‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 133 sur 182 · Id. ibid., p. 304 (signé A. B. X · texte numérisé non relu

Id. ibid., p. 304 (signé A. B. X

3. Annales de la littérature et des arts, tome XIX (1825), p. 417.

Le second article est beaucoup plus sévère. Peut-être avait-on reproché à E. Géraud la modération du précédent. Voici, cette fois, les termes dont il use: «...Défaut de suite, obscurité, désordre dans la construction de la phrase poétique, négligence, insulte aux règles du langage,.. » Il reproche à Lamartine de « mêler des idées à ses descriptions ». Il juge son style « redondant », et le compare à celui de Lucain et de Brébeuf. Sans doute, le poème contient « des choses ravissantes », telle que les adieux de Childe-Harold à sa maîtresse, le passage sur la jeune Adda, le Songe... Mais on y trouve « des vers empruntés à la Muse puérile de nos poètes gothiques », et Géraud conseille à Lamartine d'étudier Delille (1).

Un abonné croit devoir, à propos de ces deux articles, écrire deux lettres à E. Géraud dont il approuve et accentue la critique. On jugera du ton par la conclusion de la seconde :

Il est à souhaiter pour sa réputation, comme pour notre littérature dont il peut être l'honneur, qu'il veuille en croire les c^ônseils pleins de sagesse et d'amitié par lesquels M. E. Géraud espère le ramener dans la route que nos grands modèles classiques lui ont tracée, et dans laquelle il a marché avec tant de bonheur et de gloire, dès ses premiers pas dans la carrière. C'est en s'en écartant qu'il est tombé dans la négligence et les défauts qui appartiennent essentiellement au genre romantique ; genre qui ne trouve de partisans chez la jeunesse actuelle que parce que, bravant toutes règles et tout frein, il est facile et

1. Annales..., tome XX (1825), p. 49. Quelques journaux monarchistes. {La Gazette de France, La Quotidienne), avaient reproché à Lamartine l'immoralité et Virréligion du Pèlerinage de Childe- Harold ; Lamartine fait allusion à ces attaques, et y répond dans l'Avertissement de son poème. (Cf. Édition Hachette, 1898, p. 219.)

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commode pour la médiocrité. Gomme de toutes les plantes exotiques, on peut juger de celle-ci par les mauvais fruits qu'elle a produits jusqu'à ce jour... J'espère aussi que, variant davantage ses tons, il sortira enfin de ces rêveries mélancoliques et vaporeuses, dont le plus grand talent d'exécution ne peut, à la longue, sauver la monotonie et f'ennui (1).

Au Mercure du A7X® siècle, Léon Thiessé a du moins un avantage, sans compter celui du talent; il peut parler en connaissance de cause de lord Byron qu'il a fait le premier pénétrer en France par ses analyses et par ses traductions (2). A ce titre, sa discussion du Pèlerinage n'est pas d'un profane. Il distingue du premier coup ce qui établit une différence essentielle entre le Pèlerinage de Byron, et la suite composée par Lamartine. « Le désordre de l'œuvre de Byron, dit-il, représente fidèlement sa vie ; la continuation de Lamartine est œuvre d'imagination : il y a plus d'ordre, mais moins de vérité... La divagation poétique(le mot nous échappe) de lord Byron nous attache, parce qu'elle peint l'état de son âme ; celle de M. de L... ne peut plaire que par le style. » Encore reproche-t-il à Lamartine écrivain de briller surtout dans des morceaux isolés et de manquer l'effet général. « C'est une suite de pièces de rapport. » Et il imagine plaisamment un voyage à Saint- Cloud, dont chaque tableau fournirait une tirade. L'article est spirituel et mérite d'être retenu (3).

Thiessé, en somme, semble placer le Pèlerinage de Lamartine fort au-dessous des Méditations. Tel n'est pas l'avis d'H. de Latouche qui, dans le même recueil,

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