‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 131 sur 182 · Globe, 15 avril · texte numérisé non relu

Globe, 15 avril

taisiste, des romantiques, ait dû paraître aux doctrinaires supérieur à Hugo et même, par la distinction assez raide de sa personne et de son talent, à Lamartine. Mais non. C'est ainsi que la Revue française, en 1829, formulera ce jugement que nous rapprochons des précédents, malgré la différence des dates, pour bien montrer que l'opinion des doctrinaires sur A. de Vigny resta la même jusqu'au bout.

Le style de M, de Vigny se montre brillant d'imagination..., mais d'une monotonie fatigante, surchargé de descriptions, souvent traînant et embarrassé, rarement simple, naturel et clair... Il se rapproche de Hugo avec lequel il avait d'abord peu de rapports... En s'épurant, son talent semble s'être refroidi (i).

Les romantiques, au contraire, ont continué à louer Vigny, et Brizeux fait ressortir, en cette même année 1829, avec une très grande justesse, mais en termes toujours sympathiques, le caractère à la fois hautain et mystique du poète gentilhomme:

Peut-être sa renommée n'a t-elle point reçu cette consécration populaire qu'il semblait alors de bon ton de dédaigner, et que ses rivaux de gloire affectent aujourd'hui ; peut-être même M. de Vigny n'y atteindra-t-il jamais. Mais si nous préjugeons bien du caractère du poète par celui de ses œuvres, là n'est point son ambition. Que du reste il se console: il en est de ses vers comme de ces images antiques qui, retirées au fond du sanctuaire, étaient voilées à la foule, mais faisaient la contemplation et les délices des initiés.

... Bien qu'à l'exemple des jeunes adeptes de la nouvelle école, il ait mis quelques prétentions à cette mélan-

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