‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 96 sur 182 · Globe, 29 janv · texte numérisé non relu

Globe, 29 janv

sous LA RESTAURATION 237

la terre ; autant vaudrait conserver les lois primitives au sein des civilisations modernes. Aussi leur hardiesse vat-elle jusqu'à croire qu'il convient toujours mieux de copier la nature que des copies de la nature, de recevoir l'impulsion de son temps que celle d'un autre, de créer que de reproduire. Pour goûter les ouvrages des Anglais et des Allemands, comme ceux des Grecs et des Latins, ils s'efforcent d'entrer dans la civilisation de ces diverses nations, de se pénétrer pour un moment de leurs mœurs, de leurs croyances ; et ainsi disparaissent pour eux une foule de défauts relatifs dont triomphent les classiques. Le siècle de Louis XIV lui-même n'est, à leurs yeux, qu'une brillante époque, illustrée par les plus beaux génies, mais aussi étrangère à l'état actuel de nos esprits que les siècles de Périclès et d'Auguste,... En un mot, asservissement aux règles de la langue, indépendance pour tout le reste ; telle doit être au moins la devise des romantiques ; tel est le drapeau qu'ils opposent à celui qui porte en grosses lettres les mots intolérance et routine : l'avenir dira quel est le meilleur.

... On aura beau faire, ce qu'on appelle le romantique doit triompher, soit sous ce nom, soit sous un autre ; parce que là seulement il y a vie, activité, mouvement en avant.

Peu de temps après, le Globe constate que « le public attend et que les esprits sont en mouvement. La littérature est à la veille d'un 18 Brumaire ; mais Dieu sait où est Bonaparte I Exoriare aliquis (2).

Mais le même journal constate aussi que les partisans mômes d'une renaissance littéraire ne sont pas d'accord : sans doute, le romantisme gagne du terrain, mais quelle sera sa forme définitive ?

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