say ; le système que professent tous les jours, avec plus ou moins d'intelligence et de bonne foi, les divers organes de nos partis politiques, le système des Débats, de la Presse, du Constitutionnel, du Siècle, du National, de la Réforme, de la Gazelle; c\si votre système à vous, enfin, électeurs.

(( Simple comme l'unité, vaste comme l'infini, ce système se sert à lui-même et aux autre de critérium. D'un mot il se fait comprendre, et il force les adhésions ; personne ne veut d'un système où la liberté souffrirait la moindre atteinte. D'un mot il se fait reconnaître et éloigne toute erreur : quoi de plus aisé que de dire ce qui est ou ce qui n'est pas de la liberté ?

<x La liberté, donc, rien de plus, rien de moins. Le laissez faire^ laissez passer, dans l'acception la plus littérale, la plus large ; conséquemment la propriété, en tant qu'elle découle légitimement de cette liberté, voilà mon principe. Pas d'autre solidarité entre les citoyens que celle des accidents résultant de force majeure ; pour tout ce qui regarde les actes libres, les manifestations de la pensée réfléchie; insolidarité complète, absolue.

« Ce n'est pas là du communisme, certes;

(t Ce n'est pas le gouvernement de Méhémet- Ali;

« Ce n'est^pas de la dictature;

« Ce n'est pas l'intervention de l'Etat dans toutes les fonctions civiles, et jusque dans la famille ;

(( Ce n'est ni du Babeuf, ni du Saint-Simon, ni du Fourier;

a C'est la loi de Franklin, de Washington, de Lafayette, de Mirabeau, de Manuel, de Casimir Périer, d'Oddon Barrot, de Thiers. Cela vous parai t-il rassurant ou compromettant? n

Qui se serait attendu à voir le citoyen Proudon en si bonne cpmpagnie?

Comme talent, comme journaliste, nous estimons M. Proudboni; comme réformateur, nous gémisssonssur ses folies; comme indvidu, nous le méprisons profondément. Nous le méprisons, parce qu'il est de mauvaise foi, parce qu'il n'est pas convaincu, parce qu'il rit du mal qu'il fait en admirant le spectacle terrible et suÙime de

BULLETIN DE CENSURE

nnsurrection de juin, parce que son but unique, sa seule préoccupation, c'est la destruction de Tordre social. Nous le méprisons, parce qu'il n'a que des idées désorganisatrices, et lorsque ses amis croient naïvement qu'il poursuit la réalisation d'un système, lui, qui conserve et cache avec soin ses doctrines secrètes, sait bien qu'il ne travaille que pour amonceler des ruines. C'est le moins ignorant des socialistes, c'est le plus immoral des penseurs. Il a étudié toute la philosophie moderne pour en faire une machine de guerre contre la société. Ne perdant jamais de vue ce triste but, il est arrivé à systématiser tous les principes destructeurs qui nous enveloppent depuis un siècle. II est logicien, dialecticien comme pas un, et sonvent éloquent. Quelques hommes ineptes et corrompus qui hier encore ignoraient son nom, ses livres, ses doctrines, sont venus se ranger derrière lui ; aujourd'hui, c'est un drapeau, le drapeau rouge! Quant à nous, nous sommes heu reux que cet homme se soit trouvé là pour montrer clairement à tous où conduisent les idées démocratiques et sociales. Seul il a bien coippris, bien posé le problême ; il en a tiré courageusement, franchement les conclusions.

C'est la lutte du mal contre le bien, de la barbarie contre la civilisation, du droit contre le devoir, de la chair contre tesprit, de Satan cotitre Dieu ! Vouloir que Thomme, quel qu'il soit, et abstraction faîte de sa moralité, soit souverain, c^est vouloir que le mal domine, que Satan triomphe ; car l'homme est enfant du péché ! Mais maintenant on ne croit ni au mal ni au péché, ni à t)ieu ni au diable, et les socialistes ont raison de proclamer leurs systèmes; ils sont logiques et conséquents avec les prémisses posées p^r le XVIIP siècle. Ce sont les prêtres nés, les gouvernants naturels d'une société q,ui n'a plus, comme le disait M. Guizot en 18S2, ni croyances morales et religiet^ ' ses^ ni convictions politiqties.

Au commerce M. Proudhon veut substituer le troc, parce que, dit-il, c'est sa forme la plus simple ; à l'argent, qui sert d'unité, de comparaison entre les produits de différente valeur, il substitue le papier afmde mobiliser la propriété. Tout son but consiste à la rendre tellement mobile, précaire, incertaine, qu'elle n'existe plus réellement. Ëts^il déclare la guerre au capital, c'est parce qu'il sait bien, lui, que lo capital est du travail économisé, accumulé ; que le capital est généralement le signe matédel do

Tordre, de Téconotnie, de la probitéi de te vertu, soit personnelle, soit, héréditaire ; parcd qu'il sait que le capital est aussi le signe matériel du travail, du talent, de Tûttelligence et de la science. Or, pour qu'un homme vaille on au« tre homme, ni plus, ni moins, il faut supprimer, Tinteiligence et la vertu, et pour les supprimer il faut fah-e disparaître leurs â^gnes sociaux^ leurs agents économiques, leurs formes organiques et constitutives. Tout cela est très-simple comme on le voit. Nous répéterons donc sand cesse que le but des réformateurs moderne s, qu'ils le sachent ou Tignorent, et de donner des FORCES oaGÂifiQUSS à la société du nia)| qui prétend chasser Dieu de la conscience deè homni^ pour se mettre à sa place.

