‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 24 sur 182 · LA PRUSSE LITTERAIRE · texte numérisé non relu

LA PRUSSE LITTERAIRE

Plus neiiemeQlanli-romantiqueesiJay(l).Sans doute, sa collaboration à la Minerve est aussi souvent politique que littéraire. Mais Jay sait être, à ses heures, beaucoup mieux qu'un chroniqueur, un critique. Dès le premier volume de la Minerve, ses articles sur les œuvres d'Andrieux (2) et sur les Mémoires de M»^^ d'Épinay (3) ; aux tomes VI et VII, ceux qu'il consacre au Cromwell de Villemain(4),sont composés et écrits par un homme qui veut faire connaître à ses lecteurs le contenu et l'esprit des livres qu'il vient de lire. On peut regretter qu'entraîné de plus en plus par la politique militante, Jay perde souvent la clairvoyance et le sang-froid nécessaires à la vraie critique ; mais il y a, peut-être à cause même de ce défaut qui est celui de toute l'école pseudo-classique, beaucoup à glaner dans les A. J. de la Mi'nerye. D'ailleurs, Jay ne s'est pas contenté, comme Jouy,ou comme Élienne, de lancer quelques traits contre les novateurs littéraires ; dans son cours, à l'Athénée, il se posa en adversaire résolu des romantiques, et il publia, en 1830, cette Conversion d'un romantique où il vise plus particulièrement les Poésies de Joseph Delorme,de Sainte-Beuve.

Il reste à nommer, pour terminer cette revue des col-

1. A. Jay (1770-1854), Voyage en Amérique de 1795 à 1802 ; Lauréat de rAcadémie française 1810 et 1812 ; dirige le Journal de Paris ; professe à VAlhénée ; Minerve 1818-1820 ; Constilulionnel (jusqu'à sa mort) ; la Convei'sion d'un romantique, 1830 ; Académie française 1832 ; public choix de ses articles : Le Glaneur ou Essais de Nicolas Freeman, 1^12 fOEuvres liltéraires, 4 vol. 1831. Cf. Constitutionnel, 15 avril 1854 jDisc. de réception à TAcad. fr. de son successeur, Sacy, 1855, Cf. Jugements liisloriques et littéraires, de Féletz (1S40) p. 443.

Page 1