‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 104 sur 182 · Lycée français. Tome II (1819),p · texte numérisé non relu

Lycée français. Tome II (1819),p

Je prélère, aux quatre articles de Loyson, celui que V.Hugo écrivit dans le Conservateur sur le même sujet. Là, Chénier est véritablement senti, aimé; la critique estincertaine,et l'admiration mal formulée; mais, inconsciemment et sans pouvoir en donner la raison, le jeune poète a tressailli au contact d'un de ses précurseurs (1).

Les Messéniennes de C. Delavigne ont été accueillies avec enthousiasme par les libéraux, mais pour des raisons toutes politiques ; cependant on ne lira pas sans intérêt le jugement des Lettres normandes. Le rédacteur loue surtout Casimir Delavigne d'avoir développé en vers « des idées utiles, généreuses, constitutionnelles ». Il affirme que la politique et la poésie n'ont rien d'incompatible ; et, après avoir rappelé les trois premières Messéniennes, il ajoute : « C'est dans ces vers surtout que l'on trouve une noble réponse aux hommes qui prétendent que les idées de liberté ne conviennent pas à la poésie (2). » Les éloges donnés au style peuvent nous étonner. Mais n'oublions pas que nous sommes en 1819, et que les grands lyriques n'ont encore rien publié. Nous aurons lieu bien plutôt d'être surpris, quand nous lirons, en 1825, un article de Rémusat (dans le Globe), article où C. Delavigne est mis en parallèle avec Lamartine, et lui est, à certains égards, préféré (3).

V. Hugo, dans le Conservateur littéraire, relève chez C. Delà vigne le manque de « sensibilité vraie »: « Ce jeune poète, dit-il, doué d'une imagination vive et brillante, surprend le lecteur, mais l'attendrit rarement ». Il lui reproche de « se livrer à des exclamations qui glacent tout (4) ».

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