‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 7 sur 182 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DANS QUELLES CONDITIONS SE PUBLIENT LES .. PERIODIQUES » DELA RESTAURATION.- LES DIFFÉRENTS «GROUPES » ET LEURS ORGANES : « CLASSIQUES », « ROMANTIQUES », - DOCTRINAIRES «

Que faut-il entendre par la presse littéraire sous la Restauration ?

Tout d'abord, presse désigne ici la presse périodique. Cette indication n'est pas superflue. Sous la Restauration, en efifet, les lois sur la presse qui, aujourd'hui, s'appliqueraient, sans équivoque possible, aux journaux et aux revues, sont relatives à « tout ce qui sort de la presse à imprimer » : livres, brochures, journaux. On n'a, pour s'en convaincre, qu'à lire le texte des lois sur la presse de 1819 ou de 1828. La presse littéraire dont nous nous occupons est plus restreinte : elle exclut le livre et la brochure non périodique.

D'autre part, on pourrait comprendre dans la presse littéraire la partie littéraire (feuilletons, variétés, etc..) des journaux politiques tels que les Débats, le Constitutionnel, la Gazette de France, la Quotidienne. Or, ces feuilletons, ces variétés, nous ne les bannissons pas complètement de notre étude ; mais ils n'y doivent entrer qu'à titre de comparaison.

Nous entendons ici par presse littéraire : les brochu-

res périodiques (Le Lycée français, la Minerve, la Bévue française, etc..) analogues à nos revues actuelles, et les journaux non quotidiens (tels que Le Globe de 1824) dont l'objet propre est de suivre le mouvement des idées et non d'enregistrer les faits.

Dans quelles conditions se sont fondés ces journaux ?

« Je ne sais, dit Hatin, quelles destinées sont réservées à la presse ; mais on peut douter qu'elle retrouve jamais ses beaux jours de la Restauration. Quelles luttes alors, et quels athlètes (1) ! » Le jugement doit s'appliquer surtout à la presse politique ; mais la presse littéraire, elle aussi, nous en semble digne, soit par son histoire, soit par la qualité de ses rédacteurs, soit par l'opportunité et même par la justesse durable de ses opinions.

Bien que la discussion des lois sur la presse reste en dehors de notre sujet et qu'il puisse nous suffire de renvoyer à la Bibliographie de cette question, établie par Hatin (2), toutefois il est indispensable, pour le lecteur des chapitres qui vont suivre, de pouvoir juger .approximativement, d'après la date d'un journal ou d'un article, des conditions politiques et sociales au milieu desquelles le rédacteur écrivait, — ne fût-ce que pour se sentir averti, et pour s'habituer à lire, assez souvent, entre les lignes.

On n'oubliera donc pas que le régime de la presse, sous la Restauration, se transforma plusieurs fois. — De 1815 à 1819, période de tâtonnements, de tergiversations, de défiances mutuelles. La Charte de 1814 avait inscrit parmi ses promesses « la liberté de la presse » ; et si l'on songe à la pression formidable que l'Empire

1. Hatin. Manuel théorique et pratique de la liberté de la presse, 1868, 1,119.

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