Hatin. Bibliographie, p. 3i
sous LA RESTAURATION
qu'il était accusé d'avoir frauduleusement soustrait à ladite dame la succession du défunt Mercure, se composant de souscripteurs, lecteurs, etc., dont la plaignante était la seule et légitime héritière. A ces causes, etc.
L'inculpé soutient qu'il est innocent, et que le jour n'est pas plus pur que ses registres d'abonnement ; au reste, il prouvera qu'il n'a recueilli d'autre succession du trépassé que les mots de l'énigme, charade et logogriphe, insérés dans le numéro du 31 janvier 1818.
Un magistrat, professeur célèbre, et juge ignoi'é, qui est remonté après avoir descendu, décidera dans cette affaire de légitimité.
Dame M..., demanderesse, affirme qu'elle n'est autre chose que le Mercure sans culotte.
Sire Mercure, défendeur, prétend que, loin de descendre de Mercure, dame M... est sortie tout armée, non du cerveau, mais des antichambres de Jupiter-Scapin.
Non nosfrum... (1).
Ce nouveau Mercure disparut en 1820; plus tard, en 1823, on trouve le Mercure du xix« siècle, avec quelques rédacteurs venus de la Minerve.
La mort du duc de Berry ayant provoqué le rétablissement de la censure, la Minerve, en mars 1820, dut cesser de paraître. A la dernière page de la dernière livraison, Évariste Dumoulin écrit :
La note que je viens de tracer terminera la centtreizième livraison de la Minerve. Elle contient probablement les derniers accents de liberté qu'il nous sera permis de proférer dans un ouvrage qui fut constamment consacré à la défense de la Charte, du trône et des droits de la nation. Cependant si, entourés des chaînes qu'on nous prépare, il nous reste encore quelque voie pour faire entendre des vérités utiles, on peut se reposer sur notre