I. — Notre programme de guerre
Sommes-nous en République ou en Monarchie ? Je n'en sais rien. Le gouvernement est-il la Démocratie, l'Ochlocratie, la Tyrannie, la Satrapie, l'Oligarchie ou la Démagogie, je n'en veux rien savoir non plus. Vivons-nous sous le parlement, sous les adversaires du
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parlement, je 1 ignore et tiens aussi à l'ignorer. Il n'y a qu'une chose que je n'ignore pas, l'existence d'un gouvernement, quel que soit son nom. et ma volonté énergique d'être avec lui. Qui le compose ? Je ne serais pas capable de réciter correctement la liste des ministres et secrétaires d'Etat avec ou sans portefeuille. Et cependant, à moins que ne soit administrée la preuve patente et flagrante de la trahison de l'un de ces messieurs ou de tous ensemble, je suis résolu à les défendre et à les couvrir de mon mieux.
Ma raison ? Elle peut déplaire aux anarchistes de gauche, tels que M. Clemenceau, à qui pourtant, après ses frasques d'août, nous laissions libéralement le choix entre le Conseil des ministres et le conseil de guerre. Elle déplaira non moins vraisemblablement à ces anarchistes de droite qui n'ont pas encore compris l'insanité morbide de leur murmure inopérant et la nécessité de savoir ce qu'on fait, ce qu'on veut avant d'écrire ou déparier. Ma raison, cependant, est simple, elle tient dans le mot du duc d'Aumale à Bazaine qui prétendait qu'il n'y avait plus rien après Sedan : // y avait la France. Monsieur le Maréchal.
Le petit— fils de saint Louis et de Henri IV savait le pourquoi et le comment de sa tradition ; il savait que c'était la France. Quand son petit-neveu écrivait que o tout ce qui est national est nôtre » ou nous demandait de tout oublier pour le salut public, il pratiquait le même principe fondamental.