‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 45 sur 182 · M. DCCC. \X · texte numérisé non relu

M. DCCC. \X

crés à la Mort de Socrate, aux Nouvelles méditations, au Dernier chant du pèlerinage de Childe-Harold, sont plutôt durs. Hugo devient l'objet d'articles sévères et presque ironiques. Seul Vigny continue à provoquer une respectueuse admiration. Quant à Chateaubriand, il reste le dieu intangible. Alex. Dumas, enfin, est jugé, dans le dernier numéro, d'une façon presque malveillante.

D'ailleurs, qui chercherait, non seulement dans la même année des Annales, mais dans le même numéro, une « doctrine », serait assez déçu. Ce « panachement » même est significatif. Il prouve que les camps n'étaient pas aussi tranchés qu'on le croit, et que certains journaux gardaient une position intermédiaire en littérature.

Les noms des rédacteurs sont intéressants à connaître. Un mot d'abord de ceux qui figurent sur le titre même des Annales.

Charles Nodier n'a pas besoin de notice. Mais il est bon de remarquer que cette période de sa vie (1820- 1829) coïncide précisément avec la publication de ses œuvres les plus originales : Adèle, lord Rulhiven, le Vampire (mélodrame), Bertram (tragédie de Maturin, traduite), Smarra, Trihly, etc. On ne sera pas surpris de voir que l'imagination tienne une large place dans sa critique, et l'imagination la plus fine, la plus capricieuse. Il s'occupera souvent da romantisme frénétique, dont le Vampire et Smarra semblent être de spirituelles parodies. Enfin, c'est en 1823 que Nodier devient bibliothécaire de l'Arsenal ; à partir de cette date, son salon est le centre du premier cénacle ; de là l'importance de sa critique aux Annales.

Ses principaux articles sont : compte rendu du Petit- Pierre, traduit de l'allemand de Spiess, dans une note

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romantique aussi montée que celle de la Muse française ; il y réprouve vivement le genre frénétique (I). Un deuxième article, sur le même ouvrage, contient des traits piquants à l'adresse du romantisme en général (2). — Chefs-d'œuvre du théâtre étranger (édition de Lavocat) : très bonnes réflexions sur la nécessité de traductions intégrales (3); un deuxième article, moins important (4). — Œuvres complètes et inédites de Millevoye : bon pour l'étude des conditions sociales et politiques favorables à l'éclosion de la poésie (5) ; nous aurons à le citer (6).

Après le tome X, je ne retrouve plus le nom de Ch. Nodier. Peut-être faut-il lui attribuer un article sur la Jane Shore de Lemercier, signé Le Vieil amateur (7)?

Ancelot écrit des articles : sur les Opuscules poétiques de Carnot, très sévère (8), — les Poésies deM'"eDesbordes-Valraore (9)— sur les Poèmes d'A.de Vigny, très élogieux (10). En 1820, Ancelot n'était encore que l'auteur d'une tragédie, Louis IX, ouvrage assez faible de conception et de style, mais auquel le parti monarchique ultra avait fait un gros succès, par esprit d'opposition à celui que les libéraux faisaient alors, plus justement d'ailleurs, aux Vêpres Siciliennes de C. Delavigne. En 1823, Ancelot donna le Maire du Palais ; en 1824, un Fiesque imité de Schiller; en 1828, Olga ou Vorpheline

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