Le programme opposé
Vu l relois, les fondateurs de la République parlementaire qui. devant l'ennemi, firent la révolution du
4 septembre et risquèrent de compromettre quelquesunes des excellentes mesures prises par le ministère Palikao. les fondateurs de la République radicale et sociale qui, devant l'ennemi, firent la Révolution du 18 mars et risquèrent de permettre à l'armée prussienne d'élever de nouvelles exigences et de s'approprier de nouveaux lambeaux du pays, ces deux groupes fondamentaux de l'institution républicaine avaient conçu autrement que nous le devoir civique. Je ne dis pas qu'ils manquaient de patriotisme. Mais leur patriotisme élevait quelque chose, à savoir les intérêts d'une idée ou d'un parti, au-dessus des intérêts de la réalité nationale. Il n'en est pas ainsi de nous. C'est la France qui passe la première. Dans les difficultés françaises, nous tenons tout d'abord au salut du pays. Voilà pourquoi toute idée de changement devant l'ennemi nous a toujours causé une horreur profonde. Voilà pourquoi, non seulement celte pensée n'a jamais pu nous effleurer l'esprit, mais on nous a toujours trouvés au premier rang des défenseurs et des soutiens de l'administration sur laquelle pesait la lourde charge d'expédier les affaires pendantes. Nous avons soutenu le cabinet qui était en fonction au 2 août. Nous avons soutenu le cabinet remanié au 26 août. Nous soutiendrons tout autre cabinet qui succédera, mais non sans avertir que toute tentative formée du dehors pour renverser ou supplanter ce qui existe, émane de gredins et de misérables qu'il serait utile et raisonnable de fusiller, ou de fous qu'il siérait de lier et d'enfermer dans le plus prochain cabanon.
S'il était besoin de redire et de démontrer que nos sentiments personnels ne sont pour rien dans cette conduite, il nous suffirait de rappeler que nous pouvions
avoir des griefs personnels contre l'un des ministres du 26 août : c'est peut-être celui que nous avons le plus énergiquement défendu. Nous sommes journalistes, et nous soutenons l'a censure ; amis des responsabilités publiquement assumées, et nous nous faisons chaque jour les avocats d'un régime où tout est obscur, anonyme, impersonnel, collectif, les circonstances ne permettant pas qu'il en soit autrement Cela est mal ? D'accord ! Mais il y a le pire, qui serait do changer. Les niais qui crient le plus haut seraient ensuite les premiers à se tordre les mains en disant qu'ils auraient tout donné, leur or. leur sang, leur vie, leur âme.
Varron étail un incapable. El il venait d'être défait. Mais le Sénal de Rome, où l'on ne comptait heureusement pas un seul Clemenceau, alla le recevoir aux portes de la ville el le féliciter en corps de n'avoir pas désespéré de l'Etat. Nous sommes loin de la défaite. I - incapacités dont on se plaint son! très relatives, et elles de\ iennent de remarquables compétences quand on les nul en parallèle avec l'insuffisance des gens qui les critiquent. I ne seule chose esl nécessaire, c'est la victoire. On ne vaincra pas en se déchirant à l'intérieur, en s'abandonnant an désordre et à l'incohérence de cette scandaleuse instabilité ministérielle qui fut l'Ame de ce régime, niais qui peut et doit être conjurée par la vertu de la présence de l'ennemi.