‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 18 sur 182 · IV, 189 (nov. 1818) toire de la Presse, VIII · texte numérisé non relu

IV, 189 (nov. 1818) toire de la Presse, VIII

sous LA RESTAURATION 61

cueil essaya d'éviter, tout en continuant une campagne libérale, les « rigueurs de la censure ».

... Nous venons, disent les auteurs, de former une société qui publiera un ouvrage en quatre volumes, sous le titre de la Minerve française, et qui sera divisé en cinquante-deux livraisons. Il en paraîtra treize par trimestre, mais à des époques indéterminées ; dépouillant ainsi les formes périodiques, nous pourrons, libres de toute censure, user du droit que la Charte donne à tous les Français de publier leurs opinions. S'il y a moins de régularité dans nos envois, il y aura donc plus de franchise dans nos écrits. Nous jouirons d'une entière indépendance ; elle n'aura de limites que celles de la loi. Suppléant au silence forcé des journaux quotidiens, nous nous livrerons avec sagesse à des considérations sur la position générale de l'Europe^ sur les débats des Chambres, sur les actes de l'administration en F'rance ; nous aborderons toutes les questions d'utilité publique, et nous donnerons à la partie littéraire de l'ouvrage un nouveau relief, en prenant dans nos articles une allure plus franche et plus décidée...

... Chaque livraison portera toutes nos signatures; nous sommes tous solidaires de ce que nous écrirons tous en particulier, et il nous semble que la garantie de dix hommes de lettres qui se nomment, vaut bien, pour l'autorité, celle d'un censeur, quel qu'il soit... (1)

Les auteurs font ensuite allusion à certaines menaces du gouvernement : « on serait prêt à retenir, dans les bureaux de la direction des postes, les livraisons destinées à la province » ; et ils terminent en citant la lettre qu'ils viennent d'adresser à Son Excellence le ministre de la police générale. Ce document vaut la peine d'être cité :

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