‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 172 sur 182 · Id., V mars · texte numérisé non relu

Id., V mars

l'imagination à son drame, et il ne l'a pas fait enlrer à la dérobée : il l'a introduite avec éclat, trop d'éclat peutêtre, et l'a fait asseoir à la première place. Il était naturel qu'une telle innovation fît un grand scandale...

Et Magnin cherche à réfuter les arguments de ceux qui veulent ramener le théâtre aux préceptes de Boileau.

Il examine de plus près V exécution du drame, et reproche à Victor Hugo, d'avoir, dans un sujet romanesque, et parmi des personnages imaginaires, placé un héros historique, Charles-Quint.

Cela, dit-il, rend la raison plus exigeante. Ne lui montrez que dona Sol, Hernani, don Gomez, elle croira tout ; elle croira au pacte insensé du jeune homme ou du vieillard ; elle croira à l'ordre de mort que le son du cor apporte. Mais si vous la voulez si crédule, il faut en retour qu'aucun nom puissamment historique, qu'aucune figure d'une réalité trop évidente ne l'éveille et ne détruise son rêve (1).

Dans son troisième article, Magnin continue à défendre Hernani. Il raille ceux qui l'attaquent. Mais s'il subit le charme de la pièce, et s'il justifie les hardiesses de Victor Hugo, il n'en garde pas moins son indépendance critique, et ses observations de détail, très judicieuses, valent encore aujourd'hui. En un mot, le Gtobe fait à Hernani un accueil presque enthousiaste, bien plus chaleureux en tout cas que ne l'auraient fait supposer les timidités de l'école doctrinaire.

Mais la Revue française se montre plus sévère. Là, Rémusat consacre au drame de Victor Hugo un long article, écrit non pas au lendemain de la première

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