M. Proudhon, comme Jean-Jacques et filably^ dont fl est le bâtard, affectionne le paradoxe ; c'est Un litoyen de popularité asseï £Mâle. Il a pris au XYIIP siècle, qui, je crois, tes à produits tous, celut-ei : La propriéié é*êst II voi: ailleurs cet autre: TravêUter t'est pro^ duire de rien. Sur une note de Fourier^ il a écrit ces lignes que nous tnancrivons &i rougissant de h^te pour Tesprit hnmalR :

«t Qii'on ne dise plus : Les voies de Dieu soitt impénétrables. Nous les avons pénétrées, ces voies, et nous y avons lu en caractères de sang les preuves de Timpuissanee, si oâ n'est an mauvais vouloir de Dieu....

« De quel droit Dieu me dirailrâ encore.

Soit saint, parce que je ssis saint? Esprit me»* teur, lui répondrai-je. Dieu imbécile, ton réègne est fini; cherche parmi les bfttes â*aalres victimes, je sais que je ne suis et ne peut jfr» mais devenir saint. Et eomment le seinis-ta^ toi, si je te ressemble? Père étemel^ JupilM^ oà Jehovah, nous avons appris à te eennuire; tu es, tu fbs, tu seras à jamais le jaloux d'Adam^ le tyran de Prométhée. Ton nom, si longtemps le dernier mot du savant, la sanction du juge, la force du prince, l'espoir du pauvre, le refu^ du coupable repentaht ; eh bien ! ce nom, in^ communicable, désormais voué m mépris et à Tanathème, sera sifflé parmi les hommes ; car Dieu, e'edt sottise et Iftcbeté ; Dieu, c'est hypo* crisie et mensonge ; Dieu, c'est tyrannie et mi* sère ; DtÊt, c'asT le MâI. a

Suis-je donc exagéré quand je dis, toué" les jours, des socialistes, qu'il (Hut, au pluâ vite, les convaincre ou les vaincre ; là est le tolut.

îfT. — L'esprit or patiPit. — Administrateur: Ph. Gomminville. Rédacteur: OU. Uf&*

ftÊVUË SES I001UI4BX;

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flotme. ^(M ta {krdfàèâiori de foi que nous trou< vons dans le 1«' namérd :

« Qoe toils lëà citoj'ëtis .qui ont dtt fitiperflu vieAitèflt en aide à tous ceux qtti manquent dtt MéceaMire : laiu cela poê de ftaiemilé. Que nol ii^ail droit au nécessaire sans le mériter par sefl tertoa cHriquea et son travail : iénê tdà paà étégaliU. Que nul tte puisse être violem-^ tnent d^oasédé éé ses droits de citoyen : tarn eeia po»ê9 UbMi. Cette déoiaratioit est fbail che, fi'ançaise^ nette et sans ambiguïté possible. Il auffit de rétioneer pour quelle soit com^ prise ; nous ne doutons pas que les gens sensés n'y adhèrent, a

Cette déclaration n'est ta nette, ni franche, nisana ailib^îté possible, car qu'est-KSè qUé le soperflu ? -^ Qu'est^-oe que le nécessaire? — Quels dont les droits du citoyen ? ^ Toutes les discussions des partis roulent aulr ces trois pointa. Journal nul eomme aes rédacteurs.

SB -*^ S. LA sotYitttAiinrrÉ Où ]*iuiPLa, par le citoyen Michelot, républicain et condamné de la irÂlIe, plus connu à Toulon sous le nom de Jmii d'Allaa. •»*• I^euille très-insignifiante, sans couleur et sans yaleur. Le citoyen Michelot, quoique président du club de la Montagne à la Sorbonne, n'osait pas trop élever la voix dans wtA ytOLimA ; le aouveiiir des asteises l'inquiétait beaocei^. Notis extrairons du n^ 4 un passag» sur M. de Lamartnie :

« Hk n'a paâi, dteez^tooa^ rendii justice à Ma«^ rat ! Il n'a même qu'imparfaitement justifié Robespierre, Gouthon et Saint-Just.

