n ett né, l'Enfant du miracle. (Ode de Lamartine
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joie qu'il venait d'éprouver, Alfred Nettement rentrait à sa pension. A cette époque, les élèves de Sainte-Barbe, en même temps qu'ils avaient une classe et des professeurs spéciaux à la pension même, suivaient les cours du collège Henri IV. Parmi les élèves de Henri IV qu'Alfred Nettement eut pour camarades, était Alphonse Gratry-Maillard, — celui qui sera l'abbé Gratry. Us formèrent alors sur les bancs du collège, à l'ombre de la vieille tour de Glovis, les premiers liens d'une forte et durable amitié.
Bien qu'il eût, à la fin de son année de seconde, remporté plusieurs prix, tant au collège qu'à la pension, Alfred Nettement se vit arrêté, au seuil de la rhétorique, par M. NicoUe, qui adressait à ses parents la lettre suivante :
<f Alfred annonce un bon rhétoricien pour l'année prochaine. Je voudrais pourtant que notre élève redoubl&t sa seconde, car il lui manque quelque chose pour faire de bonnes, de soUdes et de durables études, c'est de savoir le latin. Je vous assure que s'il avait eu plus de latinité, il aurait réussi dans le Concours général. Il est poète et il a du style en français ; mais cela ne suffit point. En poésie et en prose latine, l'expression propre manque, il y a des solécismes et des fautes de quantité. En version, on n'entend point le latin, les mots dans leur acception particulière... •
L'élève dont le maître disait : « En version, il n'entend point le latin », venait d'obtenir, justement en version latine, le quatrième accessit au Concours général et le premier prix au collège Henri IV et à Sainte-Barbe. On peut voir par là quelle importance les meilleurs esprits, les plus savants instituteurs, attachaient alors à la parfaite connaissance du latin, à ces études classiques qui portent et qui garderont, quoi qu'on fasse, le beau nom A^Humanités, humaniores litterœ.
L'avis de M. NicoUe ayant prévalu, Alfred Nettement dut redoubler sa seconde. Un arrêté du Conseil royal de rinstruction publique • venait justement d'ériger Tinstition de la rue des Postes en maison de plein exercice, sous le nom de Ck>llège de Sainte-Barbe et de l'assimiler aux cinq grands collèges royaux ', particulièrement en ce qui regardait le Concours général. Parmi les professeurs dont 8'enrichit à cette occasion le nouveau collège, se trouvait M. Jules Michelet, qui venait de subir, avec un éclat exceptionnel, les épreuves de l'agrégation pour l'histoire, et qui arrivait à Sainte-Barbe précédé de la réputation que lui avait value dans l'Université son célèbre discours français couronné au Concours général de 1816 et que les rhétoriciens de ce temps-là savaient tous par cœur : Rome, sous les consuls, donnait des couronnes à la vertu ; elle était libre alors. . . — Agé de vingt-trois ans à peine ', il était
1. En date da 28 août 1881. L'Institation de la me des Postes, ainsi devenue en 1821 le collège Sainte-fiarbe, prit, après 1890, le nom de Collège Rollin, Il ne faut donc pas confondre le Sainte-Barbe, fondé par Henri NicoUe, avec le Sainte-Barbe qui porte encore aujourd'hui ee nom et qui fut fondé par Victor de Lanneau. Bien différent de M. NicoUe, Victor de Lanneau avait joué, pendant la Révolution, un rôle particulièrement odieux. Prêtre, il avait brûlé ses lettres de prêtrise et s'était marié. Premier vicaire de Févêque constitutionnel de Saftne-et-Loire. J.-L. Gouttes, U l'avait fait guillotiner. Maire d'Autun, agent national près du district, membre et parfois président de la Société populaire, rédacteur du journal la Sentinelle, U avait été dans son département, tant qu'avait duré la Terreur, son agent le plus actif. Cf. Y Histoire de la persécution religieuse dans l'arrondissement tTAutun, par l'abbé Paul Muguet, et Jean-Louis Gouttes, évêque constitutionnel du département de Saône-et-Loire, par Anatole de Charmasse.
2. Henri lY, Louis-le-Grand, Bourbon, Charlemagne et Saint-Louis.