‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 144 sur 182 · Mercure du XIX* siècle, tome XX[X (1830), p · texte numérisé non relu

Mercure du XIX* siècle, tome XX[X (1830), p

sous LA RESTAURATION 311

d'idées, qui trahissent à chaque instant les eil'orts qu'on a faits pour paraître original. Si tous ces défauts disparaissaient, l'ouvrage en serait meilleur, nul doute ; mais il n'appartiendrait pas aussi exclusivement au romantisme, et il serait moins vanté (1).

La même Revue venait d'accueillir avec des observations analogues un ouvrage de caractère bien différent, [esConles d'Espagne et d'Italie d' A. de Musset. C'est toujours le même reproche d'originalité à tout prix. Les intellectuels, les rationalistes de la Revue française devaient être aussi choqués par la capricieuse et impertinente fantaisie de Musset, que par la mièvrerie ou la trivialité de vSainte-Beuve :

Déjà plus d'une fois nous avons vu apparaître des compositions informes, dont tout le mérite est dans l'exagération des sentiments, dans le décousu des idées, et principalement dans une certaine prétention de style d'autant plus choquante qu'elle emprunte les apparences de la naïveté. Voici encore M. de Musset qui, parla publication de ses Contes d'Espagne et d'Italie, semble vouloir apprêter un facile triomphe aux nombreux ennemis de l'école romantique. [Le rédacteur cite quelques vers des Marrons du feu, de VAndalouse, de la Ballade à la lune, et conclut :1 On s'y perd, et il faut bien se séparer de M. de Musset, puisqu'il devient tout à fait inintelligible (•2).

Mais nous voilà parvenus à la date de 1830, que nous nous sommes assignée pour borne. C'est donc le cas de citer deux témoignages contradictoires, sur Vétat de la poésie. Le premier sera un fragment de l'article auquel nous venons d'emprunter ce jugement sur les Consolations, et qui prouve que le parti doctrinaire,

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