‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 129 sur 151 · Voir ci-dessus, chapitre xn, page · texte numérisé non relu

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2. Notice sur Madame la duchesse de Parme ; in-8», Jacques Lecoffre, éditeur, 1864.

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lui écrivait : « Je vous remercie, Monsieur. Je viens de lire votre Notice sur M"« la Duchesse de Parme avec une véritable émotion. Vous avez parlé tendrement et dignement de cette triste destinée d*une belle âme. Triste pour ce monde, qui heureusement n'est pas le dernier mot des destinées humaines. »

La mère de la duchesse de Parme, M"* la duchesse de Berry, lui écrivit de son côté :

<( Ch&teau de Brunsée, 27 avril 18G4.

« Mon cher M. Nettement,

<( Vos sentiments m'étaient trop bien connus pour ne pas être assurée d'avance de la vive part que vous prendriez à ma profonde douleur. Je vous remercie des témoignages de Tadmiration montrée dans votre histoire et des regrets donnés à la mémoire de ma bien-aimée fille. Malheureusement cette cruelle épreuve n'était pas pour moi la dernière, puisque le ciel vient de m'enlever le duc délia Grazia*, que vous connai^rsiez. Priez pour moi qui suis bien accablée.

c< Je viens de parcourir votre ouvrage ; je ne puis assez vous remercier de me l'avoir envoyé ; cela a été une grande consolation pour moi.

M (U'oyez bien k mon estime et à mon affection.

« Marib-Carolike;.

« Je vous prie de parler de moi à M. Lecoffre. »

Sous la monarchie de Juillet, quand Eugène Sue, Frèdéric Soulié, George Sand, et le moins coupable de tous,

1. Hector Lucchesi-PalU, duc deUa Grazia, second mari de la dachesse de Berry. était mort ù Venise le !•' avril 1864.

Meiandre Dumas, avaient multiplié les feuilletons et les romans où ils dirigeaient de vives attaques, Içs trois premiers surtout, contre la morale et les principes sociaux, Alfred Nettement avait protesté, presque seul dans la presse. Dans ses Études critiques sur le feuilletonroman^ il avait averti la société du grave péril que lui faisaient courir son aveuglement, ses lâches et folles complaisances pour ces dangereuses actions.

Quand Lamartine, en 1847, avait publié cet autre feuilleton-roman sur la Révolution française, qu'il avait intitulé : Histoire des Girondins^ Alfred Nettement avait fait paraître les Études critiquas sur les Girondins. Le livre du poète diminuait la sympathie pour la vertu, rhorreur pour le crime ; par de scandaleuses réhabilitations il altérait les jugements de l'histoire et troublait la conscience de la postérité. Il y avait là un nouveau péril, plus grand encore que le premier. Alfred Nettement le signalait ; il annonçait que les digues sociales avaient une brèche, el que la mer allait passer. Une année ne s'écoula point sans que ce cri d'alarme fût justifié par la révolution de février 1848.

Au mois d'avril 1862, Victor Hugo commença de publier son roman des Misérables. Les deux derniers volumes parurent le 30 juin suivant.

Cette fois encore, le vigilant critique est à son poste. Il ne consacre pas moins de huit articles à l'œuvre nouvelle. Ces articles parurent dans l'Union, du 2 juillet au 2 décembre 1862*. M. Guizot en fut très frappé. « Vous

1. 2, 8 et 15 juillet ; 16 et 25 septembre ; 6 et 17 novembre ; 2 décembre.

avez fait dans V Union^ écrivait-il à Nettement, sar les Misérables et leur auteur, une série d'excellents articles, aussi spirituels que sensés et justes sans amertume. Je les ai lus avec un vif plaisir ^ »

Ce fut seulement en 1864 qu'Alfred Nettement réunit en volume ses articles sur les Misérables. Il y avait joint d'autres études, de façon à présenter le tableau du roman en France pendant la période écoulée de 1848 à 1864. Refondus, complétés et mis au point, ses articles formaient vraiment un livre, auquel il donna pour titre le Roman contemporain^ t et qui parut au mois de mai 1864.

L'auteur, nous le savons, affectionnait la division en Livres ; ils sont, dans ce nouveau volume, au nombre de sept et portent les titres suivants :

Livre !• Éclipse momentanée du roman après la révolution de Février, — IL Renaissance du roman.

— III. Le sensualisme et le réalisme dans le roman.

— IV. Réaction contre le roman réaliste. Octave Feuillet. — V. La propagande dans le rmnan. Victor Hugo : les Misérables. — VI. M. Michelet : la Sorcière. — VIL L'idée catholique dans le roman. — Conclusion. Influence du roman contemporain.

Si l'Étude sur les Misérables est le morceau capital du volume d'Alfred Nettement, bien d'autres pages de son livre ont conservé leur intérêt, particulièrement celles qu'il consacre à Gustave Flaubert, à Octave Feuillet et à Paul Féval.

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