‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 5 sur 182 · Annales. Tome VII (1S22), p · texte numérisé non relu

Annales. Tome VII (1S22), p

sous LA RESTAURATION

ticles donnés par lui, entre 1817 et 1830, à différents périodiques, écrit dans sa préface : «... Ce qui m'attache à ces essais choisis parmi beaucoup d'autres, c'est le passé dont ils sont, je ne veux pas dire un monument, mais un témoignage (1). » Et il met ceci, en note d'un article consacré à Lamartine : « Toutes ces observations sur le talent et les idées de M. de Lamartine paraîtront peut-être assez piquantes, aujourd'hui que le temps les a complètement démenties (2). » Mais il a voulu tout de même, en critique qu'il était, reproduire loyalement son témoignage daté. Bien différent en cela de Victor Hugo qui, réimprimant dans Littéraliire et Philosophie mêlées quelques articles de sa jeunesse, les a modifiés, c'est-à-dire mutilés, soit par coquetterie d'écrivain, soit par prudence. M. Souriau cherche à justifier ces changements ultérieurs ; je ne crois pas qu'il ait raison de le faire (3). Montaigne disait: « Celui qui a hypothéqué au monde son ouvrage, je trouve apparence qu'il n'y ait plus de droit. Qu'il die, s'il peut, mieux ailleurs, et ne corrompe la besogne qu'il nous a vendue (4) ! » Précepte discutable et presque paradoxal, quand il s'agit d'un livre, mais vrai d'un morceau de critique, paru à un certain jour, et qui se trouvait ce jour-là en corrélation avec le milieu social. En le modifiant le jour où vous le réimprimez, vous trompez criliquement et moralement vos lecteurs ; et, si vos idées ont changé, écrivez un autre article ! mais ne nous donnez point le change, sur un passé qui ne vous appartient plus.

Page 1