‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 102 sur 182 · Lettres cliampenoises. Tome I (1817), n · texte numérisé non relu

Lettres cliampenoises. Tome I (1817), n

fisent pour éterniser notre perte et même pour nous en

consoler. . Acceptons-nous ce partage d'impuissance ?

Le rédacteur constate que la poésie ne peut plus chanter la nature extérieure, comme du temps d'Homère). Qu'arrive-t-il ? Au lieu de se perdre dans les visions délirantes d'un monde fantastique, la poésie s'enfonce davantage dans la profondeur du cœur humain... Mais elle ne doit pas reployer entièrement ses ailes et se rabattre dans nos tristes vallées ; elle s'est allée placer sur des hauteurs qu'elle saura bien garder ; de là, elle peut nous observer de plus près, sans abandonner son prisme enchanteur ; et placée à des intervalles égaux entre le monde antique des fables, et le monde rationnel moderne, elle s'entretient avec l'un et avec l'autre... (1).

Cette définition est plus précise encore dans le passage suivant :

Quelles seront les sources de la poésie nouvelle ? Les idées et les sentiments qui ont leurs racines et leur commencement d'existence dans le cœur de l'homme ordinaire... Tous les matériaux de la poésie se tirent de la nature commune à tout homme doué des facultés de l'homme. Il ne s'agitque de les y développer, en obligeant l'imagination à se pénétrer de la situation propre à les faire naître, et à leur donner toute leur intensité. Et combien y parviendra-t-on facilement, si cette situation n'est pas trop éloignée de celle de l'individu sur lequel on veut agir, si l'on ne va pas chercher, à trois mille ans de nous, dans des mœurs et des temps impossibles à nous représenter, les sujets dont on veut se servir pour nous émouvoir (2).

Je ne sais qui a rédigé cet article?Mais peut-on mieux définir la poésie prochaine de Lamartine, de Vigny et de Musset ?

Page 1