Conservateur littéraire, tome III (déc. 1820), p
sous LA RESTAURATION
leur est Victor Hugo. Byron, selon lui, est le chef d'une école qui s'oppose à celle de Chateaubriand : celui-ci chante la résignation; Byron le désespoir. Le jugement porté sur la personne et sur les ouvrages de Byron est intéressant, parce qu'il prouve chez le jeune Victor Hugo une certaine préoccupation de la critique relative. Mais il n'y a rien sur V influence actuelle de Byron, rien sur le profit que les poètes français peuvent tirer de la lecture de ses œuvres (1).
§ 2. — Les Méditations . — Les débuts d'A. de Vigny et de V. Hugo. — Les Nouvelles méditations et la Mort de Socrate (1820-1823).
Un des premiers articles consacrés aux Méditations est celui de Victor Hugo, dans le Conservateur littéraire (2). Après avoir cité la Semaine Sainte, le jeune critique dit : « ... Ces vers m'étonnèrent d'abord, ils me charmèrent ensuite. Hs sont dépouillés, à la vérité, de notre élégance mondaine et de notre grâce étudiée ; mais ils respirent une harmonie douce et grave ; ils sont riches d'idées ; et cette richesse-là n'est pas d'emprunt. » De la pièce intitulée Invocation, il écrit : « Le véritable amour, l'amour triste et sérieux y est exprimé avec une mollesse vague et expressive...» Puis il établit un parallèle entre A. Chénier et Lamartine, parallèle dont la conclusion, sous sa forme antithétique, peut faire sourire : « ... Enfin, si je comprends bien des distinctions du reste assez insignifiantes, le premier est romantique parmi les classiques, le second est classique parmi les romantiques. »