« Je ne prétends pas ^tt'tti ne puisse faire au cun reproche à son ouvrage. Je prétends seuiement qOe tel qv'â est^ il a rendu d'immeâses servnea à la eausd du p«apie« des services que personnes n'a égalés* Àvast l'inniortelle Hù^ UHre dm QirandvÊUy on ne prononçait qu'avec horreur M Boras dé Robespierre, de Conthoa et de SaioMtist. Depui» hdtH^ ila sont devenus populaires fieor une foale de personnes qui^ jusque-là, n'avaiant appris qu'à ka maudke* ft

Voici deux autres lignes qm ne aoni pas moins espliciles :

« PfaB la BoaviMe circulaire de M. Ledru*^ Roilin smilève- de colère dans C ancien eamp dynagtiqnêy phss la devoir de» vrais démocrates est de soutenir et le ministre et sa cireulaire. »

Ce journal est ceh» d'un ambitieux qm se net toi^oma en avant, parle constamment de wi ai ffédan» avee^iDëttuNe doa places pmur le0

républicains de la VMlle, pour ceux ^ oui donné deê gagei à ki d^mocrolte. Le citoyen Michelot ôst parti pour Toulon^ où il est eii train de purger sa nouvelle eondanmation.

59 "^ P. Le KoniTBUR des PosTÉè: -^ Jour-^ Ual spécial des postes dont nous n'avons pomi i parler; il n'a eu qu'un numéro.

69 ^ Le MonDB, qui s'appela plus tard le llom)E R^tiBUGAin. *^ Gérant : Magiaty. Voici un extrtet du 1" numéro :

« Notre profession de foi est très-siinple.

a Nous croyons que la République est le seul gouvernement qui cmiviënne aujourd'hui à la France, le seul qui puisse donner satisfaction è toutes les légitimes exigences dé la soeiété*

« Nous croyons qu'en deçà et att'4elà de la République, il n'y a que déception et anarchiei et après l'expérienee que nous venons de faire» ce serait une honte, une folie et un crime d'ex^ poéer la France et TEuropei par contre-coup, à de nouveaux bouleversements*

« Nous ne croyons pas la possibilité d'une contre-révolution, et nous ne prenons au se»

neux aucune espèce de prétendant» La monarchie succombe de toutes parts sous le poids de son impuissance ou de ton indignité ; le coup est mortel, elle ne s'en relèvera pas. »

Dans le tf* Ib, on lit :

ce Nous nous rappelons qu'en 1834, il existait à Paris quatre journaux, organes du parti démocratique) quatre feuilles politiques représentant, à peu près^ l'opinion républicaine d'alors et les sentiments plus ou moins sincères des républicains de ce temps-lài Ces journaux étaient : Le Naiiontd^ ie Boii Sens^ ht TriMie^ le Réformaâmr^ prêchant^ tous, lés admiraUles maximes de la liberté, de l'égalité, de la Ira^ térnité, mais à des points de vbe difiérènts, maie eut' un ton qui sentait peu l'ateord et là concorde ; ce qui faisait dire àut hommes dont l'éducation politique était peu avancée, qui n'a» valent encore d'un peu développé que l'instinct démocratique : k Mais comment faut-il être répuMicain ? Est-ce à la manière du NaHoneU ou du Bon Sen*, ou bien à la façon de let Tti^^ bùne ou du RéfomuUew ? 9 Et ils disaient vrai. Et leur embarras était grand. Et c'est cette désharmonie permanente dans la presse répth bHcaine, oé désaccord incessant, qui, très-certainement, ont fait que l'heure de la Répubtique a tant tardé à sonner.

« 11 semble, en vérité, que la subliàie devise cpie nous liaena^ chaque mati»^ eii tète ifes dé'

BULLETIN DE CENSURE

crets du gouvernement nouveau, soit reconnue de la plupart des républicains, et ne doi?entpa5 être à leur usage. Nous parlons de liberté, et nous ne voulons pas qu'il soit permis à nos adversaires d'émettre avec mesure et franchise leurs opinions. Nous invoquons l'égalilé, et nous nous élevons contre certaines décisions qui consacrent ce principe souverain. Nous prononçons et nous écrivons partout frtUemilé^ et nous dénonçons nos frères, et nous agissons à leur égard comme pourraient le faire des étrangers, des ennemis, des adversaires implacables. Est-ce de la loyauté, de la générosité, de la cha- /•ité?... »

60 — P. L'organisation du travail. — Cette feuille n'a malheureusement pas vécu.

Elle était opposée à ce qu'on a appelé l'organisation du travail et aux doctrines des socialistes. Gérant : Amédé Sellier.

61 . — La minerve. — Journal militaire. Gérant: F. Durand. Parait six fois par mois.

62 — l'£vbntail républicain, — Cette feuille était plutôt un éventail qu'un journal ; le vent a emporté son unique et premier numéro.

Rédacteur: Christian.

63 — Le petit homme rouge. — Petit journal satirique fait avec esprit, plutôt réactionnaire que républicain. Gérant: Â. Baron.

2 Avril.

64— S. L'accusateur révolutionnaire. —

(24 pages in-12). Publication ultra-démagogique sans valeur.

65 - L'ÉCHO DU SOIR. — Journal de nou-« velles. — Plus tard il devint :

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