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Les Misérables, IV» partie, livre I, chapitre i

ble renaissance politique et littéraire. Au lendemain de ses défaites, elle triomphait sur un nouveau champ de bataille. La poésie, hier encore décrépite, l'histoire décolorée, l'éloquence proscrite semblaient avoir retrouvé toutes à la fois, à l'ombre du vieux trône, leur force, leur éclat, leur jeunesse. Selon le mot de Lamartine, ce renouveau de paix, de liberté, de poésie, ce réveil des âmes, cett« mêlée des esprits fut a le plus beau comme le plus hardi mouvement intellectuel qu'aucun de nos siècles eût encore vu* ».

Il parut à Nettement que, pour faire revivre ce glorieux moment de notre histoire littéraire, il ne suflBsait pas de dénombrer les écrivains, de caractériser leur talent et d'analyser leurs œuvres, mais qu'il fallait, en même temps, les replacer dans le milieu où ils avaient vécu. L'histoire de la littérature d'une époque ne saurait, sans de graves inconvénients, être séparée de Thistoire même du mouvement général des idées. La littérature, en effet, est Texpression de deux actions combinées, celle des écrivains sur la société, celle de la société sur les écrivains. Les œuvres littéraires doivent donc être étudiées à un double point de vue : le point de vue individuel, c'est-à-dire le génie propre des écrivains, leurs qualités natives et l'influence qu'ils ont exercée sur leur temps ; — le point de vue général, c'est-à-dire l'impulsion qu'ils ont reçue des idées dominantes, et l'effet qu'a exercé sur leur talent, et par suite sur leurs œuvres, l'atmosphère dans laquelle ils ont été plongés, puisque aussi bien il y a une respiration intellectuelle pour les esprits, comme il y a une respiration physique pour les corps.

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