‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 97 sur 182 · d., 17 mai · texte numérisé non relu

d., 17 mai

... Rien ne ressemble moins aux Français de 1780 que les Français de 1825, et il est clair que leurs plaisirs littéraires ne peuvent être les mêmes, pas plus que leurs lois, que leurs m(Eurs et leurs institutions; mais ces changements que nous appelons de tousnos vœux, quels seront-ils? Ici, les novateurs cessent d'être d'accord : ennemis de la révolution, les uns ne demandent à la littérature nouvelle que des pleurs, des gémissements et surtout des inspirations religieuses ; tandis que les autres la voudraient énergique et vraie, positive et philosophique. En un mot, là comme ailleurs, il se trouve un côté gauche et un côté droit unis contre le centre^ mais divisés sur tout le reste (l)...

D'ailleurs, le Glohe n'admet pas que l'on se contente de railler les tentatives même maladroites des romantiques ultras. Viennet, dans la Préface de son Siège de Damas, avait attaqué étourdiment les novateurs, au nom des principes à la fois politiques et littéraires du XVIII* siècle. Le Glohe lui réplique :

... Quand on veut traiter une question de cette importance, il faut la prendre à sa source ; et alors on ne s'attache pas à quelques faits particuliers, à quelques opinions de détail ; on ne se passionne ni pour ni contre tous ces essais tentés depuis dix ans sans succès. Quand toutes les opinions religieuses, morales et politiques sont en travail on ne s'étonne pas qu'elles troublent la littérature, et que, dans l'impuissance de réaliser le type après lequel chacun soupire, on se fatigue en mille tentatives, dont aucune ne réussit à donner le parfait modèle, mais qui toutes ont l'inestimable avantage de dégager de plus en plus l'obscurité de l'instinct qui nous pousse à sa recherche. On se lasse à le répéter, mais le siècle fait un pas: vos épigrammes voltairiennes, vos dédains de petits-maîtres n'arrêteront

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