Grimault. de la droite, représentant de la Sarthe
3. Antony Thouret (1807-1871), de la gauche, représentant du Nord.
ALFRED MBTTBMENT
iDouvement de chevaux et de voitures ; c'étaient le res cellulaires et les omnibus de la poste qu'on a chercher pour le transport des pri8onniers.il y e convois. Le premier partit vers une heure du mati conduit au Moat-Valérien ; le second, vers cinq ht Mazas ; le troisième, vers six heures et demie, cennes.
Alfred Nettement fit partie du second convoi, l lure cellulaire, escortée par des lanciers, le d Mazas, où on lui attribua la cellule □°37. Dès son il pria son gardien, qui lui paraissait et qui é brave homme, de lui procurer quelques livres bibliothèque. Celui-ci revint bieatdt avec des o de philosophie transcendante ; et comme le pri lui demandait, en souriant, la raison de son choix avez la figure d'un philosophe [ » répondit le por Qnand vint l'heure du repas, on lui apporta une remplie de lentilles, avecuQ couvert de bois tout m: par les hôtes habituels de Mazas. Comme Alfre< ment était philosophe, il mangea avec ses doig son lit avec des draps d'un seul lé de toile jaun releva avec la sangle qui le maintenait. Puis il se table, et il commença d'écrire l'Histoire du coup Ce fut seulement le 5 décembre que madame Alf tementfut admise à voir son mari, au parloir de li Elle le trouva bouffi et congestionné. La cellule i cnpait était glaciale ; on ne pouvait fermer le qui aérait te n" 37 et la fosse d'aisances qui ei partie. Le parloir, en revanche, était brûlant. Ce gestion du froid, puis cette chaleur déterminèrent prisonnier une cataracte qui lui lit perdre l'ce:
« Cette glorieuse blessure, reçue au service de la liberté et de la justice, écrira plus tard Victor de Laprade, Alfred Nettement l'avait si bien pardonnée à ses adversaires, qn*iine foule de ses amis ignoraient la cause de sa demi cécit»^ : nous avons été de ce nombre jusqu'à ses derniers jours ».
Le 8 décembre, il fut transféré à Vincennes. I^ vie y était beaucoup plus douce. On avait rouvert pour les prisonniers les appartements du duc de Montpensier ; ils pouvaient se faire apporter leurs repas du dehors et ils dînaient en commun ; ils avaient des bougies et du fea.
Dans la nuit du 13 au 14 décembre, on vint réveiller Alfred Nettement, et on le fit s^habiller, sans vouloir lui apprendre ce qu'on allait faire : puis, on le conduisit dehors, en lui disant: Vous êtes libre. Il était à ce moment deux heures du matin. Trouver une voiture n'était pas chose facile. Il était cinq heures lorsqu'il sonna à sa porte. Ce fut madame Nettement, toujours sur le qui-vive, qui entendit le premier coup de sonnette et qui vint lui ouvrir.
Pendant ce temps, qu'était devenue YOpinion piiblique ?
Le 2 décembre, à la première heure, les scellés avaient été mis sur les presses. Il furent levés seulement le jeudi Il décembre. Le vendredi 12, le journal reparaissait, mais sans qu'il lui fût possible d'insérer autre chose que des notes et des documents officiels sur les événements qui
veDaient de s'accomplir; il lui était interdit de menter. En tSte du numéro se lisait cet avis :
« En l'absence de M. Nettement, l' Administra tiot nion publique fera paraître le Journal dans les cond lui sont imposées par l'état de siège. — Guellb, oo
Jasqu'au 30 décembre inclusivement, VOpinù que se borna à reproduire les actes officiels. premier-Parirf. Pour retrouver le nomd'AlfredN il le fallait aller chercher en troisième page, boue que Variétés, au bas d'Études, déjà aQcieanas, s lieu et Louis XIV, sur Beaumarchais et Mirai
Le 31 décembre, en première page cette fois, UD grand article, où il disait :
( Qu'avoas-nous besoin de le dire à nos amis î Noi ce que noua avons toujours été, fidèles aax. convicti affections de toute notre vie. Nous ajouterons iju'il choses que nous n'avons jamais séparées, que nou lerons jamais dans nos vœux pour la France : ui forte, une liberté sagement réglée, et le sentiment et *-ant de lien entre les deus. C'est tout ce qu'il noui d'écrire relativement à la politique proprement dite circonstances actuelles, et jusqu'à ce que la situatio faite à la presse, sous le présent régime, soit défii réglée. Mais il est un point de vue auquel nous pou placer avec utilité pour nos lecteurs, avec dignité i même, afin d'étudier la situation, c'est le point de vu< c'est la philosophie de l'histoire ».
Il était bien difficile à Alfred Nettement, ou pi était impossible de ne pas faire de politique. I
1. Sur ces Ëtudes, qui avaient paru, delS37 à 1840, dam qut Françaû, voir plus haut, chapitre x, page £W.
vier 1852, il donna des étrennes à ses lecteurs, — des étrennes royalistes. En tête même de son numéro, il inséra une très belle lettre du comte de Ghambord, écrite à la date du 1^ décembre 1851 — la veille du coup d'État — sur les Intérêts catholiques et français en Orient.
Louis Bonaparte se disposait à donner au pays une nouvelle Constitution, à demander au peuple de recoonaître en lui le légitime héritier d'une dynastie nouvelle. Le 6 janvier, VOpinion publicité publiait — et c'était là son premier-Paris — une page de Joseph de Maistre sur les Constitutions faites de main d'homme* et, en même temps, une page — non moins belle — du Père Lacordairc sur la grandeur incomparable de la Maison de France'.
Le numéro du 7 janvier commençait par un article d'Albert de Gircourt sur la situation politique... en AtUriche ! L'article se composait de quelques lignes suivies de deux colonnes de blanc. Un peu plus loia venaient les Tablettes du mois. Ici encore, sous la date du 2 décembre, plusieurs lignes de blanc.
Le jour même, VOpinion publique était supprimée.
1. Cette belle page était extraite de VEMsai sur les principes générateurs des Constitutions politiques et des autres institutions kummnés,