Cf. p. 126 et
3. E. Jouy (1769-1846). Guyane (1785) ; Indes (1787-1789) ; Zurich, Lille ; retraité en 1797 ; La Vestale (musique de Spontini), 1807 ; commence son Hermite de la Chaussée-d' Aniin (Gazette de France) en 1812 ; Tippo-Saïb, 1812 ; Acad. fr. 1815 ; Minerve, 1818-1820 ; Bélisaire (non joué) 1818; Sylla (avec Talma, 80 repré-
sous LA RESTAURATION 73
Celui qui s'est appelé Vllermite fut pendant une trentaine d'années un voyageur aventureux, un soldat brillant, au service de l'ancien régime, puis de la Révolution. Il a connu, aux Indes, ce Tippo-Saïb dont il devait faire le héros d'une de ses tragédies. Qui ne croirait qu'il rapporte soit de l'Orient, soit de la Guyane, des impressions et des sensations neuves ? Mais il n'avait rien ni d'un Bernardin de Saint-Pierre, ni d'un Chateaubriand, rien même, comme poète, rien de ce Parny auquel il succéda à l'Académie française. Bourgeois voltairien, esprit sec et ironique, écrivain à la plume alerte et finement aiguisée, déplorable pasticheur enpoésie du style pseudo-classique le plus démodé, Jouy semble n'avoir jamais quitté cette Chaussée-d'Antin oii il établit en 1812 son principal ermitage.
Par contre, il était néjournaliste.Il a fondé la chronique, comme Geoffroy le feuilleton. A la Gazette de France, au Mercure, à la Minerve, au Constitutionnel, il a écrit de très nombreux articles, les uns, d'une observation assez spirituelle sur les mœurs et les modes du jour, les autres à tendances politiques. Jouy, tout comme Etienne, oublia sous la Restauration qu'il avait été censeur sous l'Empire. Jouy est un classique xvm« siècle ; mais il ne touche aux œuvres littéraires que par occasion, et toujours avec une arrière-pensée politique.
sentations) 1821 ; Julien dans les Gaules (non joué) 1321; Constitutionnel. L'Hermite de la Chaussée-d'Antin est continué par l'flérmite de la Guyane (1S16), les Hermites en pmoii{1823), VHermite en province (1824). Œuvres complètes. 29 vol. 1S23-1828 ; Cf. Biographie Michaud, art. de E. Legouvé. J. Janin, Débats, ^ sept. 1846 ; Discours de réception à l'Académie française de son successeur, Empis, 1847. Cf. Jugements historiques et littéraires, de Féletz(18;0j pp. 435-443, et Geoffroy, p. 395.