‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 124 sur 182 · Mercure du XIX' siècle, tome IV (1824), p. 148 et · texte numérisé non relu

Mercure du XIX' siècle, tome IV (1824), p. 148 et

sous LA RESTAURATION

verra, les Hugo et les Lamartine I — A l'apparition du tome III des Odes et Ballades, Géraud écrit :

C'est un terrible révolutionnaire en littérature que M. V. Huj^o. Dédaigneux de tout modèle, rebelle à toute autorité, il soutient dans la préface de ses poésies qu'il ne faut reconnaître ni règles, ni limites ; qu'il est absurde de rester fidèle aux nuances de style que réclame tel ou tel genre... son style est comparable à celui de Scarron et de du Bartas...L'0(/e à Chateaubriand est un mélange d'obscurité, de bouffissure, et de choses grotesques, qui paraît devoir caractériser désormais les moindres productions de M. Victor Hugo... On ne trouverait peut-être aujourd'hui qu'un autre homme en France qui écrive de ce style à la fois ignoble, obscur et décoloré : c'est M. Lemercier ; mais M. Lemercier a fait Agamemnon, et nous voudrions pouvoir en dire autant de son jeune émule (1).

Géraud allait être satisfait, puisque l'année suivante V. Hugo devait donner Cromwell. Cependant, Géraud qui consent « à trouver des paillettes d'or dans ce torrent fougueux », conseille au poète « l'étude attentive des bons modèles ». Au cours du même article, il avait reproché à Hugo son admiration pour Napoléon ; on voit ici percer les inquiétudes du parti royaliste à l'endroit, de ce bonapartisme poétique qui, sans cesse réchauffé par les libéraux, devait inconsciemment préparer l'opinion publique à une restauration impériale. « Il y a sans doute, dit Géraud, dans la destinée de cet héroïque charlatan quelque chose qui sourit aux muses peu sévères de notre époque ; car elles s'efforcent à l'envi d'enfler des odes ou des messéniennes sur ce beau sujet. On ne sait quelle secrète similitude d'exagération, de

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