‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 110 sur 182 · Revue encyclopédique, lome VIII(1820), p · texte numérisé non relu

Revue encyclopédique, lome VIII(1820), p

plice ; l'homme est le criminel qui y est attaché ; et il emploie son courage à braver la justice et la miséricorde divine. Elle est, dans le christianisme et dans la poésie de M. de Lamartine, une épreuve; et la couronne est le prix de la résignation. » Genoude cite quelques vers de l'Espérance, — de V Enthousiasme, — de l'Automne, dont il goûte « la mollesse et la grâce. » 11 termine par quelques remarques assez justes sur la versification harmonieuse de Lamartine : « C'est l'âme qui y met l'accent... » (1).

Ém. Dupaty, dans la Minerve littéraire, est moins « indulgent ».

M. de la Martine a fait sans doute de beaux vers; mais il veut toujours paraître avoir rêvé sur une autre planète que la nôtre. Pourquoi s'attacher à ne rien dire comme tout le monde, faire des idées les plus communes de énigmes inintelligibles, les envelopper, pour déguiser leur nullité, de nuages métaphysiques, de vapeurs mystiques et de brouillards mélancoliques, qui ne laissent plus voir que le vide de la pensée, quand un rayon de bon sens les a dissipés ? Ce néologisme romantique n'est pas de la poésie. Les charlatans poétiques soufflent dans des chalumeaux de paille ; ils en font sortir des bulles éblouissantes, qu'un rien fait évanouir. Leurs faux brillants n'ont plus de valeur quand on les pèse... Ces poètes prétentieux et bizarres ne se comprennent pas eux-mêmes ; chacun de leurs hémistiches exigerait un commentaire. Qu'a voulu dire M. de la Martine dans cette strophe tirée du Lac ?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,

Que faites-vous des jourê que vous engloutissez ?

Parlez ! . .

Qu'est-ce que Véternité, le néant, êtres abstraits, que l'on prie de parler ? Quand un poète parle de la sorte,

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