‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 127 sur 182 · Cf. p · texte numérisé non relu

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;28b LA PRESSE LITTÉRAIRE

OU tard il revienne en scène, et que le tissu de ses vers, comme un voile transparent, laisse percer les mouvements et les passions de son âme. La poésie lyrique sort de la pensée, tout empreinte du sentiment de celui qui l'a conçue, pour se porter successivement sur tous les objets. Monotone ou variée, détaillée ou vague, intime ou extérieure, elle a tous les caractères comme l'homme même; elle est universelle comme le monde; elle exprime toutes les impressions en présence de tous les spectacles. Une telle poésie doit plaire à notre âge. En reproduisant des émotions personnelles, elle satisfait à ce besoin du naturel et du vrai, goût dominant de l'époque ; et par son caractère de généralité, douée de la rapidité vagabonde de la pensée et même de la rêverie, elle répond singulièrement à cette disposition de doute et de contemplation où nous jettent les doctrines et les événements du siècle. L'univers et un seul homme, l'infini et l'individu, tel est le contraste qui fait le fond de la poésie lyrique comme de la pensée humaine (1).

Il distingue alors trois espèces de poésie lyrique : la méditation (Lamartine), la messénîenne (G. Delavigne), la chanson (Déranger). Et Victor Hugo, où le place-t-il? Nulle part. Ainsi les Premières Odes et les Nouvelles Odes, déjà parues, n'avaient point semblé à Rémusat dignes d'être mises en parallèle avec les Messéniennes.

Mais cette exclusion est propre à Rémusat.

Le Glohe, tout en se déclarant choqué de certains défauts, admire et s'avoue ému. En annonçant les Odes et Ballades, Dubois écrit :

Dans quelques jours, il va paraître un nouveau recueil de poésies de M. Victor Hugo. Nous avons bien souvent relevé avec sévérité les défauts de ce jeune poète, son dédain sauvage de la langue, ce goût des images incohé-

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