‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 111 sur 151 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

La Revue contemporaine. — Histoire de la littérature française sous la Restauration et sous le Oouvemement de Juillet.

Uk HOicMK d'autrefois. FONDATION DE LA Revue Contemporaine' — Lis Grands règnes de 'Histoire de France. Études sur le Consulat et VEmpire. Lettre d'Augustin Thierry. — Alfred Nettb- XBNT ROMANdSR. Bcux MésalHances. — Il quitte la Revue contemporaine. — AvENTURKS DE VHistoire du coup d'État. M. Biuo. - Variétés littéraires de l' Union. — Histoire de la littérature française sous la Restauration. Lettres de Guizot et de Montàlembsrt. — Histoire de la littérature française sous le Gouvernement de Juillet. Lettre de Montalembert.

J'ai dit, au précédent chapitre, que l'Opinion publique avait eu la bonne fortune de compter au nombre de ses I rédacteurs le marquis de Belleval, lequel était un rare et précieux original. On le vit bien au lendemain du coup d'État. La première pensée de ce galant homme fut pour les écrivains dont il avait été^ pendant un an, le collaborateup bénévole. Il se dit que bien des plumes allaient rester oisives, qui, la veille encore, faisaient tant bien que mal vivre leur maître. En même temps, l'union entre les

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deux grandes fractions du parti monarchique lui appa* raissait comme plus nécessaire que jamais. En attendant que la fusion devint un fait accompli, ne convenait-il pas de travailler à un rapprochement entre les orléanistes centre-droit et les légitimistes purs? Et le meilleur moyen d'y arriver, ne serait-il pas de créer une publication périodique, hospitalière, indépendante, qui suppléerait aox journaux silencieux ou disparus, et qui recueillerait ks naufragés du 24 février et les épaves du 2 décembre ?

Gréer une revue n'est pas une petite affaire. Réunir des actionnaires en nombre suffisant n'est pas chose conh mode. Il y faut beaucoup de temps, et M. de BeUeval estimait qu'il n'avait pas de temps à perdre. Donc, point d'actionnaires, il s'en passera ; il puisera dans sa bourse, sans inviter ses amis politiques à y déposer leur obole. Il tentera la fortune sans engager d'autre responsabilité que la sienne.

Les fonds ainsi faits, le titre trouvé : Reflue conlemporaine^ restait la question des rédacteurs. Nature exquise et élevée, aussi distinguée que modeste, type de gentilhomme et de lettré, le marquis de BeUeval était l'homme le plus aimable qui se pût voir, le plus poli, te plus sympathique, le plus généreux. Il eut vite faitdt grouper autour de lui des écrivains de talent, dont pln«s sieurs étaient célèbres, dont quelques-uns étaient illoar très. Voici la liste de ceux qui» dès le premier moment, M promirent leur concours : Guizot, Vitet, Salvandy, Be^ ryer, Prosper Mérimée, Viennet, duc de Noailles, Villemain, de TAcadémie française ; -— Adolphe Adam, m Saulcy, Raoul-Rochette, baron Taylor, de l'Institut; H Alfred Nettement, Paul Féval, Xavier Marmier, LéoÉ

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Gozian, Paulin Paris, Desmousseaux de Givré, Jean Reboul, Gustave de la Landelle, comte Beugnot, marquis de Pastoret, H. RoUe, Emile Augier, Méry, Hippolyte CasttUe, comte de Marcellus, Francis Wey, Edmond Texier, Charles Louandre, Eugène Guinot, Philarète Ghasles, le Père Ventura. Les anciens collaborateurs de M. de Bellevai à VOpinion publique n'avaient pas, on le pense bien, été oubliés. Figuraient donc aussi, parmi les rédacteurs de la nouvelle Revue, à côté d'Alfred Nettement, Armand de Pontmartin, Albert de Circourt, Alphonse d» Galonné, le D^ André Boucard, Léon Kreutzer et 'Henry de Pêne.

Le premier numéro de la Retme contemporaine parut le 15 avril 1852. C'est Alfred Nettement qui avait été chargé [ d'en écrire V Introduction.

Tant que la Revue resta la propriété du marquis de 'Belleval, Nettement y collabora de façon très active. Il y t^oblia, toutd*abord, les premiers chapitres d'un important ;.travail sur les Grands règnes de l'histoire de France . Deux articles sont consacrés au règne de Philippe-Auguste*, '^atre articles au règne de saint Louis'. Devaient venir ensuite les règnes de Charles VII, de Louis XI, de Henri IV,

1. Revue contemporaine, 15 mai et 15 juin 1852. â. Revue contemporaine, 15 juillet, !•' octobre et 15 décembre 1852, 1« février 1853.

de Richelieu et de Louis XIV. L'œuvre malheureusement est restée inachevée.

