M., tome IV (1820), p
sous LA RESTAURATION
l'auteur français se soit privé des ressources du merveilleux{l).
Rérausat devait compléter les idées résumées plus haut, dans un article des Tablettes universelles, paru en 1821, à propos du livre de Guizot sur Shakespeare. Après une série de comparaisons judicieuses entre notre théâtre et celui de Shakespeare, entre notre goût et celui des Anglais, Rémusat en arrive à conclure selon sa méthode déduclive que, nos goûts et nos mœurs ayant changé, il faut modifier notre littérature: « En éclairant la littérature par l'histoire, dit-il, on peut jeter un jour nouveau sur le fameux débat du genre classique et du genre romantique. On parvient ainsi à le réduire d'abord à cette question qui se décide par le fait : « Les peuples modernes ont-ils tort d'avoir une littérature nationale, et surtout un théâtre national?... > Pas plus que celle de l'État, la liberté du théâtre n'est un désordre ; c'est un art nouveau, le plus difficile, peut-être, le plus sublime (2)... »
A l'occasion d'un drame en cinq actes de Laya,Fa/A;land, un rédacteur des Tablettes universelles, Sylv. Dumon, distingue les sujets qui peuvent s'accommoder des unités classiques, et ceux qui y répugnent. La tragédie historique est impossible, avec les unités. Or, s'il est un genre qui convienne à notre époque, c'est celui-là.
C'est de nous-mêmes, de nos intérêts, de notre histoire, qu'il faut nous parler aujourd'hui : le théâtre est comme une tribune poétique. A défaut d'une impulsion plus sérieuse et plus forte, le besoin littéraire de la nouveauté eût jeté les poètes dans cette route inconnue : ils