Revue française, n° IX (1829, mai), p
sous LA RKSTAURATIOX 293
colie rêveuse, à cette poésie intérieure qui nous est venue du Nord, la trempe tout expansive de son esprit donnait un continuel démenti à cette alFectation, dont au surplus la mode en chang-eant a déjà fait justice.
M. de Vigny est un homme du Midi, nous dirons plus, il est poète antique, et le fond comme le style de ses ouvrages, tout révèle en lui cette double origine (1).
Dans un second article, où il est plus particulièrement question d'Eloa, Brizeux donne à Vigny des éloges plus vagues, et vante surtout son style ; cependant, selon lui, ce style est trop brillant, et finit par causer une impression de fatigue (2).
Lamartine, en 1825-1826, donne le Dernier chant du pèlerinage de Childe-Harold et le Chant du Sacre. Ces deux ouvrages sont assez mal accueillis, et par les classiques monarchistes des Annales, et par le Mercure du XIX° siècle alors aux mains des classiques libéraux, et par les doctrinaires du Globe.
Aux Annales, E. Géraud écrit deux longs articles sur le Pèlerinage. Il commence le premier par un «éreintement » de Byron, et ajoute : « Tel est le modèle choisi par M. de Lamartine : on retrouve ici lord Byron tout entier. » Puis il analyse assez longuement le poème, dont il cite avec éloge quelques morceaux, et il dit en terminant : « Cette composition, malgré tout l'éclat dont elle brille, ne saurait entièrement mériter à l'auteur le suffrage des bons juges, quia ponere totum nescit (3). »
1. Mercure du XIX' siècle, tome XXV (1829), p. 178 (signé A. Bx.).