‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 8 sur 182 · Hatin. M., Il · texte numérisé non relu

Hatin. M., Il

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avait fait peser sur les livres et sur les journaux, on conçoit quelles durent être tout ensemble les espérances et les craintes des différents partis, quand le moment fut venu pour la Restauration d'exécuter celte promesse. Des dispositions temporaires, moins vexatoires à leur heure qu'elles ne le paraissent à distance, permirent au gouvernement de Louis XVIII de gagner la session de 1819 sans supprimer la censure.

Cette année-là, fut votée la nouvelle loi, bien restrictive encore, semble-t-il, mais dont tout de même M. de Serre a pu dire légitimement « qu'elle fonda la liberté de la presse ». — « Pour la première fois, écrit Hatin, se trouve nettement formulée la distinction entre la presse ordinaire et la presse périodique. A l'une, liberté complète, sous la responsabilité de ses abus ; à l'autre, dont les moyens d'influence et d'action sur l'opinion sont incessants et énergiques, on demande des garanties contre ses écarts et ses abus. Les journaux, dans la nouvelle législation, étaient sans doute moins favorablement traités que les livres: on leurimposait un cautionnement, un éditeur responsable, les peines étaient rigoureuses ; mais ils échappaient à l'arbitraire, la propriété était constituée, on leur donnait des lois et des juges : c'est un progrès immense (1). »

Ce n'est pas en effet à notre législation actuelle, nous ne saurions trop le répéter, qu'il faut comparer la loi de 1819, mais bien à la législation du premier Empire; à cette condition seulement, on l'appréciera avec équité. « Je ne voudraispas affirmer, écrivait Guizot enl858, que les lois votées en 1819 sur la liberté de la presse fussent en parfaite harmonie avec l'état des esprits et les besoins de l'ordre à cette époque. Pourtant, à quarante

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