‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 103 sur 182 · M., Tome III · texte numérisé non relu

M., Tome III

sous LA RESTAURATION 249

La publication des œuvres d'André Chénier, en 1818, est l'occasion d'un grand nombre d'articles où le lyrisme est analysé dans ses sources intimes.

S'il y avait un peu de poésie dans l'air que nous respirons, avec quels transports serait accueilli cet ouvrage... On en dit des merveilles ; on va même jusqu'à assurer que la gloire de Marie-Joseph Chénier pâlira et disparaîtra devant celle de son frère. Je ne crois pas qu'il y ait rien de trop hyperbolique dans cette admiration ; les vers que l'on m'a lus la justifient pleinement. Les œuvres d'André appartiennent sans doute à un genre moins élevé que celles de Marie-Joseph; mais elles sont peut-être d'une inspiration plus haute (1).

Gh. Loyson, dans le Lycée français, consacre quatre articles importants à André Chénier (2). Loyson est sévère pour toute une partie des œuvres du poète que venait de découvrir H. de Latouche. Il blâme sa versification bizarre et saccadée, dans le Serment du Jeu de Paume, et semble fort peu sensible à la hardiesse des coupes. Il lui reproche d'avoir maladroitement imité les anciens, dans les quelques fragments donnés par l'éditeur. Pour lui, le vrai, le grand Chénier est dans les élégies et les idylles. Je crains bien, d'après les citations d'élégies faites par Loyson, que celui-ci n'admire surtout dans A . Chénier ce qui, pour nous^ le rattache trop étroitement au xvin« siècle ; mais il est plus heureux dans la façon dont il loue et dont il choisit les idylles. Ce qui manque essentiellement à ces articles, cependant pleins de digressions, ce sont des considérations sur la véritable nouveauté de cette poésie, et sur la leçon que les contemporains pouvaient en tirer.

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