n était né le 21 août
déjà en possession de la plupart des qualités qui devaient faire de lui, sinon le plus sage, du moins le plus brillant de nos historiens. Alfred Nettement suivit son cours pendant trois années, et voici dans quels termes, en 1844^ il rappelait les impressions que cet enseignement lui avait laissées :
«( M. Michelet commençait sa carrière de professeur quand je terminais mes études d'écolier, et c'est ainsi que nous nous sommes pour la première fois rencontrés, lui dans la chaire» moi sur les bancs d'une classe. Nous admirions, je m'en souviens, ce jeune professexu: à la vive et puissante imagination, 4 la parole éloquente, quoique un peu sententieuse, qui se jetait dans les profondeurs de l'érudition scolastique sans parvenir à éteindre ce rayon de lumière que Dieu lui avait allumé au. front, et, après être descendu, comme un hardi mineur, dans les abtmes de l'étude, reparaissait tout à coup s^s que la nuit de ces lieux sombres eût obscurci les clartés qui illuminaient son visage. Il était dès lors ce qu'il a été depuis, érudit et poète, savant et inspiré, d'une érudition quelquefois vraie, d'autres fois aussi g&tée par la poésie, d'un savoir quelquefois illuminé et d'autres fois aussi ébloui par l'inspiration *. »
Le 11 décembre 1822, — Alfred Nettement venait de commencer son année de rhétorique, — le collège Sainte- Barbe célébra la fête annuelle de sa patronne avec un éclat inaccoutumé. Devant un nombreux auditoire, où se
1. Etudes eritiqu€S sur le Feuilleton'Roman, par Alfred Nettement, t. n, p. 262.
pressaient, à côté des hauts dignitaires de l'Université^ les élèves de Tancienne Sainte-Barbe, dont beaucoup occupaient un rang distingué dans les lettres et les sciences, dans la politique et au barreau, les meilleurs élèves de rhétorique et de philosophie lurent difiérents morceaux d'éloquence et de poésie de leur composition. Les héros de la fête furent MM. Gharlier, Noôl de Wailly, Tripier, Désiré Nisard et Alfred Nettement. La pièce de vers latins, dont ce dernier donna lecture, eut les honneurs de la séance, et le Journal des Débats^ dans son numéro du 13 décembre, en rendit compte en ces termes :
« M. Nettement a traité, dans une pièce de vers d'une assez grande étendue, rétablissement de l'Académie de Paris dans les bâtiments de la Sorbonne. H a considéré ce sujet dans ses rapports avec la Religion et avec les sciences humaines, qui toutes ont trouvé un asile magnifique et un centre d'unité dans ces beaux b&timents, qui semblent appeler les cendres exilées de leur fondateur * et celles de l'autre Richelieu* sous le ministère duquel la restauration de la Sorbonne a été ordonnée. L'éloge de M. le Grand-Maître de l'Université ' et celui de M. le Recteur de l'Académie de Paris ^ étaient liés trop naturellement à ce sujet pour y être oubliés. »
A la fin de cette première année de rhétorique, au mois