Sur le règne de Louis XIV, Alfred Nettement voulait faire plus qu'une simple Étude. Depuis longtemps déjà, il avait formé le projet d'écrire l'Histoire du grand roi et de ses soixante-douze ans de règne. S'il n'a pu, ici encore, remplir tout son dessein, plusieurs chapitres de cette Histoire de Louis XIV oui été cependant menés à bien. Ils ont paru, à des dates diverses, dans l'Opinion publique et dans V Union*.

De même que les Études sur les Grands régnez de f Histoire de France, les autres articles publiés par Alfred Nettement, de 1852 à 1855, dans la Revtùe contemporaine, auraient mérité d'être réunis en volumes.

Pour la première fois, il avait des loisirs. Ses articles en bénéficiaient. Il pouvait leur donner plus de temps et de soins, se préoccuper davantage de la question d'art, de la forme et du style. Quelque chose de plus, les écrivains dont il jugeait les livres s'appelaient Guizot, Augustin Thierry, Villemain, Cousin, Thiera*, tous pour le moins

1. A la fin de 1849 et dans les premiers mois de 1850, YOpinitm publique avait publié neuf longs extraits de cette Histoire inédite ée Louit XIV: Mort de Masarin (25 novembre 1849) ; — Etudes sur la Fronde (27 et 28 février, 3 mars 1850) ; — Début du règne di Louis XIV, Chute de Fouquet (15 et 24 avril) ; — Réformes da finances, Colbert (9 mai) ; — Affaires intérieures (10 et 16 juin). - En 1855 et 1856, V Union publia, de son côté, les chapitres suiva&ts: Mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse {IbKoûXl^; — Politique intérieure de Louis XIV à l'époque de la paix de Nimègue (2 mars 1856) ; - Grandeur personnelle de Louis J/r (6 mai) ; — Louis XIV dam la seconde phase de la guerre de Hollande (16 octobre).

2. Voici la liste des articles publiés par Alfred Nettement dans la

consuls dans la république des lettres. Il mit quelque coquetterie à faire que ses pages nouvelles fussent dignes de ceux à qui elles étaient consacrées : sint consule dignœ.

Familiarisé dès longtemps avec les historiens anglais, qu'il lisait couramment dans l'original, il s'était senti de bonne heure attiré vers cette période de l'histoire d'Angleterre qui avait vu la chute de Charles P% la République et le Protectorat de Gromwell et la restauration des Stuarls. En 1842, il avait donné, à la Gazette de France, une suite de dix articles sur les Dernières années de l'usurpateur Cromwell^. Ce fut donc avec une pleine connaissance du sujet, qu'il aborda les deux volumes de M. Guizot sur Olivier Cromwell, et il en parla* avec une

Bemie contemporaine sur MM. Guizot, Augustin Thierry, YiUemain, Gonsiu et Thiers : M. Guizot, Histoire de la République d'Angleterre et de Cromwell (\*^ et 15 mars 1854) ; — Augustin Thierry. Lettres sur l'Histoire de France. Histoire de la Conquête de V Angleterre par les Normands (1" septembre 1853) ; — Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du tiers-état {!•' octobre 1858) ; — Récits mérovingiens et Considérations sur l'Histoire de France (15 octobre 1853). — Villemain. Souvenirs contemporains d'histoire et de littérature : les Cent- Jours (15 mars 1856). — Victor Cousin, W* de Longueville et J»f- de Sablé (!•' février 1855). — M. Thiers étudié comme historien. Histoire du Consulat et de l'Empire (15 août, l»* septembre, 15 octobre 1854). — A ces articles, U convient d'ajouter les suivants, d'une importance presque égale : La politique de la France en i822 et 1823, par M. de Marcellus (31 décembre 1852). — Histoire de la Restauration, par M. de Lamartine (31 août 1852 et 15 juin IfôS). — Histoire d'Angleterre depuis l'avènement de Jacques II, par Macaulay (15.jiiillet 1853). — Esèai d'une Philosophie de l'histoire, par M. Barchou de Penhoën {!•' janvier 1854). — Deux Ecoles en présence (15 mai 1855).

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