Sainte-Beuve avant les Lundis, p
en plaquette, une note (au Bulletin littéraire) où Victor Hugo est blâmé « de sa passion pour la gloire militaire et féodale » (1). Cependant, en annonçant la quatrième édition des Odes et Ballades, le Globe insère encore deux pièces : Pluie d'été et Rêves (2).
A. de Vigny donne en 1824 Eloa. La Muse française consacre à ce poème un article signé de Victor Hugo, article touffu, au préambule quelque peu incohérent, mais très sympathique, et dont voici la conclusion :
Il nous semble iacontestable que le talent de M. de Vigny a singulièrement grandi depuis l'apparition à' Héléna. De graves négligences dans l'ordonnance de ce poème, l'incohérence des détails, l'obscurité de l'ensemble, les singularités d'un système de versification qui a bien sa grâce et sa douceur, mais qui a aussi ses défauts particuliers, toutes ces taches que des critiques, à la vérité bien sévères, avaient remarquées dans la première publication de M. de Vigny, ne peuvent être reprochées à la seconde. La belle imagination de l'auteur s'est fortifiée en se purifiant; son style, sans rien perdre de sa flexibilité, de sa fraîcheur et de son éclat, a perdu les défauts qui la déparaient. Peut-être cependant y découvrirait-on encore quelques taches, en y regardant de très près; mais il faudrait avoir la vue bien basse. Quant à nous, nous n'envions à personne la triste satisfaction de compter des imperfections; et nous rangeons Eloa parmile petit nombre de ces beaux poèmes qui emportent un nom avec eux, de ces ouvrages qui sont conçus avec autant d'élévation que de profondeur, et dont les sujets ont été, en quelque sorte, pris avec une grande main : prensa manu magna (3).
Eloa n'est pas moins bien accueillie par le Mercure