Id., 3 mai
Roméo et Juliette de Soulié (1) ; cette dernière pièce est traitée de mélodrame. Magnin se montre particulièrement dur pour un drame d'Epagny, Lancastre ; il y voit un essai de transaction entre le drame romantique et la tragédie classique :
Deux ou trois lieux communs romantiques cousus à un fond de tragédie des plus usés... Deux soldats en faction qui causent, comme dans Marie de Brabant ; trois hommes du peuple qui conversent, comme dans Marie de Brabant, et qui de plus clouent la tapisserie qui recouvre le trône du roi, comme dans Cromwell . H y a encore une reine qui tombe dans une folie subite et mortelle, . . Enfin il y a un voile blanc horriblement ensanglanté, dans lequel M''® Charton s'enveloppe avant de mourir... Voilà toute la part du romantisme. L'école nouvelle la répudie ; elle ne voit absolument aucune hardiesse dans la mise en œuvre de ces colifichets romantiques, aussi surannés etaussiridicules que les confidents, les marquis, les songes et les récits classiques. . . (2)
On sait cependant la place que ces colifichets doivent continuer à tenir dans le drame romantique.
Aussi ne faut-il pas s'étonner de trouver, dans la Bévue française, nn éloge presque sans restrictions d'une pièce juste milieu, le Marino Faliero de C. Delavigne. « Nous n'hésitons pas, dit le rédacteur, à placer (cette pièce) audessus de tous les essais tentés depuis un temps sur nos divers théâtres pour l'affranchissement et les progrès de l'art dramatique ». Voilà qui est beaucoup dire, semble-t-il ? Car enfin, Marino Faliero fut joué à la Porte Saint-Martin le 30 mai 1829, et le 11 février de la même année avait paru Henri III. Mais Henri III est un drame