Id., t. XXVIII (1830), p
les incidents des représentations (1), sur Hernani et la cabale (2), sur les Parodies d' Hernani {Z).
Le Globe accueille Hernani avec équité. Ch. Magnin consacre à la pièce trois articles (4). Dans le premier il signale en termes assez heureux la nouveauté de l'ouvrage, et son importance comme date littéraire. Jusqu'à ce jour, on en était aux discussions théoriques.. « Ces questions sont épuisées, dépassées. C'étaient préfaces indispensables : nous sommes arrivés au livre, l'œuvre est commencée ; elle est sous nos yeux : il s'agit aujourd'hui d'en jouir, et, s'il se peut, de la juger. » Magnin déclare que Victor Hugo vient (de même que Racine en 1667 avec Andromaque) de créer un genre. « Il nous semble que M. Victor Hugo vient d'exploiter, je ne dirai pas une forme, mais une source nouvelle d'émotions dramatiques, et de nous donner un drame dont l'avènement n'a guère été possible que depuis trente ans, et qui, depuis quinze, a été vingt fois tenté sans succès : nous voulons parler du drame d'imagination (5). » C'est surtout dans son second article que Magnin plaide avec verve et par de bons arguments, la légitimité du drame d'imagination:
Nous connaissions, dit-il, la tragédie héroïque de Corneille, la tragédie tendre et passionnée de Racine, la tragédie déchirante et philosophique de Voltaire: l'auteur de Hernani semble avoir voulu nous faire connaître un plaisir tragique d'un autre ordre, un plaisir qui passe bien par le cœur et par l'esprit, mais qui agit principalement et par-dessus tout sur l'imagination... Il a convié