Conservateur littéraire, tome 1 (avril 1820) p
A la même date paraît, dans le Lycée français (1), ua article de Gh. Loyson. Là, malgré les restrictions et les critiques qui trahissent le jeune universitaire en défiance de lui-même, la beauté propre des Méditations est bien saisie. Je signale tout particulièrement une définition générale de la poésie considérée en ellemême, à l'exclusion de tout genre déterminé, et qui est essentiellement romantique.
Le poète est lui-même la partie essentielle de ses œuvres et si elles plaisent, si elles intéressent, c'est qu'il y respire, qu'il les anime, que par leur moyen il pénètre et descend jusqu'au fond de nos âmes... Le poète chante comme l'oiseau, sans songer qu'on l'écoute, mais parce qu'il en éprouve le besoin et qu'il est fait pour chanter. Tous ses travaux tendent à le satisfaire lui-même intérieurement, en répondant à un modèle idéal d'harmonie, de sentiment, d'images qu'il se sent pressé d'exprimer fidèlement...
Et il juge ainsi Lamartine :
... Il est poète, voilà le principe de toutes ses qualités et une excuse qui manque rarement à ses défauts. Il n'est point littérateur, il n'est point écrivain, il n'est point philosophe, bien qu'il ait beaucoup de ce qu'il faut pour être tout cela ensemble ; mais il est poète ; il dit ce qu'il éprouve, et l'inspire en le disant...
Toute la suite de l'article serait à citer.Mais on s'étonne que Loyson, qui comprend si bien le caractère de Lamartine, donne pour exemple de cette poésie nouvelle la XI« Méditation, la Gloire, pièce assurément moins originale que toute autre, et où il semble que Lamartine ait usé des procédés chers aux lyriques pseudo-classiques, depuis J.-B. Rousseau jusqu'à G. Delavigne. Singulier choix 1