Revue française, n» VIII (janvier
2. Mercure du XIX' siècle, tome XXIV (1^29), p. 119. Article signé D. J. E. (?)
comme un soleil ; de là une sorte d'impatience et de révolte intérieure (1).
Mais le Globe et la Bévue française vont, tout en se montrant peut-être trop sévères, déterminer avec sûreté le caractère des Orientales, et marquer, à cette date, leur place dans l'œuvre de V. Hugo ; on pourrait résumer les observations qui suivent, par ces deux formules : progrès de virtuosité, perte de l'inspiration.
Le Glohe ne donne d'ailleurs qu'un assez court article, non signé, pour précéder une citation des Orientales, Fantômes. Mais cette note est calculée; chaque expression y sent le critique avisé : ce ne peut être Sainte-Beuve, c'est probablement Dubois. Quel qu'il soit, le rédacteur signale dans les Orientales « les descriptions minutieuses, sans proportion avec l'ensemble de chaque composition, — l'absence trop fréquente de sentiments profonds, — un luxe tout extérieur, — une poésie pour les yeux. Ajoutez, dit-il, un goût bizarre du fantastique, placé au milieu des sujets les moins propres à les recevoir, et je ne sais quel amour des petits détails vulgaires relevés d'un éclat prétentieux. A dire vrai et court, les Orientales, sauf trois ou quatre pièces, attestent dans M. Hugo l'affectation d'une manière... A mesure que la correction grammaticale et l'habileté de la rime gagnent en lui, il semble perdre du côté de l'invention (2). »
Mais c'est dans la Bévue française, dans un article intitulé La Nouvelle Ecole poétique, que nous trouvons un jugement approfondi sur les Orientales. Le rédacteur (3), après des réflexions générales sur la nécessité
1. Mercure du XIX' siècle, tome XXIV (1829), p. 195 (art. non signé).